L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

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L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 13:17

L'histoire de l'Automobile des origines à 1900.


La préface.





IL n'est pas nécessaire d'avoir connu personnellement l'Homme des Cavernes pour être certain qu'au terme d'une longue marche, il se sentait bien fatigué ! Et que faisait-il, une fois assis, les jambes étendues, à l'entrée de sa caverne ' Il réfléchissait. Oui, il réfléchissait, ce brave homme, au moyen de se mouvoir en économisant ses forces... Oh ! il ne se pressait pas : il a réfléchi comme ça pendant des siècles. Mais de cette méditation de piéton fourbu allait sortir, un jour, une découverte formidable : la roue !

Formidable, le mot n'est pas trop fort. Car, avec la roue, le problème de la locomotion terrestre était résolu d'un seul coup. Roue très ancienne et qui pourtant demeure, aujourd'hui encore, l'élément essentiel de tout engin se mouvant sur le sol. L'inventeur n'est pas connu. Et c'est dommage car il mériterait une fameuse statue.

Le premier pas était donc fait, dans la recherche d'un système ayant justement pour but de faire moins de pas. Le deuxième allait être la construction de la charpente placée sur les roues et capable de transporter une charge quelconque : ce qu'on appelle aujourd'hui le " châssis ". Quant au troisième pas, il consistait à remplacer la traction humaine par la traction animale. En effet, ayant décidé d'économiser ses propres forces, l'homme avait commencé par utiliser celles de ses semblables, puis celles de ses frères inférieurs (le cheval en particulier) et pendant des centaines d'années, ce mode de transport – la voiture remorquée par une bête de trait – représenta le sommet du confort.

Enfin, quatrième et dernier pas sur ce chemin du progrès où jamais ne s'arrête l'homme : la voiture indépendante qui se propulserait d'elle-même. Mais pour cela, que fallait-il ' Un moteur.

Ce moteur, l'homme a fini par en équiper la voiture. Mais combien de millénaires après la découverte de la roue ! De la roue à la voiture, peu de temps s'est écoulé. Mais de la traction animale à l'automobile, quelle distance ! Le cheval de charrette a eu la vie longue. Il était, comme on dit, entré dans les moeurs. Aussi, quand – pour le remplacer – l'homme disposa d'un moteur, il demeura fort perplexe. La traction chevaline était une si vieille habitude ; tant d'intérêts matériels étaient liés à ce moyen de transport naturel, c'était le gagne-pain de tant de gens ! Mettre le cheval à la retraite, vous imaginez quelle révolution ! L'homme hésita : lui qui, au temps de l'invention de la roue, eût accueilli avec enthousiasme le moteur, voilà que le progrès lui faisait peur... Heureusement il se reprit. Lentement, péniblement, il adapta le moteur à la voiture. Et cette voiture qui, au début, était encore une voiture à chevaux mais... sans chevaux, devint peu à peu une nouvelle machine, répondant mieux à l'assemblage roues-moteur : ce fut l'automobile.

On peut donc considérer l'automobile comme la conséquence suprême de l'invention de la roue. On peut aussi avancer que l'homme qui, le premier, songea à faire rouler un tronc d'arbre et à en extraire la roue, fut le précurseur de l'automobile. Cette dernière, pourtant, ne peut être rangée tout bonnement à la suite de la voiture à bras et de la diligence, Car l'apparition du moteur a produit une cassure décisive, comparable à celles qui, dans l'histoire des peuples, séparent l'Ancien Régime du Nouveau.

L'automobile elle-même a connu deux âges bien distincts : celui du véhicule motorisé issu directement des voitures à chevaux ; et celui de l'automobile proprement dite, spécialement construite comme telle. Mais ici, la différence est beaucoup moins nette : l'interpénétration de ces deux périodes est telle qu'il est impossible de marquer d'un trait précis la frontière entre la " charrette à moteur " et l'automobile vraiment digne de ce nom. Il y a là un " flou " qui exige de traiter en semble ces deux époques. Il faut admettre – et nous l'avons admis – dans l'Histoire de l'Automobile, aussi bien les antiques diligences à vapeur que les fringantes coursières à pétrole de la fin du XIXe siècle.

Résumons-nous : l'automobile n'est pas née brusquement. Elle est le résultat de lentes recherches, de tâtonnements, de transformations et d'améliorations constantes, de tout un long processus dont le point de départ est la roue. Mais, ceci dit, l'auteur de chacune de ces découvertes doit-il être considéré, dans une certaine mesure, comme un des inventeurs de l'automobile ' Pas exactement, car les authentiques inventeurs de l'automobile ne sont qu'une poignée d'hommes.

Hommes exceptionnels, qui se nomment Cugnot, Gurney, Hancock, Lenoir, Bollée, de Dion-Bouton, Daimler, Panhard, Ford... Ceux-là, et quelques autres, furent les chefs de file. Et, à côté de cette élite, il y eut ceux, moins inspirés ou moins doués, dont la renommée est moins éclatante, parce que leurs travaux furent moins précis, leurs découvertes moins sensationnelles. D'autres hommes qui se sont donnés à leur tâche avec un désintéressement total, une foi absolue. Ceux-là méritent aussi d'avoir leur place dans cette Histoire de l'Automobile, qui apparaît comme une chaîne glorieuse de labeurs et de recherches.

Aux temps héroïques, quand l'automobile, en était à ses débuts, l'existence de ces précurseurs fut vraiment extraordinaire. Peu d'hommes ont rencontré tant d'incompréhension et même d'hostilité que les pionniers de la " voiture sans chevaux ". Presque tous s'acharnèrent jusqu'à l'extrême limite de leurs possibilités. Leur courage et leur persévérance eurent rarement leur récompense. Beaucoup même furent finalement ruinés, ridiculisés, abattus pour toujours ! Et pourtant, il s'en trouva chaque fois d'autres pour reprendre le flambeau et continuer la chaîne. Leur obstination prenait sa source dans leur intime conviction d'avoir raison... lorsque chacun leur donnait tort.

Cette période impitoyable pour les pionniers de l'automobile fut certes la plus émouvante, la plus épique. Pourtant, la science avançait, défrichait, ouvrant de larges horizons. Les masses, toujours lentes à suivre les véritables hommes de génie, devenaient peu à peu moins agressives, tout en continuant à traiter l'automobile en parente pauvre. Puis, leur hostilité pour " les mécaniques sans chevaux " se mua lentement en scepticisme amusé jusqu'au jour où quelques esprits imaginatifs eurent la magnifique inspiration d'organiser les premières courses automobiles...

" Du pain et des jeux ". L'éternel instinct de la foule allait, en ce qui concerne " les jeux ", être satisfait. Du coup, C'était Le succès pour l'automobile. Le public, avide de sensations fortes, venait se masser le long des pistes réservées aux ébats des premiers " bolides ". Est-ce à dire que le nouveau mode de locomotion s'imposa dès lors aisément ' Non, car il fallait que " l'idée " fasse son chemin, Elle bousculait des habitudes si tenaces ! Même durant la décade 1890 à 1900, qui fut l'âge d'or des pionniers, où la fièvre de l'automobile s'emparait chaque jour davantage des esprits, la foule se montrait curieuse, mais versatile : prête à hurler d'enthousiasme devant la performance sportive, mais aussi prompte à huer la mécanique défaillante. Ce fut l'époque où certains constructeurs – qui procédaient (souvent de nuit !) aux essais d'un nouvel engin dans les parages de leur atelier – furent baptisés " dynamiteurs de quartiers " !

Reconnaissons qu'ils incommodaient quelque peu le voisinage avec leurs machines pétaradantes, effrayant les chevaux, écrasant les poules, terrorisant les vieilles filles, et donnant des cauchemars aux petits enfants ! Les mécaniques d'alors étaient en vérité des " monstres " fumants, vibrants, grinçants, qui ne pouvaient rallier d'emblée la sympathie générale ! Ils ne la gagneraient, peu à peu, qu'en parvenant à se discipliner, à se civiliser.

Ce fut là l'incessant labeur des pionniers. Pour eux, chaque départ était une aventure, un saut dans l'inconnu ; et chaque arrivée, une gageure. D'avance, ils acceptaient les pannes avec philosophie ; on serait tenté d'écrire qu'ils les attendaient avec une secrète excitation, car à chaque incident mécanique devaient correspondre un remède, un perfectionnement.

Époque vraiment héroïque : la " voiture sans chevaux " n'avait droit de cité que dans de très rares villes, là où la mentalité des édiles était particulièrement progressiste... Partout ailleurs, la police la traquait, l'expulsait, arrêtait son conducteur. Dans les campagnes, les paysans donnaient la chasse avec ... piques et faux à ces " engins du diable ". Mais, grâce à une poignée d'hommes qui acceptèrent des vicissitudes infinies, se dépensèrent sans compter et souvent perdirent fortune et santé, l'automobile a enfin obtenu sa victoire.


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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 13:28

1679-1681. Chariot à vapeur du R. P. Verbiest




CE n'est ni à l'Anglais Denis Papin ni au Français Cugnot, comme on le croit généralement, que revient l'honneur d'avoir construit le premier véhicule automobile : c'est à un Belge, le R. P. VERBIEST, de la Compagnie de Jésus.
Ce missionnaire, qui résida en Chine de 1672 à 1686, créa en effet un bien curieux véhicule pour distraire l'Empereur de Chine et sa Cour.
Le chariot à vapeur en question est décrit en latin dans le livre du Père VERBIEST, Astronomia Europae, ouvrage conservé à la Bibliothèque Nationale de New York.
Les historiens ne sont pas d'accord sur la date exacte de la réalisation du véhicule.
Certains la situent en 1681. Mais, suivant des textes chinois non moins dignes de foi, l'essai eut lieu en 1679.
Quoi qu'il en soit, ces textes décrivent ainsi la machine du Jésuite Belge : elle mesurait deux pieds de long (soit environ 65 cm) et était actionnée par un éolipyle que chauffaient des braises ardentes.
Le jet de vapeur frappait une roue horizontale comportant des pales et engrenant les roues motrices avant.
Le chariot fut essayé dans la grande cour du palais impérial de Pékin.
Au milieu de l'axe des roues postérieures, un timon très flexible était relié à une roue d'un diamètre plus grand facile à manoeuvrer.
Le chariot tourna en rond dans la cour du Palais Impérial au grand enthousiasme des spectateurs.
L'Empereur de Chine combla d'honneurs le Père VERBIEST.
Mais la découverte de celui-ci en resta là : on la considérait comme un très beau jouet, sans y attacher plus d'importance... Jouet qui, cependant, ne fut pas oublié par les jésuites résidant en Chine, car une expérience à peu près semblable se déroula de nouveau à Pékin au début du XVIIIe siècle.
Cette fois encore, l'essai eut lieu en présence de l'Empereur de Chine.
Le constructeur de l'engin était un Italien, le R. P. Grimaldi.
Le nouveau chariot à éolipyle ressemblait fort à celui du R. P. VERBIEST.
Il semble d'ailleurs que le véhicule du missionnaire Belge ait servi de modèle à son successeur Italien.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 13:37

1769. Le " Fardier " de Cugnot (France)




SI le Français CUGNOT fut devancé par d'autres pionniers de l'automobile, un fait demeure cependant incontestable : sa machine fut le premier grand véhicule mécanique du genre ; ses devanciers s'étaient tous contentés de modèles réduits.

Né à Void, en Lorraine, le 25 septembre 1725, CUGNOT travailla quelque temps en Allemagne comme ingénieur, puis, après un passage à Bruxelles — où une tradition veut qu'il ait essayé vers 1763 un premier modèle de voiture à vapeur — il rentra en France.
C'est à Paris qu'il effectua ses premières expériences.
À leur sujet, les mémoires des contemporains citent les endroits les plus divers et les dates les plus contradictoires.
On a pourtant de bonnes raisons de croire que ce fut dans la cour de l'Arsenal de Paris que CUGNOT effectua son premier essai en 1769.
Il devait d'ailleurs éventrer un mur d'enceinte, n'ayant pas prévu de freins Exclamation ' Ainsi se termina la carrière du premier Fardier.
Une deuxième voiture fut construite vers 1770 : c'est cette dernière qui est conservée au musée des Arts et Métiers de Paris.
Le Fardier, conçu pour remorquer du matériel d'artillerie, se révéla capricieux et brutal :,aussi, malgré les dépenses considérables engagées dans les expériences, il fut finalement rangé dans un hangar.
Quant à CUGNOT, l'exil du ministre Choiseul, qui le protégeait, puis la Révolution Française arrêtèrent ses recherches.
Durant la période révolutionnaire, il se réfugia à Bruxelles.
Ensuite, à l'avènement de Bonaparte, il rentra en France, où il reçut du Premier Consul une pension de 1.000 francs, qui l'aida à vivre jusqu'en 1804, année de sa mort.
Certains techniciens et historiens ont émis des doutes sérieux sur l'authenticité du véhicule de CUGNOT, mais de récentes études ont établi que le Fardier fonctionna bel et bien.
La principale objection des sceptiques était l'impossibilité de brûler du charbon dans un tel foyer ; mais il était possible d'y brûler du bois, et c'est certainement ainsi que procéda l'inventeur Français.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 13:45

1775. Eolipyle






CE curieux petit monstre eut de nombreux prédécesseurs, car son principe de fonctionnement était connu depuis fort longtemps et le R. P. Verbiest l'avait déjà utilisé un siècle plus tôt.
En 1748, en France, un autre ecclésiastique, l'abbé Nolet, expérimenta un petit engin d'apparence à peu près semblable, mais que propulsait un jet de vapeur en réaction.
Le principal document relatant l'existence de l'éolipyle est un manuscrit allemand du XVe siècle montrant un chariot monté sur quatre roulettes et qui portait à l'arrière un bec d'où s'échappait la vapeur : à moins que ce ne fût la charge de poudre, car il est possible que cet engin primitif ait fonctionné par fusée — ce qui en ferait l'ancêtre des moteurs-fusées Exclamation Un chariot de ce genre est actuellement conservé en parfait état à Karlsruhe, en Allemagne : il semble que son inventeur ait été un Français et qu'il fût essayé à Paris en 1775.
Cet éolipyle fonctionnait suivant le même principe que le chariot du Père Verbiest : le jet de vapeur sortant par un bec recourbé actionnait une roue à palettes qui, elle-même, entraînait une suite d'engrenages commandant les roues motrices.
La petite roue directrice comportait un système de bloquage à pas de vis, afin que l'engin pût évoluer suivant le tracé d'un cercle.
La cuvette du bas contenait des braises incandescentes qui, par un conduit, chauffaient l'eau remplissant le réservoir supérieur.
Et, quelques instants plus tard, le chariot partait dans un sifflement aigu accompagné d'une fumée généreuse.
Il est aisé d'imaginer l'effet que devait produire pareil engin sur les profanes de l'époque, lorsqu'il tournoyait ainsi tout seul en fumant et sifflant Exclamation ...
Toutefois, ces petits jouets ne servirent qu'à des essais et l'on était encore loin de la véritable locomotion mécanique.
Il fallut attendre encore longtemps avant la mise en pratique de ces remarquables conquêtes de la science.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 13:53

1784. Machine à vapeur de Murdock (Grande-Bretagne)




À partir de 1782, William Murdock, qui dirigeait à Redruth, en Cornouailles, le montage des machines de Boulton et Watt, se passionna pour les machines à vapeur.
Il avait de qui tenir : son père passe pour avoir été l'inventeur de plusieurs modèles (trois au moins), notamment, en 1784, l'engin illustré ci-dessus, connu sous le nom de Sauterelle, qui est conservé de nos jours au musée de Birmingham.
Il se composait d'un plateau oblong reposant sur trois roues (une directrice et deux motrices).
La chaudière de cuivre était traversée par un tube à feu chauffé à l'esprit-de-vin.
Le cylindre était vertical et plongeait dans la chaudière.
Quant à la tige du piston, elle agissait sur un demi-balancier, le premier vraisemblablement qui ait été essayé et l'ancêtre des " machines sauterelles " promises à la grande vogue entre 18oo et 1830.
Cette voiture de petite taille ne paraît pas avoir été prévue pour le transport de personnes, mais uniquement comme prototype expérimental. Pourtant, Murdock avait envisagé des changements de vitesses appropriés aux différents degrés d'inclinaison : ce qui ferait de ce génial Anglais l'inventeur du principe du changement de vitesses utilisé sur les voitures modernes.
Une correspondance entre Boulton et Watt, ses patrons, datée de 1786, signale que MURDOCK a fait marcher sa machine à vapeur un mile ou deux dans une grande chambre (soit deux ou trois kilomètres), après avoir placé dessus les pincettes du feu, le tisonnier et les pelles, ce qui laisse supposer des dimensions assez importantes pour un engin expérimental.
Une légende veut qu'un soir, à Redruth, cette voiture échappât des mains de MURDOCK, qui procédait à un essai, dévala la rue principale, prit de la vitesse et se mit à poursuivre un clergyman absorbé dans une pieuse lecture.
Le brave homme crut y voir le Diable en personne Exclamation
En 1791-1792, MURDOCK construisit une voiture plus importante, qu'il dut abandonner pour s'occuper d'autres travaux.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 14:01

1786. Voiture à vapeur de Symington (Grande-Bretagne)




APRÈS William Murdock, William SYMINGTON. Celui-ci, aidé par son père, construisit en 1786 la première voiture à vapeur destinée au transport de personnes.
Cette voiture est donc la véritable aïeule des véhicules automobiles : elle aurait connu une brillante carrière si les routes écossaises, par leur état déplorable, n'avaient pas arrêté SYMINGTON.
D'autre part, le jeune ingénieur, attiré par la navigation à vapeur, se détourna peu à peu de la locomotion terrestre et abandonna sa voiture. Celle-ci avait pourtant, à l'époque, près de trente ans d'avance.
Ne fallut-il pas, en effet, attendre 1800-1801 pour voir réapparaître des véhicules terrestres mus mécaniquement et équipés de cabines pour passagers ' La chaudière de cette machine, placée entre les roues motrices, communiquait avec deux cylindres latéraux à simple effet, portant chacun leur condensateur.
Le mouvement était transmis par crémaillère à des tambours à rochet placés sur l'axe des roues.
Malgré la complication et la rusticité de ces systèmes de transmission et de direction, les démonstrations effectuées avec ce modèle furent concluantes.
Aussi faut-il regretter que SYMINGTON ne poursuivit pas ses recherches dans ce domaine.
La suspension de la cabine s'inspirait de celle des voitures à chevaux, ce qui fit même penser à certains que SYMINGTON avait converti un de ces véhicules en voiture à vapeur ; mais ce n'était pas le cas, le constructeur ayant travaillé sur des bases réellement nouvelles... L'élément le plus rudimentaire du véhicule était la direction, qui attaquait directement les roues avant supportant une partie du poids : système qui exigeait du conducteur des efforts assez considérables pour orienter la machine convenablement.
Aussi bien, à, part Trevithick, plus aucun constructeur n'usa de cette technique primitive après 1800.
À partir de cette époque, les directions furent démultipliées à l'aide d'engrenages ou placées à l'avant sur des diabolos (petites roues jumelles) indépendantes de l'ensemble.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 27 Déc 2008 - 14:07

1788. Machine à vapeur de Fourness (Grande-Bretagne)




QUOIQUE née en France, la locomotion à vapeur devait tout naturellement connaître une extension importante en Angleterre, où la mécanique en général avait alors une avance considérable, avance qu'elle devait d'ailleurs conserver longtemps encore. L'Angleterre eut la chance de voir se manifester chez elle toute une pléiade de chercheurs, plus inventifs les uns que les autres, qui domestiquèrent la vapeur, comme plus tard les Français allaient mettre au point les moteurs et voitures de conception moderne.
Parmi ces chercheurs britanniques, Robert FOURNESS fut un des plus remarquables, et dès 1788, il réalisa une machine à vapeur montée sur quatre roues et comportant entre autres l'innovation suivante : une chaudière piriforme entourée par le foyer et reliée à un groupe de trois cylindres verticaux, dont la vapeur d'évacuation passait par le réservoir d'eau.
Cette eau était pompée grâce à un système relié à la tige d'un des pistons, et un axe engrené sur l'arbre de transmission commandait le mécanisme de distribution de la vapeur : préfiguration des culbuteurs de soupapes qui équipent les voitures modernes.
Un point paraît cependant avoir été quelque peu négligé par le constructeur : le confort du conducteur Exclamation ... Il est vrai qu'à cette époque, les pionniers de la mécanique s'en souciaient assez peu Exclamation Tout de même, avec des roues aussi massives, non amorties, et vu l'état épouvantable des routes de ce temps-là, on peut se demander comment le pilote parvenait à se maintenir à son poste... Détail intéressant : FOURNESS —dont la mort interrompit prématurément les expériences fut le premier constructeur qui songeât à rejeter vers l'arrière la fumée dégagée par la cheminée.
À cet effet, il avait muni cette dernière d'un manchon oblique.
Il est vrai que la plupart du temps, les moteurs et cheminées étaient placés à l'arrière des véhicules.
Mais, en considérant la faible vitesse d'évolution de ces engins, on imagine ce qu'il advenait lorsque le vent soufflait en sens inverse Exclamation

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Lun 29 Déc 2008 - 7:09

1801. Locomotive routière de Trevithick et Vivian (Grande-Bretagne)



L'HOMME le plus extraordinaire des débuts de la locomotion à vapeur fut certainement l'Anglais Richard TREVITHICK (né en 1771, à Illogan).
Excessivement doué, ce génial inventeur apporta une contribution immense à la locomotion terrestre.
Il fut — gloire que personne ne lui conteste — l'auteur de la première locomotive.
Le " géant des Cornouailles ", comme l'appelaient ses contemporains, était un être exceptionnel, plein d'impétuosité, d'énergie, de désintéressement aussi.
Mais il avait en outre un caractère changeant, versatile, et ce trait de sa personnalité, hélas l'empêcha toujours de poursuivre ses inventions. Associé à son cousin Andrew Vivian, TREVITHICK, après avoir réalisé plusieurs modèles de machines à vapeur, construisit la locomotive routière représentée ci-contre.
Elle fut essayée le 24 décembre 1801 à Camborne.
Au premier essai, la machine — chargée de sept à huit personnes — escalada la pente de Beacon Hill, inclinée à 5 %, mais elle dut s'arrêter avant le sommet, faute de vapeur.
Quatre jours plus tard, un nouvel essai eut lieu.
Après 400 yards (360 mètres), la, machine fut stoppée par une avarie et abritée sous une remise pendant que TREVITHICK et VIVIAN allaient à l'auberge voisine " réconforter leur coeur avec une oie rôtie et les boissons appropriées "... Mais les deux cousins en oublièrent leur machine, dont l'eau s'évapora.
Le fer rougit rapidement et " rien de ce qui était combustible, de la machine et de son abri, ne subsista ".
Ainsi se termina la carrière de cet engin... Celui—ci était du type sauterelle (à bras articulés) et comportait, pour la seule et unique fois dans les annales de l'automobile, un soufflet destiné à activer la chaudière.
Autre originalité : cette voiture n'avait pas de direction Exclamation Un plateau attaché à la machine par un axe rotatif permettait malgré tout de la diriger, et l'on peut penser que le conducteur devait s'arc-bouter et exercer une pression des jambes sur le plateau.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Lun 29 Déc 2008 - 7:16

1803. Voiture à vapeur de Trevithick et Vivian (Grande-Bretagne)



LE 26 mars 1802, TREVITHICK et VIVIAN prenaient un nouveau brevet où était décrite une machine à vapeur comportant cette fois une cabine pour passagers.
La chaudière, placée à l'arrière, actionnait un cylindre horizontal qui donnait le mouvement à un axe portant un grand volant et des engrenages commandant des roues de très grand diamètre.
La nacelle était suspendue fort haut et son accès devait être assez difficile ; mais la place du conducteur n'était, semble-t-il, pas plus enviable Exclamation ... La direction avait visiblement causé quelques soucis aux deux constructeurs.
Sur certains plans conservés en Angleterre, la forme du châssis est, à l'avant, très différente de celle dessinée sur d'autres : on est enclin à croire que les inventeurs auront adopté la solution définitive en cours de travail.
D'après les descriptions de l'engin, faites par Francis Trevithick fils dans le récit de la vie de son père (Life of Richard Trevithick), l'avant du châssis fut finalement laissé droit et non courbe comme le montrent certains dessins.
La voiture fut exécutée à Londres en 1803.
Ses essais ne tardèrent pas à être concluants et les deux inventeurs accomplirent avec succès — et pour la première fois au monde — un trajet prolongé, à la vitesse de 8 à 10 kilomètres à l'heure.
Sur la route du retour, la voiture heurta une grille de jardin, heureusement sans dommage pour le véhiculé... Mais pas pour la grille Exclamation
Comme toujours, une fois que la machine de son invention avait fait ses preuves, TREVITHICK en détourna, son attention pour se consacrer presque exclusivement aux locomotives sur rail, faisant ainsi la fortune des propriétaires miniers des Cornouailles, mais pas la sienne, car jamais il ne sut tirer un profit matériel de ses inventions. "
Aussi à l'étroit que je puisse me trouver pécuniairement, écrivit-il un jour, le grand honneur d'avoir été un sujet utile ne pourra jamais m'être enlevé, et pour moi, cela dépasse de beaucoup la richesse. "

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Lun 29 Déc 2008 - 7:26

1821. Diligence à vapeur de Griffith (Grande-Bretagne)



CETTE importante machine fut, en date, la deuxième diligence à vapeur.
Elle eut pour auteur l'Anglais Julius GRIFFITH, qui la fit construire par le grand mécanicien BRAMAH, fabricant de machines—outils.
Son inventeur avait conçu un système de chaudière à serpentins offrant un grand intérêt et l'avait placé à l'arrière du véhicule, soutenu par une forte charpente.
GRIFFITH avait également fait monter un arbre de plusieurs pignons s'engrenant à volonté dans les roues dentées solidaires des roues motrices.
Ce système fut la première apparition du " changement de vitesses " dans la locomotion.
En outre, GRIFFITH avait introduit dans les organes moteurs un condensateur formé de nombreux tubes aplatis en métal léger, exposés aux courants d'air (soit le principe, des radiateurs d'autos).
La cabine, de forme assez curieuse, était supportée par un jeu de quatre gros ressorts semi-elliptiques et s'appuyait sur un châssis incliné vers l'avant.
Quant à la direction, elle était très particulière, chaque roue tournant au bout d'un axe immobile.
Telle fut la première apparition de ce système de direction universellement adopté depuis et qui fait virer chaque roue directrice perpendiculairement aux rayons de cercles concentriques : procédé réinventé plus tard par Amédée Bollée père.
Cependant, la diligence de GRIFFITH se révéla décevante aux essais : la chaudière, notamment, était tout à fait insuffisante pour propulser la masse excessive de l'engin.
GRIFFITH et BRAMAH s'acharnèrent durant trois ou quatre ans encore, mais rien n'y fit : la machine était lente, lourde et récalcitrante.
Aussi l'abandonnèrent-ils peu à peu.
Toutefois, réduite à l'immobilité, elle rendit alors d'éminents services, car tous les chercheurs et constructeurs passionnés par la locomotion terrestre vinrent la voir pour l'étudier, et il est à peu près certain que de nombreux enseignements en furent tirés.
Grâce à la parfaite exécution du mécanicien BRAMAH cette machine connut auprès des professionnels un grand succès sans jamais être sortie des ateliers Exclamation ...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Lun 29 Déc 2008 - 7:34

1824. Diligence à vapeur de Burstall et Hill (Grande-Bretagne)



TIMOTHY BURSTALL et John HILL auraient mérité de connaître la célébrité, tant leurs découvertes dans le domaine de la propulsion mécanique furent importantes.
Hélas, de leur temps, et même plus tard, ils ne rencontrèrent qu'une faible audience auprès d'un public attiré davantage vers, les inventeurs habiles à se faire " mousser ".
Et pourtant, la diligence à vapeur de BURSTALL et HILL, qui commencèrent leurs travaux en 1824, comportait pour la première fois au monde un système de transmission par cardan, réalisé grâce à un joint universel. Leur engin était ainsi doté d'une double traction (une à l'arrière et une à l'avant), système qui fut réinventé seulement un siècle plus tard, et qui — chose remarquable — est encore appliqué de nos jours : certes perfectionné, mais, identique en son principe.
Cette voiture était constituée par un corps de stage-coach ordinaire, équipée à l'arrière d'une chaudière basse reliée à deux cylindres commandant des demi-balanciers.
Le conduit en cuivre reliant la chaudière aux cylindres était en spirale afin de le maintenir élastique et d'empêcher toute rupture.
Essayé tout d'abord à Leith, ce lourd véhicule (8 t.) poursuivit ses épreuves à Edimbourg en 1826, puis à Londres en 1827 : mais les résultats furent assez minces.
La chaudière était vraiment trop faible pour propulser ce lourd véhicule : à tel point, d'ailleurs, qu'elle finit par exploser Exclamation
Cet échec ne découragea cependant pas BURSTALL et HILL, qui cherchèrent à remédier aux imperfections de leur première diligence.
Ceci les amena à construire une nouvelle voiture, à six roues cette fois et comportant maintes innovations, entre autres un châssis-moteur séparé du restant du véhicule : première apparition du système de tracteur universellement adopté depuis.
Il est très probable que ce fut la partie motrice de cette, machine, mise sur rail, qui figura sous le nom de Persévérance comme locomotive de BURSTALL au fameux concours de Rainhill en 1829.


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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 30 Déc 2008 - 16:36

1828. Diligence à vapeur de Gurney (Grande-Bretagne)



NÉ en 1793, à Treator dans les Cornouailles, Goldsworthy GURNEY a certainement été impressionné dans son enfance par les essais des machines de Trevithick, " le Géant des Cornouailles ". C'est peut-être là l'origine de la vocation de GURNEY et de son enthousiasme pour la locomotion terrestre.
Les deux hommes possédaient d'ailleurs beaucoup de points communs : un esprit très inventif, du dynamisme, une grande énergie, mais GURNEY fut plus complet que Trevithick car il possédait une qualité qui manqua toujours à son aîné : la persévérance.
Devenu chirurgien, GURNEY se fixa à Londres en 1823 et commença une carrière extraordinaire qui en fit un des plus grands savants de son temps. On lui doit quantité de découvertes, dont le système de chauffage central à circulation d'eau chaude, la lumière oxhydrique à la chaux, les fondations en béton, etc... Et, bien entendu, ses inventions de machines à vapeur, où il montra une clairvoyance peu commune et un sens très développé de la publicité.
Il sut trouver d'opulents bailleurs de fonds et consacra d'ailleurs sa propre fortune aux machines à vapeur.
En 1825, GURNEY prit un brevet pour une voiture à jambes articulées, puis, deux ans, plus tard, il réalisait une diligence à vapeur fonctionnant au coke pour éviter les volutes de fumée.
Cette machine comportait également un système de jambes articulées et un siège arrière pour le conducteur.
Les essais ne furent pas très satisfaisants et, en 1828, l'inventeur transforma son engin, supprimant le système de jambes articulées et reportant le siège arrière à l'avant.
Dix-huit passagers pouvaient prendre place à bord de la diligence, qui mesurait 6 m de long et pouvait propulser ses deux tonnes (plus les passagers) à la vitesse de 13 à 16 km à l'heure.
Sa principale performance fut effectuée le 14 juin 1828, où elle gravit la côte de Highgate Hill.
Arrivé fort à l'aise au sommet, GURNEY ne put ralentir et se lança dans la descente avec des freins trop faibles pour un engin de ce poids qui se renversa Exclamation scratch

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Ven 2 Jan 2009 - 19:37

1828. Diligence à vapeur de James (Grande-Bretagne)




L'ANGLETERRE connut au début du siècle dernier une véritable fièvre d'innovations techniques. Elle fut une pépinière d'inventeurs de talent, qui s'illustrèrent dans maints domaines et spécialement dans celui de la locomotion routière à vapeur. Parmi ces habiles et ardents chercheurs figure l'ingénieur amateur W.-Henry JAMES, qui entama en 1824 une série d'études et d'expériences des plus intéressantes. Cette même année, il prit les brevets de deux engins qui devaient êtres mus par deux cylindres indépendants, commandant chacun séparément des roues motrices. Puis JAMES fit encore breveter une chaudière tubulaire à haute pression et, comme beaucoup d'inventeurs de l'époque, se chercha un associé. En collaboration avec Sir James ANDERSON, il réalisa une grande diligence pour quinze passagers, laquelle fut souvent modifiée de 1826 à 1828. Ce véhicule atteignit la vitesse de 12 à 15 miles (19 à 24 km, à l'heure) sur une mauvaise route de la forêt d'Epping. Un accident ayant mis hors d'usage une des deux chaudières, la voiture put cependant rentrer sans encombre à l'allure de 7 miles. Exécutée avec un soin particulier jusque dans les moindres détails, cette voiture fut le chef-d'oeuvre de JAMES et un des types les plus parfaits de diligence à vapeur de l'époque. Il eut été certainement possible d'en faire un engin robuste, maniable et surtout rentable. Malheureusement, comme bien des chercheurs, JAMES se tournait toujours vers de nouveaux projets et abandonna sa diligence pour réaliser, en 1829, un autre véhicule qui comportait 4 cylindres de sections ovales pouvant agir séparément. Mais les difficultés financières commencèrent à accabler JAMES, qui dut bientôt arrêter ses travaux. Dépourvu de fonds, il poursuivit encore ses recherches d'une manière sporadique, breveta en 1832 un changement de vitesse à trois rapports commandés par pédales. Ce système fonctionnait grâce à un mécanisme de pignons à chaînes de transmission. Ses découvertes s'arrêtèrent là.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par @ zizou le Ven 2 Jan 2009 - 20:07

Merci said B infiniment pour ces belle Histoire

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Dim 4 Jan 2009 - 20:25

1830. Voiture à vapeur de Pagani (Italie)




LES recherches et les réalisations du début du XIXe siècle, dans le domaine de la locomotion à vapeur, furent vraiment une exclusivité britannique : à tel point que, jusqu'en 1830, il n'existe aucune trace de tentative faite en dehors de l'Angleterre. Cependant, à partir de ce moment, l'étranger commence à réagir lentement. Ce fut en Italie qu'apparut la première rivale des voitures anglaises. En 1830, le mécanicien bolognais Luigi PAGANI, constructeur de machines à vapeur, réalisa une voiture qui fut essayée dans la région de Bologne. Malheureusement, il n'existe pas de relation détaillée de ces essais et l'on se trouve réduit à des suppositions. Étant équipé d'un primitif système de balancier (à cette époque, les Anglais possédaient une nette avance technique sur ce procédé), il est peu probable que ce véhicule ait fourni des performances intéressantes. Il semble néanmoins certain qu'il ait roulé dans la campagne, où l'apparition de ce monstre grinçant, gigotant et fumant, devant des paysans infiniment moins préparés et avertis que le public britannique quant à ce genre d'expériences, dut certainement produire un bel affolement... Et l'on peut même supposer que PAGANI fut victime de l'incompréhension de ses compatriotes, surtout des paysans qui avaient tôt fait de voir les maléfices du Diable en semblables circonstances. Dans ce cas, une fois la peur passée, un retour en force avec fléaux, piques, pioches et autres instruments aratoires était chose courante ! Les premiers aéronautes en firent également l'amère expérience... Quoi qu'il en soit, PAGANI paraît avoir réalisé cette mécanique avec soin et même avec certaines recherches, tels ces hippogriffes fichés à l'avant du véhicule (entre les roues), inventions d'ailleurs peu faites pour rassurer les bonnes gens de l'époque ! À noter d'autre part l'absence totale de système de suspension, à un moment où toutes les voitures à vapeur britanniques en étaient déjà pourvues.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mar 6 Jan 2009 - 19:01

1832. Diligence du colonel Macerone (Grande-Bretagne)



NÉ à Birmingham en 1788, Francis MACERONE (appelé souvent Maceroni, en raison de la prononciation anglaise) était le fils d'un émigrant italien installé en Angleterre. D'un caractère bouillant et exalté, MACERONE mena très jeune une existence aventureuse, qui l'amena même à servir dans les armées napoléoniennes. Impétueux, bagarreur, courageux et intelligent, MACERONE était colonel et aide de camp de Murat à la chute de l'Empire. Napoléon relégué à Sainte—Hélène, le trépidant cavalier rentra en Angleterre : il faut croire qu'on lui pardonna assez vite sa carrière militaire malgré sa nostalgie des gloires napoléoniennes et son caractère irascible... MACERONE se consacra bientôt à la locomotion à vapeur et collabora même aux essais de la voiture de Gurney en 1828. Mais tout ce qui avait été réalisé jusque-là n'allait pas assez vite au gré de l'ancien colonel. Il avait gardé un goût marqué pour les choses menées à grande allure, passion contractée lors des fougueuses et héroïques chevauchées d'autrefois : aussi décida-t-il de construire lui-même une machine rapide. Dans ce but, il s'associa à l'Anglais John SQUIRE, avec lequel il réalisa en 1832 une diligence à vapeur remarquablement mise au point. Pouvant transporter huit passagers, la voiture était munie d'une chaudière arrière à tubes d'eau et foyer à ventilateur. Quoique n'ayant pas accompli de service régulier et officiel, cette voiture roula durant dix—huit mois, couvrant plus de 2.700 kilomètres sans aucune réparation importante. Ces faits furent confirmés par un article d'Alexandre Gordon, apôtre de la locomotion et fondateur du premier journal consacré à l'automobile : The Journal of Elemental Locomotion. Après avoir réalisé trois nouvelles voitures, dont deux lui furent soustraites par un aventurier escroc du nom de Dasda, MACERONE réussit cependant encore à fonder une compagnie d'exploitation routière et à essayer une voiture qu'il fit construire par Beale, à Greenwich ; puis, définitivement ruiné, vaincu, il abandonna ses travaux.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mer 14 Jan 2009 - 19:35

1834. Voiture à vapeur de Scott-Russel (Grande-Bretagne)

EN 1834, John SCOTT-RUSSEL fonda une compagnie de transport routier à vapeur, la Steam Company of Scotland qui devait desservir le trajet Glasgow-Paisley. Six voitures du même type furent construites à cet effet à Edimbourg. Ces voitures étaient composées d'un coach servant de diligence, qui tirait une remorque-tender portant l'eau et le coke. La chaudière était du type tubulaire et deux cylindres en bronze agissaient par bielles en retour et engrenages démultipliés de deux à un sur l'axe des roues motrices. Des ressorts spéciaux prémunissaient le coach contre les secousses. La voiture principale comportait quatre banquettes à l'air libre et deux couvertes, deux places étant encore installées sur le tender. En avril 1834 fut organisé le premier voyage. Des départs avaient lieu toutes les heures et le trajet de 7 miles et demi (12 kilomètres) était couvert en moins de 45 minutes, temps qui fut abaissé peu après à 34 minutes. Le succès de l'entreprise fut tel que les voitures, qui pouvaient normalement accueillir vingt-six passagers, partaient la plupart du temps surchargées à trente et même quarante personnes ; et la vitesse en rase campagne dépassait les 27 km. heure ! Hélas tout cela devait susciter de féroces jalousies, notamment celles des propriétaires de la route qui, pour bloquer les diligences à vapeur, répandirent sur leur trajet d'épaisses couches de pierres. Mais, à la stupéfaction générale, les voitures de SCOTT-RUSSEL passaient quand même là où les diligences à chevaux devaient s'arrêter ! Cependant, sous les cahots provoqués par ces pierres, il advint que la roue arrière d'une voiture à vapeur cédât, ce qui fit pencher le coach sur la paroi de la chaudière. Cet effort supplémentaire provoqua une terrible explosion qui pulvérisa l'arrière de la machine et tua cinq personnes. Premier accident mortel de l'histoire de la locomotion... Il eut lieu sur la route de Paisley, le 29 juillet 1834. Naturellement, l'exploitation de SCOTT-RUSSEL fut interdite.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Mer 14 Jan 2009 - 19:40

1834. " Era Il " ou " Erin " de Hancock (Grande-Bretagne)

AVEC ses grands prédécesseurs : Cugnot, Trevithick, Gurney et quelques autres, Walter HANCOCK fut un des plus grands pionniers de l'automobile à vapeur. Ses efforts, déployés avec une énergie extraordinaire, aboutirent à la première démonstration pratique de la locomotion routière. Ce fut lui, en effet, qui prouva le premier la rentabilité d'une, exploitation routière mécanique ; ce fut lui qui réussit à vaincre l'hostilité du grand public et même — dans une certaine mesure — celle des pouvoirs publics. Pas pour longtemps, hélas, car en Angleterre les intérêts des compagnies de diligences à chevaux étaient tout—puissants et bien protégés. Walter HANCOCK commença ses travaux en 1824, réalisant plusieurs voitures très originales : l'Infant, l'Era I, l'Enterprise, l'Autopsy. Enfin, pour alimenter en voitures les lignes de transport qu'il avait créées, Hancock construisit en 1834 l'Era II ou Erin, qui fut envoyée à Dublin, en Irlande, pour y accomplir plusieurs démonstrations. Revenue en Angleterre, cette machine fut présentée puis essayée devant un nombreux public à Reading, Malborough et Birmingham pendant l'été de 1835. En mai 1836, l'Era II fut mise en service avec l'Autopsy et une nouvelle voiture, l'Automaton, pour accomplir le trajet régulier Moorgate-Paddington. Le 20 septembre 1836, Walter HANCOCK achevait sa vingtième semaine d'exploitation de la ligne. Durant cette période, ses voitures avaient couvert 6.758 kilomètres et transporté 12.761 passagers pour 712 trajets aller et retour. Chaque véhicule avait roulé, en moyenne, près de six heures par jour. Le trajet durait une heure dix minutes, arrêts compris, et comportait environ 15 kilomètres. Hélas ce succès amena une fois de plus la réaction des pouvoirs publics, poussés par la puissante coalition " des agriculteurs, entrepreneurs de voitures, cochers, garçons d'écuries et vieilles dames de Cheltenham ", comme l'écrivait James Stone. Dès lors, HANCOCK fit comme tant d'autres : il renonça...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 17 Jan 2009 - 10:52

1835. Diligence à vapeur, de Macerone dite " de Dasda " (Grande-Bretagne)

L'orIGINE exacte de cette diligence n'a pu être établie avec certitude. La seule chose indubitable est qu'un audacieux aventurier en fut le propriétaire et qu'il l'a présentée comme étant son oeuvre. En 1835, un Israélite italien, DASDA, qui se faisait appeler " Chevalier D'ASDA ", amena à Paris une voiture à vapeur qui fonctionna avec succès en février de la même année. Elle accomplit plusieurs parcours le long, des grands boulevards, de la rue du Faubourg-du-Temple à la rue Royale, puis à la place de la Concorde. Ces performances furent rapportées au roi Louis-Philippe qui manifesta le désir d'assister à une de ces démonstrations. Un itinéraire fut préparé et quelque temps plus tard DASDA conduisit la diligence de la chaussée d'Antin à Neuilly, où se trouvait le monarque entouré de sa cour et d'un grand public. Arrivé là, DASDA fut présenté au Roi qui inspecta la machine de fond en comble, se fit expliquer le mécanisme, puis le colonel d'Houdetot monta à bord et parcourut à peu près 1.600 mètres sous les yeux admiratifs de la famille royale et de la foule. Enthousiasmé, le Roi félicita longuement DASDA et, pour le récompenser, lui fit présent d'une tabatière en or enrichie, à son titre. Il n'en fallait point davantage pour consacrer un succès. La supercherie était de taille ! Car il est prouvé que DASDA avait acheté deux diligences à vapeur au fameux MACERONE. Ces voitures furent amenées d'Angleterre en Belgique, où l'une d'elles fonctionna à Bruxelles, et tout porte à croire que la seconde était celle présentée à Paris. DASDA ne paya d'ailleurs jamais MACERONE, ce qui causa la ruine de ce dernier ; et, mieux encore, l'aventurier céda ses prétendus " droits " à une compagnie pour 16.000 livres sterling ! L'escroquerie était manifeste, mais DASDA ne fut jamais inquiété !... Il est curieux de noter que les places à l'air libre de l'impériale étaient accessibles... par des cordes à noeuds qui pendaient le long de la carrosserie. On peut s'imaginer la difficulté de ces ascensions ! Il est vrai que les voyageurs de l'époque n'étaient guère difficiles...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 17 Jan 2009 - 10:56

1843. Char-à-bancs à vapeur de Squire (Grande-Bretagne)

PERDU dans ses polémiques et se heurtant à des difficultés financières incessantes, MACERONE ne parvint pas à se relever de son dernier échec. Son associé John SQUIRE décida alors de poursuivre seul ses recherches et entreprit la construction d'une nouvelle machine qui porterait son nom. En 1843, l'engin était terminé et bientôt commencèrent des essais, qui furent couronnés de succès. Mais dès qu'il vit la diligence, le bouillant MACERONE cria à la contrefaçon et se remua comme un beau diable pour invoquer ses droits, lançant d'innombrables invectives à son ancien associé. Il était exact, en effet, que le char-à-bancs de SQUIRE avait de nombreux points communs avec la première voiture de MACERONE et SQUIRE de 1832 : même dispositif avant des sièges, même ligne générale ; enfin, et surtout, la chaudière était nettement inspirée des travaux de MACERONE. Cependant ce dernier n'eut pas gain de cause (cela devenait une habitude) et SQUIRE put continuer paisiblement ses essais. Si l'on comprend la réaction pleine de fougue de l'ex-colonel, on peut néanmoins supposer que SQUIRE se considérait comme le co-propriétaire de tous leurs travaux antérieurs, dont il était très difficile de départager les mérites respectifs. Il est plus raisonnable de croire que les violentes colères de MACERONE ne furent point dictées uniquement par l'amour-propre : à court d'argent, il entendait toucher ses droits d'auteur !... Quoi qu'il en Soit, SQUIRE parvint à faire patenter sa voiture par une altesse royale — le prince Albert, époux de la Reine Victoria —, mais il se heurta aux mêmes difficultés que Hancock pour utiliser son véhicule. Les taxes exagérément élevées, les embûches de l'administration et l'hostilité toujours grandissante des propriétaires de diligences hippomobiles rendaient impossible toute exploitation normale d'une ligne de diligence à vapeur. Découragé à son tour, SQUIRE abandonna la partie, bon dernier des chercheurs héroïques et tenaces. Après lui ce fut à nouveau, et pendant vingt ans, la nuit pour l'automobile.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 17 Jan 2009 - 11:05

1858. Tricycle à vapeur de Rickett dit " de Stafford " (Grande-Bretagne)

PERSÉCUTÉS en Angleterre et incompris en France, les pionniers de la locomotion routière mécanique rentrèrent dans l'ombre. De ce fait, l'automobile subit une éclipse qui dura de longues années. Pourtant, durant ce laps dé temps, quelques chercheurs, instruits des travaux des grands précurseurs, construisirent des mécaniques plus modernes, spécialement aux États-Unis et même en Angleterre, où cependant tout avait été fait pour tuer à jamais la locomotion routière mécanique. En 1854, l'Écossais Thomas RICKETT réalisa un tricycle à vapeur à deux places, qui marquait un renouveau dans la construction automobile la chaudière placée horizontalement occupait une place beaucoup plus importante que sur les véhicules de jadis. Cette disposition était nettement inspirée de la technique des locomotives et rétrécissait la place réservée aux passagers, supprimant du même coup une large part du confort, d'autant plus que tout système de suspension faisait défaut sur ce tricycle. On était loin des diligences à vapeur du début du siècle, construites avec des soucis d'élégance et même de légèreté !... Il faudra attendre des décades avant de voir les constructeurs " resonger " à suspendre leurs véhicules sur des ressorts !... En 1858, le marquis de Stafford demanda à RICKETT de lui construire une voiture biplace inspirée de son premier modèle : le mécanicien écossais la lui fournit quelques mois plus tard. Fonctionnant parfaitement, ce véhicule eut une certaine célébrité, si bien que RICKETT reçut commande d'une deuxième voiture similaire, achetée en 1860 par le comte de Caithness. Celui-ci effectua en compagnie de sa femme un très long voyage à bord de cette voiture, qui gravit de nombreuses pentes à fortes inclinaisons grâce à un dispositif à deux vitesses. Ce voyage fui le premier itinéraire de grand tourisme parcouru à bord d'une voiture. Cet exploit consacra la voiture, malgré son inconfort et le manque total de protection des passagers en cas d'intempéries.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Sam 17 Jan 2009 - 11:08

1859. Voiture à vapeur de Fischer (États-Unis)

LES travaux des Anglais n'étaient point méconnus aux États-Unis — du moins par certains physiciens et mécaniciens — mais rien de pratique n'en avait été tiré jusque-là. Cependant, en 1840, un New-Yorkais nommé HODGE avait transformé un véhicule à vapeur en pompe incendie, la première du genre. Elle comportait quelques intéressantes originalités : la machine servant à la traction actionnait la pompe lorsque le véhicule était au poste d'incendie et les roues soulevées de terre formaient volants, tandis que la pompe parvenait à lancer 2899 tonnes d'eau à l'heure. Malheureusement, le poids inusité de l'engin (2 tonnes) rendait ses déplacements difficiles et lents. À la suite de cette expérience, malgré tout concluante, les nouveaux constructeurs américains s'orientèrent tous vers cette " spécialité " : la pompe à incendie à vapeur. Aussi tous les véhicules à vapeur construits aux États-Unis, de 1840 à 1860, furent-ils des voitures-pompes. Un de ces réalisateurs de pompes à vapeur, FISCHER, fit construire par les usines Novelty de New York deux pompes automobiles suivant la tradition inaugurée par HODGE ; Puis, brusquement, il se détourna de ces engins spéciaux pour réaliser un véhicule très curieux. Tricycle à passagers, cette voiture, qui fut terminée en 1859, offrait quelques innovations originales. La direction était assurée par un jeu de tiges, permettant au pilote, pour la première fois, de s'asseoir assez loin en arrière. D'autre part, elle rompait avec les anciens systèmes à attaque de direction directe : réalisé de manière certes très rustique, le procédé nouveau fut cependant l'ancêtre des " directions " automobiles modernes. En outre, cette voiture fut la première à être " centrée " entre les roues, au point même d'offrir une certaine symétrie ! Très bien achevée et construite avec le souci de créer un style nouveau, elle aurait dû connaître un certain succès !... Hélas, le public américain d'alors s'intéressait peu, sinon pas du tout, à ce genre de nouveauté.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Ven 23 Jan 2009 - 18:29

1862. Locomotive routière de Fowler (Grande-Bretagne)

SI les progrès de l'automobile avaient été entravés de tant de façons en Angleterre, ceux de la locomotive sur rail avaient été, eux, grandement favorisés. Les ingénieurs britanniques avaient mis au point des modèles de locomotives qui, au milieu du XIXe siècle, atteignaient déjà à une certaine perfection... Aussi des constructeurs eurent-ils l'idée d'adapter tout simplement à la route les machines qui, sur rails, donnaient d'excellents résultats. À l'occasion de l'Exposition de Londres de 1862, plusieurs constructeurs présentèrent des types de locomotives routières remarquablement bien conçues et à ce point parfaites que des machines du même type sont toujours en usage de nos jours, presque sans aucune modification. L'idée première de ces constructeurs était d'utiliser ces machines pour tirer des wagons-diligences sur les routes mais, sans doute pour ne pas recommencer les amères expériences de Scott-Russel et Hancock, ils se tournèrent vers un domaine jusqu'alors inexploité par la mécanique à vapeur : l'agriculture. Sous l'impulsion de FOWLER, ils adaptèrent ces véhicules au battage du blé et au grand labourage, grâce à un câble et un treuil de retour. Pour le battage, l'axe du volant du mécanisme était muni d'une poulie tandis que, pour le labourage, un treuil était disposé sous la chaudière. FOWLER, promoteur de ce système, avait conçu et réalisé sa machine avec un talent et une prescience remarquables. Lente mais forte, d'un entretien facile, cette machine, qui pesait de 9 à 10 tonnes, eut un succès immédiat et les commandes vinrent très nombreuses. Mais les vieilles haines n'étaient pas encore éteintes, le progrès effrayait beaucoup de gens et menaçait trop d'intérêts ; il ne fallut guère attendre pour qu'une loi fût votée !... En 1865, le Red Flag Act (loi du drapeau rouge) limitait la vitesse de ces engins à 2 milles en ville, 4 milles sur route et obligeait un piéton à les précéder en agitant un drapeau rouge ! Pourtant les locomotives routières, lentes de nature, ne souffrirent pas trop de cette brimade.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Ven 23 Jan 2009 - 18:35

1863. Automobile à pétrole de Lenoir (France)

QUOIQUE né en Belgique, à Mussy-la-Ville, le 12 janvier 1822 Étienne LENOIR devint Français suite aux services qu'il rendit à la France pendant le siège de Paris en 1870. Cependant, il était toujours Belge lorsqu'il créa son célèbre moteur à gaz, si bien que la Belgique peut s'enorgueillir de ce fils au même titre que la France. D'origine modeste, humble ouvrier devenu inventeur fécond, LENOIR acquit la notoriété en 1858 lorsqu'il mit au point son moteur à gaz d'éclairage. Ce fut une découverte sans précédent qui ouvrait de larges horizons à l'automobile, laquelle allait, grâce à ce procédé, connaître une extension considérable. Mais LENOIR, en parfait chercheur, ne s'estimait point satisfait pour autant et, déjà, il prévoyait d'utiliser d'autres sources d'énergies tel que le gaz bicarburé, l'hydrogène carburé liquide, le gaz sulfureux et, enfin, le pétrole. Pour expérimenter son invention, LENOIR décida de construire en 1860 une voiture pouvant transporter plusieurs personnes. Cette voiture était un grand break à banquettes transversales et latérales qui rompait carrément avec les types de véhicules construits jusqu'alors. Le conducteur, placé à l'avant, disposait d'un frein à main sur le côté et était assis sur un siège enfermant une bâche contenant l'eau pour le refroidissement du moteur. Ce dernier, placé en dessous et à l'arrière de la voiture, était doté d'un carburateur inventé également par LENOIR et fonctionnait au gaz de pétrole. La voiture fut expérimentée en septembre 1863. LENOIR effectua le " voyage " Paris-Joinville-le-Pont (trajet de 18 kilomètres) en une heure et demie et autant pour revenir. Au dire même de l'inventeur, la voiture était lourde et le moteur trop faible (il donnait à peine 1,5 cheval). De plus la consommation de pétrole et d'eau fut considérable : résultats qui déçurent LENOIR. Pourtant un grand pas venait d'être franchi. Douze ans avant Marcus et vingt-deux ans avant Daimler et Benz, le moteur à explosion devenait une réalité. Un nouveau chapitre de l'histoire de l'automobile s'ouvrait.

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

Message par Ben le Ven 23 Jan 2009 - 19:49

1866. Locomotive routière de Lotz " La France " (France)

RESTÉE passive durant des décades, lorsque l'Angleterre produisait voitures sur voitures, la France allait brusquement se réveiller de sa léthargie, combler son retard avec une foudroyante rapidité, puis se porter à la pointe du progrès et devenir le véritable berceau de l'automobile moderne. En dehors de Lenoir, dont les travaux ne connurent pas la grande diffusion, c'est au Français LOTZ, de Nantes, que revint le mérite de susciter cette nouvelle impulsion. Il réalisa en 1860 une première locomotive routière à vapeur, L'Éclair, qui effectua plusieurs trajets entre Nantes, et Niort et Nantes et Clisson. Encouragé par ce succès, LOTZ construisit en 1865 une voiture de tourisme à trois roues, inspirée de celle de l'Anglais Rickett. Mais, surtout préoccupé par le problème du transport routier, il revint à la locomotive routière la même année, avec une machine de 6 tonnes qui roulait à une vitesse de 8 à 12 km/h. En 1866, une nouvelle routière fut construite qui couvrit le trajet Nantes-Paris en huit jours, en remorquant 3 fourgons chargés. Cependant, les inconvénients de la chaudière tubulaire horizontale incitèrent LOTZ à mettre en chantier, en 1866, une voiture à vapeur à chaudière verticale, qu'il baptisa La France. Trois pignons de différents diamètres pouvaient s'engrener avec trois roues folles sur un arbre intermédiaire assurant trois vitesses. originalité une des roues motrices pouvait être rendue libre pour faciliter les virages ! Essayée avec succès la même année, La France tira près de 30.000 kilos outre son poids de 9.500 kilos, sur un trajet de 50 kilomètres 600 à la vitesse de 7.320 km/h. Cette machine, qui comportait un habitacle pour passagers abrité sous une tente (première tentative de carrosserie originale au XIXe siècle), fut commandée en plusieurs exemplaires qui assurèrent des services réguliers entre Marseille et Aix-en-Provence et entre oran et la Senia, en Algérie. Le mouvement était donné ; la France tout entière s'intéressait aux véhicules automobiles...

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Re: L'HISTOIRE DE L'AUTOMOBILE (des origines à 1900) de 1 à 60

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