L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Ven 23 Jan 2009 - 19:55

1871. Train routier Thomson-Burrell (Grande-Bretagne)

L'ANGLAIS Robert W. THOMSON fut le premier " accessoiriste " de l'automobile, le premier qui ait songé à améliorer les voitures des autres. Dès 1845, THOMSON avait eu son attention attirée par l'inconfort que procuraient les roues ferrées. Il cherchait une solution, et un jour l'étincelle jaillit : enfermer de l'air dans un bandage de caoutchouc hermétique afin d'absorber la presque totalité des chocs... Le pneumatique était né ! Aussitôt, THOMSON construisit une voiture (un coach à chevaux) afin d'éprouver sa découverte. Les résultats furent très satisfaisants, mais par suite de défauts de construction, et vu la faible vitesse des voitures à chevaux, l'invention fut délaissée. Pourtant THOMSON avait réalisé son pneumatique suivant le principe toujours en vigueur. Il avait même réalisé une pompe de gonflement (qu'il avait baptisée condensateur) assez identique à une pompe de bicyclette actuelle. Heureusement, THOMSON n'était pas homme à se décourager : il était sûr d'avoir raison et savait que seule la précarité des moyens techniques disponibles l'empêchait de construire des pneumatiques parfaits. Aussi, en 1867, se tourna-t-il vers une solution intermédiaire, créant ce que l'on a appelé le bandage plein (pneumatique en caoutchouc plein) destiné aux locomotives routières. Pour expérimenter ce système, THOMSON réalisa en 1871 un train routier de grandes dimensions qui fut reproduit en plusieurs exemplaires. Puissantes et robustes, ces machines furent envoyées en Turquie, en Grèce et surtout aux Indes, où elles fonctionnèrent parfaitement, assurant des services réguliers dans ces pays où le chemin de fer ne fut créé qu'après des dizaines d'années. Quant aux bandages pleins, ils furent désormais adoptés et l'apparition des pneumatiques Dunlop et Michelin ne les condamna pas pour les poids lourds, bien au contraire !... Détériorant les routes, il fallut des arrêtés de police pour les interdire dans certains pays ; et cela, bien après 1930 !...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Ven 23 Jan 2009 - 19:59

1873. " L'Obéissante " d'Amédée Bollée père (France)

LA guerre franco-allemande de 1870 avait arrêté net la renaissance de la locomotion routière en France. Mais, la paix revenue, un homme s'attela avec ferveur au problème. C'était un industriel du Mans, qui exerçait en grand artiste la profession mal connue et difficile de fondeur de cloches : Amédée BOLLÉE (dit Amédée BOLLÉE " père ", car ses deux fils Amédée et Léon s'illustrèrent d'aussi brillante façon par la suite). Donc la guerre à peine terminée, en 1871, enthousiasmé par la locomotion routière, Amédée BOLLÉE père avait installé un petit atelier en marge de son usine. Ce fut de là que sortit, en 1873, sa Première voiture qu'il baptisa L'Obéissante, un peu (paraît-il) pour calmer les appréhensions de la police à la vue d'un engin aussi extraordinaire... Bientôt les essais eurent lieu et ils furent à ce point concluants que le ministre des Travaux publics de l'époque, Caillaux, donna à Amédée Bollée père l'autorisation de se servir de sa voiture dans cinq départements désignés et " à la condition que le conducteur préviendrait trois jours à l'avance l'ingénieur du département de l'itinéraire qui serait suivi ". Ce fut là le premier " permis de circulation " accordé à une automobile. Ce fut aussi la source des premières contraventions puisque, le 9 octobre 1875, L'Obéissante qu'Amédée BOLLÉE conduisait du Mans à Paris ne récolta pas moins de 75 procès-verbaux en dépit de l'autorisation officielle. Mue par deux moteurs à vapeur bicylindres en V, fournissant 20 C.V. et commandant chacun une roue, l'Obéissante comportait un changement de vitesse à deux combinaisons ; elle pesait 4 tonnes et atteignait la vitesse de 42 km/h. Grosse innovation : les roues avant étaient indépendantes (il fallut 50 ans pour les voir réapparaître) et viraient perpendiculairement aux rayons de braquage. Ces caractéristiques faisaient de L'Obéissante la première " automobile " méritant réellement ce titre. L'ère des diligences et routières à vapeur, monstres maladroits et lents, était close ; celle de l'automobile moderne venait de commencer.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 8:55

1875. Voiture à benzine de Siegfried Marcus (Autriche)

SI Amédée Bollée père avait ouvert la voie à " l'automobile " en transformant la structure des châssis et carrosseries, il s'était par contre contenté du vieux moteur à vapeur et n'avait point cherché à le remplacer par un autre, du genre de celui de Lenoir. Cependant le problème du moteur hantait certains chercheurs, entre autres l'Autrichien Siegfried MARCUS. Né à Mecklembourg en 1831, Siegfried MARCUS s'était adonné à la médecine puis à la chimie, ce qui l'amena à entreprendre des travaux sur la composition des carburants.. Vers 186o, pendant que Lenoir effectuait ses recherches en France, MARCUS parvenait — le premier au monde — à distiller du pétrole brut pour obtenir un produit raffiné qui, mélangé à l'air, donnait un excellent produit détonant. Dès lors, MARCUS n'eut plus qu'une idée en tête : expérimenter sa découverte et s'en servir. À cette fin, il construisit, en 1864, une première voiture qui était capable de rouler à 5 km/h. Mais la découverte était imparfaite, MARCUS approfondit à nouveau le problème et enfin, en 1875, le premier moteur à benzine était construit. Aussitôt il réalisait une nouvelle voiture, l'équipait de son moteur et, plus tard, parvenait à réaliser un allumage par magnéto à basse tension : procédé tout à fait curieux qui n'en fut pas moins à l'honneur sur quantité de voitures pendant plus de vingt ans. Dans un formidable nuage de fumée et un bruit infernal, la voiture accomplit sans encombre le trajet de Vienne à KlosterNeuburg. Cette pétarade valut à MARCUS des remontrances de la police autrichienne, tout de même un peu plus indulgente en la circonstance que celles de France et d'Angleterre. MARCUS eut la satisfaction, avant sa mort survenue en 1898, d'entrevoir l'extension fantastique qu'avait prise son invention.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:00

1878. Victoria à vapeur " La Mancelle " d'Amédée Bollée père (France)

LE succès de L'Obéissante incita Amédée BOLLÉE père à poursuivre ses travaux et là perfectionner son prototype, qu'il orienta vers la voiture du type " privée ". Ainsi fut réalisé le second véhicule d'Amédée BOLLÉE père : La Mancelle (nom donné en honneur de la ville du Mans, où Bollée avait son usine). Grande originalité, La Mancelle comportait une chaudière verticale arrière qui actionnait des pistons-moteurs placés à l'extrême avant de la voiture. Un arbre de transmission courait sous la voiture et attaquait le différentiel par des engrenages coniques imprimant le mouvement à des demi-arbres reliés aux roues par chaînes. Naturellement, les roues avant étaient indépendantes mais Amédée BOLLÉE avait encore perfectionné le système, et à part l'absence d'amortisseurs, l'épure de ce train avant n'avait rien à envier, au point de vue technique, à celui d'une voiture moderne. Autre originalité : l'eau nécessaire à la chaudière se trouvait enfermée sous les sièges avant. Vers 1880, le succès de ce type de voiture fut tel qu'Amédée BOLLÉE père occupait une cinquantaine d'ouvriers qui sortaient des Mancelles carrossées soit en " calèche ", soit en " chaise de poste ". Innovation encore, mais celle-là du domaine commercial, Amédée BOLLÉE, avec une prescience remarquable, avait laissé le soin de la vente de ses véhicules à un concessionnaire général. Quelque temps plus tard, BOLLÉE vendit différents brevets, entre autres celui de la Mancelle, à un riche banquier de Berlin, Barthold Aerous, qui fit, construire des véhicules similaires par les usines allemandes Woelhert, de 1880 à 1885. Enthousiasmé et encouragé par ses premiers succès, Aerous organisa des services réguliers en Allemagne, en Autriche et même en Suède et en Russie. Réellement audacieuse, cette tentative, trop en avance sur son temps, échoua, ruinant le banquier berlinois. La Mancelle originale est conservée au Musée de la Voiture à Compiègne.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:03

1879. Locomotive routière " La Marie-Anne " d'Amédée Bollée père (France)

LES exploits de L'Obéissante, puis de La Mancelle, avaient procuré des séries de commandes aux usines Bollée. Mais si les voitures particulières commençaient à se répandre, le pays avait davantage besoin de locomotives routières et Amédée BOLLÉE père reçut commande d'un train routier de grosse taille. Ce " monstre " fut terminé en 1879 il aurait certes mérité ce nom vu sa taille imposante et surtout son poids, qui l'apparentaient plus aux locomotives sur rail qu'à un véhicule routier. Cependant, Amédée BOLLÉE, qui choisissait toujours les noms de ses véhicules avec un certain humour, la prénomma La Marie-Anne ! Développant une puissance de 100 C. V., la Marie-Anne disposait d'un variateur de vitesses à 3 combinaisons et était capable de remorquer un train de 35 tonnes sur une rampe de 6 % ce qui était vraiment remarquable pour un engin de cette taille, à cette époque... Les essais devant se dérouler à Ax-sur-Ariège, le " monstre " effectua le trajet du Mans en Ariège, avec naturellement de nombreuses haltes qui ne manquaient jamais d'attirer les foules curieuses et même parfois quelque peu inquiètes ; les paysans quittant leurs champs et escortant le mastodonte, courant chercher l'eau nécessaire, aidant les mécaniciens, etc... et cela, jusqu'à la relève suivante d'admirateurs ruraux ou citadins. La Marie-Anne était conçue suivant les mêmes principes que la Mancelle : elle comportait une chaudière verticale arrière qui actionnait les pistons—moteurs placés à l'avant. Une série d'arbres de transmission engrenaient des demi-arbres transversaux qui commandaient les roues au moyen de chaînes ; idem pour le tender qui portait des réserves d'eau et de charbon. Le lourd véhicule était équipé d'un toit et de places convenables pour les passagers, avec poste de pilotage dégagé et lampe-phare à l'avant... Par contre l'engin faisait un tel tintamarre qu'un tube acoustique était nécessaire pour que pilote et chauffeur puissent se parler à distance... Quant aux mécaniciens, leur position debout, à l'arrière, était plutôt inconfortable...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:07

1880. Omnibus léger " La Nouvelle " d'Amédée Bollée père (France)

L'HISTOIRE de cet omnibus fut très curieuse car elle s'étala sur une période de plus de quinze ans, fertile en événements importants pour le progrès automobile, événements auxquels La Nouvelle fut intimement liée. Amédée BOLLÉE père avait tiré de La Mancelle différents véhicules qu'il livrait carrossés (ou à carrosser) de plusieurs manières : coach, limousine, omnibus, etc... La Nouvelle était issue de cette série et fut, terminée en 1880. L'arrière du véhicule était conçu pour recevoir le moteur-pistons, rejeté cette fois près de la chaudière afin d'agrandir la cabine des passagers. Rien, toutefois, n'eut signalé particulièrement cette voiture si elle n'avait joué un rôle de tout premier plan — dans la lutte que se livraient les tenants des moteurs à vapeur, à pétrole et à électricité. Défenseur convaincu du système à vapeur, Amédée BOLLÉE père ne croyait, qu'en ce procédé qui lui avait valu tant de succès. Mais en 1894, lors de l'épreuve Paris-Rouen, il eut la révélation du danger que faisaient courir aux " vaporistes ", certains nouveaux venus de l'automobile spécialement les " pétrolistes ". Aussi, pour bien prouver la valeur (incontestable à son avis) du système à vapeur, il n'hésita pas à engager sa voiture, La Nouvelle dans la course Paris-Bordeaux organisée du 10 au 12 juin 1895. Faisant figure d' " ancienne ", La Nouvelle était la plus lourde des voitures en compétition, mais point la moins rapide, tarit s'en fallait ! Entre-temps, le moteur " à pétrole " avait fait de grands progrès et le résultat fut tranchant !... Émile Levassor sur Panhard et Levassor à moteur " à pétrole " parvenait à Paris avec 4 heures d'avance sur ses rivaux directs... Les voitures à vapeur s'étaient effondrées lamentablement, les moteurs trop poussés par les chauffeurs ayant grippé. La Nouvelle était du nombre. L'échec des " vaporistes " était net. Heureusement, la famille BOLLÉE était trop intelligente pour s'entêter davantage : les années qui suivirent le prouvèrent bien...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:10

1881. Voiture à vapeur " La Rapide " d'Amédée Bollée père (France)



EN 1880, à part les commandes officielles qui occupaient presque totalement ses ateliers de construction automobile, Amédée BOLLÉE père poursuivait l'étude et la réalisation de prototypes originaux. Celui achevé en 1881 fut sans doute la plus curieuse des créations du grand constructeur, manceau. Soucieux d'atteindre toujours des vitesses plus hautes, Amédée BOLLÉE père venait de sortir La Rapide, spécialement étudiée pour atteindre le chiffre fatidique de 50 km./h. que beaucoup d'esprits forts jugeaient irréalisable, pour ne pas dire dangereux. Certains même allaient jusqu'à affirmer que l'organisme humain ne résisterait pas à de pareilles vitesses, oubliant sans doute que les cavaliers les dépassaient parfois avec leurs montures !... Bref, La Rapide était là et on allait bien voir ! Les résultats ne se firent point attendre : cette voiture non seulement atteignait les 50 km./h., mais les dépassait même (58 km./h.). Pareille performance confondit les sceptiques de la veille ! La Rapide présentait le même avant-train que la fameuse Mancelle, la tringlerie de direction ayant toutefois été rejetée vers l'avant. Le système de transmission se trouvait disposé de la même façon, mais cette fois attaquait directement les roues arrière qui, grosse nouveauté, comportaient des ressorts de suspension. La chaudière, le moteur et les commandes étaient groupés en avant, permettant au conducteur de travailler sans chauffeur. Dans un souci d'allègement qui peut paraître un peu dérisoire pour une telle masse, Amédée BOLLÉE avait adopté le bois pour les bancs des passagers, échancré au maximum la carrosserie et supprimé le plus possible de montants et bavettes du toit. Détail amusant, La Rapide fut un des premiers véhicules à être muni d'une cloche (placée sous le toit, à l'avant, primitif et émouvant ancêtre des avertisseurs de voiture), cloche que les trompes remplacèrent bien vite. Le record de La Rapide fut établi sur route de terre battue : on peut supposer quelles vibrations terribles pilote et passagers eurent à subir !

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