L'HISTOIRE DE LA MARINE (1)(des origines à 1700) de 1 à 60.

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Message par Ben le Ven 23 Jan 2009 - 20:18

XVIe siècle. Caravelle

LE nom de caravelle, primitivement donné à de très petits navires, devint au XVe et au XVIe siècles celui de bâtiments plus importants, ne dépassant toutefois pas 200 tonneaux. À côté des lourdes nefs et des puissantes caraques, c'était un bateau léger et gracieux. Les caravelles avaient (en moyenne) 25 mètres de long et 7 m. 50 de large. Leur coque était peinte en couleurs très voyantes : blanc, bleu, jaune ou rouge vif. Une artillerie légère était installée sur les pavois. originaire de la Méditerranée, ce navire portait trois ou quatre mâts gréés de voiles latines. Très souvent le mât de misaine était gréé de voiles carrées qui facilitaient la marche vent arrière. Les deux grandes voiles latines, orientées en oreilles de lièvre, favorisaient cette allure et aidaient les caravelles à réaliser de bonnes vitesses. En outre, ces bateaux naviguaient facilement " au plus près ", puisqu'ils remontaient à 6 quarts du lit du vent. Quand un navire à voile s'aventure dans une passe ou un estuaire, il doit être assuré de pouvoir rebrousser chemin quelle que soit la direction du vent : d'où la nécessité de naviguer au plus près. Ses qualités faisaient de la caravelle le navire d'exploration par excellence. Deux des trois bateaux de Christophe Colomb étaient des caravelles. Les Portugais utilisèrent des bâtiments de ce type pour leurs expéditions le long de la côte africaine, qui furent le prélude des grandes découvertes. Celles-ci eurent avant tout des raisons économiques, la principale étant la recherche de ces fameuses épices – poivre, muscade, girofle, cannelle – dont nous avons peine aujourd'hui à comprendre l'importance que nos ancêtres leur donnaient. Ces expéditions lointaines, à quelques exceptions près, n'avaient pas de but scientifique; elles servirent malgré tout la science, notamment par les progrès qu'elles firent faire à l'art de la navigation. Ainsi, les petites caravelles ont rempli un rôle réellement civilisateur.

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Re: L'HISTOIRE DE LA MARINE (1)(des origines à 1700) de 1 à 60.

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:19

Début du XVIe siècle. La " Mary Fortune " (Angleterre)

LA marine anglaise eut des débuts très modestes, avant de devenir la première du monde, tant par la puissance et l'importance de sa flotte que par la valeur de ses marins. Alors que l'Espagne, le Portugal et les nations méditerranéennes découvraient, conquéraient, se partageaient le monde, il manquait à l'Angleterre une autorité unique et centralisatrice pour faire construire et pour organiser une véritable flotte. En mettant fin à la guerre des Deux Roses, Henry VII réalisa l'unité anglaise, restaura le pouvoir royal et rétablit la paix intérieure, condition essentielle de la prospérité d'un pays. Jusqu'à ce moment, la construction navale anglaise s'était bornée à copier les types de bateaux créés par les autres nations, Mais petit à petit, ses excellents ouvriers modifièrent et améliorèrent leurs ouvrages en donnant à ceux-ci la qualité qui est la marque de la production anglaise. En 1500, un vieux pilote avait montré au roi Henry VII, sur une mappemonde qui existe encore, la place que l'Espagne et le Portugal avaient prise dans, l'univers. Le Souverain résolut alors que son pays ne laisserait plus toutes les richesses aux autres et il ordonna de mettre à l'étude le plan de construction d'une flotte. Celui qui est considéré comme le créateur de la marine anglaise fit d'abord construire quatre bâtiments : le " Regent ", le " Sweepstake ", le " Sovereign of the Seas " et la Mary Fortune, que montre notre illustration. C'étaient des navires du type caraque qui ne dépassaient pas 400 à 500 tonneaux. L'un d'eux, le " Regent ", est resté célèbre par le combat qu'il soutint, le 10 août 1512, contre le vaisseau français " La Cordelière " commandé par Hervé de Portzmoguer. Celui-ci avait lancé ses grappins d'abordage sur le navire anglais; mais, sur le point de succomber, il préféra se faire sauter, entraînant avec lui, le " Regent " dans l'abîme. Et les flots se refermèrent sur les deux bâtiments ennemis...

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Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:22

1514. Le " Henri Grâce à Dieu " (Angleterre)

CE célèbre navire serait celui qui transporta au Camp du Drap d'or le roi Henri VIII d'Angleterre, en vue de sa rencontre avec le roi de France François Ier. Mais si le Henri Grâce à Dieu eut une telle renommée, c'est surtout parce qu'il marqua une révolution dans l'histoire de la construction navale. Il ne fut pas lui-même un bon vaisseau, mais de l'audacieuse expérience faite par ses constructeurs allaient naître, plus tard, des bateaux réellement perfectionnés. Construit en l'espace d'un an (en 1514), il navigua fort peu et brûla en 1552. Du type caraque, il devait avoir au moins 60 mètres de long et jauger de 1.000 à 1.500 tonneaux. Cette impressionnante masse de chêne fut le premier bâtiment à avoir deux batteries complètes superposées. Avec ses 21 gros canons et ses 231 petits, le Henri Grâce à Dieu devait ressembler à un porc-épic géant... Ses châteaux, exagérément élevés, comportaient trois étages. Il avait à l'avant, très haut au-dessus de l'eau, une sorte d'éperon portant, pour la première fois, une figure de proue. Tandis que les pavois du pont et des châteaux étaient décorés de blasons aux couleurs éclatantes, le bas de la coque était noir. Les pavillons et banderoles, dont certaines atteignaient 40 mètres, se déroulaient à profusion, Le gréement n'était pas moins extravagant que la coque. Sur quatre grands mâts se dressait un invraisemblable échafaudage de voiles, dont l'aspect général est peu marin et dont certaines même semblent impossibles à man'uvrer. Heureusement pour lui, le Henri Grâce à Dieu n'eut jamais à affronter les grandes brises océaniques ! Si les caractéristiques de ce singulier navire ne sont pas très connues, nous savons, par contre, quel fut, a un penny près, son prix de revient : 8.708 livres 5 shillings 3 pences. À ce détail financier, nous aurions préféré un bon plan du bateau. Tel quel, celui-ci comportait certaines innovations hardies et l'on comprend que, devant elles, tous les marins de ce temps aient éprouvé des sentiments mêlés où dominait la surprise...

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Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:25

1533. " La Grande Françoise " (France)

LA renommée du Henri Grâce à Dieu avait rendu François Ier jaloux. Aussi ordonna-t-il la construction d'un navire qui surpasserait en grandeur et en splendeur son rival anglais. Le roi de France ne demandait rien moins à ses ingénieurs que de doubler les dimensions du Henri Grâce à Dieu ! Pareil projet étant irréalisable avec les moyens techniques de l'époque, les ingénieurs tournèrent la difficulté en se contentant de doubler le tonnage (ce qui n'était déjà pas si mal ... ) mais en n'augmentant la longueur que d'un tiers environ. Jamais on n'avait vu de bateau aussi énorme que cette Grande Françoise qui fut construite au Havre en 1533, C'était une caraque qui pouvait embarquer 1.500 à 2.000 hommes. Très luxueuse, largement pourvue de sculptures et de décorations fastueuses, elle était dotée d'un confort inusité. Sur le pont, entre les châteaux, avait été installé un jeu de paume. Le navire avait une chapelle entièrement dorée pour les besoins du culte, et un moulin à vent pour moudre le blé dont la farine servait à cuire le pain frais quotidien. Une forge permettait de faire à bord les réparations mécaniques. Le grand mât, qui atteignait près de 70 mètres, avait (a-t-on dit) 2 m. 50 de diamètre à la base : mais ceci paraît incroyable, car le poids d'une telle masse, ajouté à celui des autres mâts, des hunes, des voiles et du gréement, devait gravement menacer l'équilibre du vaisseau. Au reste, on ne sait pas comment La Grande Françoise se serait comportée à la mer, car les constructeurs avaient tout prévu, sauf que ce monstre serait trop gros pour sortir du port ! Bien qu'ils eussent attendu la grande marée d'équinoxe du 23 septembre 1533, ils ne purent faire franchir au bateau la passe où il s'était échoué. La caraque fut ramenée en arrière. Le 14 novembre suivant, une tempête la renversa sur le côté. Elle resta longtemps chavirée avant d'être démolie. Et avec le bois récupéré on construisit, dans un quartier du Havre, un grand nombre de maisons.

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Re: L'HISTOIRE DE LA MARINE (1)(des origines à 1700) de 1 à 60.

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:29

Début du XVIe siècle. Galée

LE nom de galée est celui qui servit, jusqu'au XVIe siècle, à désigner la galère, et le " clos des galées " était le port ou l'arsenal réservé à ces navires. Peu en usage dans le Nord, la galée (ou galère) continuait en Méditerranée la tradition de la trière grecque. Principal vaisseau dans les combats navals, elle servait parfois aussi, dans cette mer tranquille, de navire de commerce pour le transport rapide de marchandises précieuses. Naviguant à la voile et à l'aviron, elle n'était pas – comme le bateau rond marchant uniquement à la voile – tributaire de la force ou de la direction du vent. Ses dimensions étaient conditionnées par la puissance du moteur humain : 40 mètres de long, 5 m. 30 de large et 2 m. 50 de creux. L'éperon, qui n'était plus au niveau de l'eau comme sur les galères antiques, était moins puissant et son emploi presque aussi néfaste à l'abordé qu'à l'abordeur, celui-ci risquant de graves avaries sous le choc. Comme sur les navires à voile, le gouvernail axial a remplacé les deux avirons latéraux. Les rameurs étaient installés, sur un rang, dans un emplacement appelé " talar ". Le carrosse (château arrière) et l'espale (grande plate-forme devant le carrosse) étaient le fief de l'état-major du navire. À part quelques détails de construction et de décoration, cette partie du bâtiment a pris à peu près sa forme définitive. À l'avant se trouvaient cinq pièces d'artillerie, dont une énorme. Le pointage des pièces se faisait, d'une manière peu pratique, en orientant la galère tout entière dans la direction du but. La lenteur du chargement des pièces empêchait de tirer plus d'une bordée avant l'abordage, car l'abordage restait le moyen classique de combat, inchangé depuis la trière grecque... La galère du Moyen âge avait un ou deux mâts. L'extrémité carrée du mât était percée et garnie de réas (c.-à-d. de rouets) par où passaient les manoeuvres servant à hisser les lourdes antennes sur lesquelles étaient enverguées les immenses voiles latines.

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Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:32

XVIe siècle. Caraque

CE genre de navire, originaire de Venise, s'est multiplié du Levant au Ponant à mesure que S'intensifiaient les rapports entre pays : au point qu'il devenait extrêmement difficile, sinon impossible de distinguer entre elles les caraques, tant leurs traits communs étaient nombreux. Elles existaient déjà au XVe siècle et, à la fin de celui-ci, " La Charente " fut un des plus beaux vaisseaux de son temps. Au XVIe siècle, le terme de caraque désignait uniformément tous les grands navires de haut bord, qu'ils fussent de guerre ou de commerce. Longue en moyenne de 50 mètres et large de 15 mètres, elle était imposante avec sa coque lourde, massive et haute sur l'eau, et ses deux énormes châteaux qui la faisaient ressembler à une puissante forteresse. Son fort tonnage et ses proportions la rendaient très mauvaise marcheuse et détestable man'uvrière. Incapable de louvoyer, son allure ne dépassait pas le vent de travers. La coque portait encore des renforts extérieurs mais ceux-ci ne tardèrent pas à disparaître. Les constructeurs des caraques du XVIe siècle avaient abandonné les formes rondes précédemment en honneur : les bordages se raccordaient à l'arrière sur une surface plate appelée tableau. Les flancs avaient une rentrée accrue, qui donnait à la coque plus de stabilité et permettait une installation plus rationnelle de l'artillerie. La puissance de cette dernière et son poids (de 3.000 à 5.000 livres par pièce) allaient toujours en augmentant. Cette artillerie tirait par des sabords, ouvertures pratiquées dans le flanc du navire (parfois trop près de la flottaison, comme sur la " Mary Rose " où, en 1545, une rentrée d'eau se produisit qui provoqua la perte du vaisseau). Les sabords étaient une nouveauté qu'avait rendue possible la solidité accrue de la construction navale. Les châteaux et les hunes étaient armés de pièces légères telles que couleuvrines et fauconneaux qui harcelaient le pont de l'adversaire et continuaient à tirer, à bout portant, lorsque l'ennemi avait réussi à prendre pied à bord.

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