HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Ven 2 Jan 2009 - 20:42

Greenspan : Le Virenque du capitalisme Question


Eco…nnerie lue ou entendue

Lisons quelques déclarations d’Alan Greenspan, citées par « les cordons de la bourse » . Il reconnaît qu’il ne faut pas toujours faire confiance à son banquier : [b]« Ceux d’entre nous qui comptaient sur l’intérêt des établissements de crédit pour protéger les actionnaires (en particulier moi-même) sont dans un état de choc et d’incrédulité ».
Celui dont les qualités ont été tant vantées doit faire preuve d’humilité :« La crise a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j’avais imaginé ».

:santa: - lol!


Mais le bon Alan ne va pas jusqu’à plaider coupable, tel Virenque qui se dopait à l’insu de son plein gré, on lui aurait menti. « J’ai trouvé une faille dans l’idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m’a plongé dans un grand désarroi.”. Autrement dit, il vient de découvrir que le capitalisme n’est pas un modèle parfait, il aurait besoin de régulation. L’ex vénéré patron de la FED et toujours vénérable ( Question )vient d’inventer l’eau tiède. Ce n’est guère rassurant…

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Sam 3 Jan 2009 - 17:36

Blague 7 Et la lumière jaillira Exclamation …. ou ne jaillira pas.


Blagues commentées



« Combien faut-il d’économistes de Chicago [fief de l’école libérale américaine, dont viennent Milton Friedman et Robert Lucas entre autres] pour changer une ampoule Question
Aucun, si elle doit être changée, le marché s’en chargera. »


Commençons cette nouvelle série de blagues consacrée à la critique des courants économiques par le premier d’entre eux , en tout cas, le premier historiquement de ceux qui ont encore de l’influence de nos jours : le courant libéral ; pour dire les choses autrement, on n’évoquera ni les mercantilistes, ni les physiocrates.



Les libéraux croient aux vertus indépassables du marché. Ils croient (1) à l’autorégulation. Si un problème apparaît la solution sera trouvée par le marché. S’il y a trop de pommes (on dit que l’offre de pommes est supérieure à la demande), il suffit de faire baisser le prix des pommes, ainsi la demandera augmentera et on retrouvera l’équilibre, grâce au marché, grâce à la flexibilité des prix. C’est une confiance quasi aveugle dans le marché, puisque si une ampoule est grillée… le marché la remplacera. C’est en fait une façon de dire que les libéraux ne veulent aucune intervention de type étatique . Il faut faire confiance aux acteurs économiques qui voyant une perspective de profit s’en chargeront moyennant finances. On retrouve en fait la même idée chez Smith au XVIII ème siècle (considéré comme le fondateur de ce courant) lorsqu’il parle de la main invisible ; chacun est poussé comme par une main invisible à rechercher son intérêt personnel. Il ne prétend pas s’occuper de l’intérêt général, mais en agissant ainsi, l’économie et la société s’en porteront mieux.



La théorie libérale éclipsée par les succès de la théorie keynésienne (voir blague suivante) de l’après-guerre à la fin des années 70 est revenue en force dans les années 80 devant les limites de l’intervention de l’Etat (déficits, montée du chômage et de la pauvreté). Petit à petit, les faiseurs d’opinion, les décideurs ont cru que le libéralisme permettrait de retrouver la croissance et la prospérité. Au fil des années ceux qui critiquaient l’autorégulation des marchés apparaissaient au minimum, comme des archaïques. A l’évidence, une ampoule grillée brillerait bientôt à nouveau grâce à la célérité, l’efficacité du marché. Des entreprises voulaient délocaliser ? D’autres souhaitaient licencier Question On s’était habitués à invoquer la dure loi du marché, sachant qu’en principe selon les libéraux l’intérêt général devrait au total augmenter.



Depuis quelques mois, ce bel optimisme a été douché par la crise financière qui se transforme en crise économique. Le marché qui est censé tout résoudre, a plongé nos économies dans des difficultés qu’on n’a pas connues depuis des décennies. Le marché ne brille plus de mille feux, et même ses plus enthousiastes défenseurs craignent que nos économies ne soient durablement dans le noir. Comme par enchantement, on se souvient que l’Etat électricien peut rétablir le courant et redonner de l’espoir et de…. la lumière. En clair, qu’il mette de l’argent dans l’économie pour la redynamiser et quand la croissance sera revenue, il ne manquera pas d’experts pour nous dire que son intervention n’est pas nécessaire et que le marché qui fait tout bien, se chargera aussi de remplacer les ampoules.



(1) la répétition du verbe croire n’est pas une maladresse, mais témoigne de la volonté de montrer que nous sommes dans le registre de la croyance, pour ne pas dire de la religion économique.


Dernière édition par Said B le Lun 27 Avr 2009 - 8:27, édité 1 fois

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Ven 9 Jan 2009 - 21:05

Subprimes

--------------------------------------------------------------------------------

Pour ceux qui n'ont toujours rien compris, une petite BD qui explique tout :

Cliquer ici Arrow http://picasaweb.google.com/rue89.com/Babasubprime?pli=1#slideshow

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 8:11

Catégories : Un feuilleton économique

Episode 1 : L’économie, une science molle ?

Chap 1

A QUOI CA SERT L’ECONOMIE ?

Sonnerie de 8 h 55. Salle des professeurs.
- « En forme Bastien ?
- Comme un lundi.
- Tu as trop fait la fête.
- Non, j’ai simplement conversé avec des fantômes cette nuit.
- Quoi de plus…
- Surnaturel ! Lâche-moi un peu Patrick.
- Un conseil en tout cas, évite de brûler le feu rouge près du lycée.
- J’ai simplement confondu l’orange et le rouge. Au fait, mon cours de seconde est bien dans la chemise orange. C’est pas vrai, j’ai pris la rouge, celle de la séance de terminale. Déjà qu’avec mon prompteur de pauvre (le cours) je peine le lundi, je vais carrément ramer. Il va falloir ruser et gagner du temps.


9 h 00. Début du cours.
Après un minutieux et donc, long appel, il faut se lancer.

- « Avez-vous des questions sur l’actualité ?
- ……..
- Allons, on se concentre. Je répète : y a-t-il des questions ?

Je m’en doutais. Ils dorment, ils s’en foutent, ils ne feront rien pour m’aider. En anglais, Julie les brancherait sur des « gossips », des potins, mais nous, on se prend pour des gens sérieux. Tant pis, revenons aux définitions de la population active, aux différents calculs qui en découlent.

- Tout le monde a bien compris l’intérêt de ces calculs ?
- Eh ben, à quoi ça sert Monsieur ?
- Vous voulez dire Rachid, ces calculs ?
- Non, l’économie.
- Mon père, il dit à remplir les formulaires de l’A.N.P.E.
- Ah pas ce genre d’humour Kévin, surtout un lundi ! Revenons à la question de Rachid. Précisez votre pensée.
- Le prenez pas mal, Monsieur. Ca fait plus d’un mois qu’on a commencé cette nouvelle matière, et je n’ai pas su bien expliquer à quoi ça sert, quand mon père m’a posé la question.

Purée, je voulais m’éloigner de ce cours oublié, mais là, on attaque fort. C’est une question essentielle.

- Disons que cette matière doit vous aider à mieux comprendre, à décrypter l’économie et la société dans lesquelles nous vivons. On s’appuie sur diverses sciences comme l’économie…
- Le prof de Maths, il a dit que ce n’était pas une science.


Intervention perfide de Solène, une petite peste, comme par hasard fille d’un collègue de physique.

- Vous êtes sûre qu’il a dit ça ?
- Monsieur, il faut pas vous laisser faire. Il faut lui demander des comptes, on peut venir avec vous à la récréation.
- Du calme Mustapha !
- En fait, il a dit ce n’est pas une science exacte.
- Votre précision est importante Solène, et elle devrait nous éviter un pugilat dans la salle des profs.
- Et pourquoi pas ? il nous a donné un devoir vachement difficile l’autre jour.
- J’ai dit du calme ! Revenons à ce qui nous intéresse. On oppose les sciences exactes (ex. la physique, la chimie) aux sciences humaines (ex. l’histoire). Les premières concernent des phénomènes a priori naturels qu’on peut souvent étudier en laboratoire. J’associe les produits A et B et j’en retire le produit C. Je refais autant de fois l’expérience qu’il le faut en neutralisant les facteurs extérieurs, et j’en tire une loi. Les sciences humaines, elles, étudient les hommes, les femmes, leurs comportements. Les facteurs explicatifs sont très nombreux. Impossible de les mettre sérieusement en équations. Au mieux, on dira, voilà ce qui dans cet ensemble d’éléments me paraît le mieux expliquer le phénomène étudié. Conclusion : dans une science exacte au même moment on aura à peu près la même vérité, le même discours, sauf de la part des incompétents, mais aussi des chercheurs plus brillants qui font progresser leur science. La vérité des sciences exactes est donc bien plus relative qu’on ne veut bien le dire. Dans les sciences humaines, au même moment des gens reconnus par la communauté scientifique pourront tenir des discours diamétralement opposés.
- Même en éco ?
- Oui.
- C’est embêtant.
- Moi, je dirais plutôt que c’est ce qui fait le charme de l’économie. Par exemple, pour lutter contre le chômage, certains avanceront qu’il faut alléger le coût du travail, et d’autres diront qu’il faut améliorer le pouvoir d’achat des salariés.
- Qui a raison ?
- Je ne peux répondre ainsi à la question. Il faut comprendre la logique, la cohérence de ces propositions, les remettre dans leur contexte historique. Autrement dit, faisons la différence entre l’économie, c’est-à-dire ce qu’on peut vivre quotidiennement et l’Economie, la discipline, qui aide à comprendre les rouages de l’économie capitaliste. Elle doit dire voilà, ce qui s’est passé, elle a plus de mal à dire voilà ce qui va se passer. Mais elle doit aider l’homme politique à faire les bons choix économiques, et le citoyen à choisir ceux qui semblent capables de faire ces bons choix économiques.
- Donc l’économie, comme dit mon père, est une science molle.
- C’est vrai Solène que certains opposent sciences dures (ou exactes) aux molles (ou humaines). Personnellement, n’étant pas un universitaire d’économie, je m’amuse de ce classement qui se veut blessant. Ce qui compte, c’est que la démarche adoptée dans une discipline soit la plus scientifique possible. C’est le cas de l’économie et de la sociologie, même si leurs travaux débouchent fréquemment sur des conclusions nuancées et donc décevantes pour les médias et les citoyens qui aimeraient avoir des certitudes. Encore une fois, l’être humain, et je m’en félicite, n’est pas près d’être mis en équations. Mais pas de doute, l’économie est bien plus proche de l’astronomie que de l’astrologie.
- Ouais, mais moi ça me plairait pas de me faire traiter de science molle.
- Nous sommes d’accord avec vous Jordan.


« Présentation de la journée accablante.
Blague 1 L’économiste et les moutons »


Dernière édition par Said B le Jeu 15 Jan 2009 - 9:34, édité 2 fois

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 8:29

Présentation de la journée accablante


Prologue

- « Monsieur, quelqu’un frappe à la porte.
- C’est agaçant d’être interrompu, surtout à coup sûr pour un motif futile, pensa Bastien. Il dit : « entrez ! »
- Nous voudrions parler à Bastien Etchandy, c’est bien vous ?
- Oui, mais qui êtes‑vous ? Il me semble vous connaître, en tout cas, vous, le barbu.
- Je suis Karl Marx, et voici Adam Smith.
- C’est une blague, un poisson d’avril en automne !
- Pas du tout, nous sommes très mécontents de la façon dont vous présentez nos théories, et nous sommes venus vous donner une leçon. Nous allons vous remettre les idées en place, nous avons une méthode infaillible. »

Il ne leur fallut que quelques secondes pour ouvrir la fenêtre, et suspendre par les pieds ce pauvre professeur dont les efforts de vulgarisation ne leur convenaient pas.

- Aidez‑moi les élèves, au secours !

Le délégué devenu prudent depuis le dernier conseil de classe, quand il s’agissait de s’adresser à des adultes, résuma le sentiment général en se contentant de répondre :

- Mais Monsieur, vous nous dîtes qu’il faut rester neutre en économie.
- Ça suffit ! Lâchez moi !
- Tu plaisantes, je suppose ?
- N’hésitez pas, lâchez le ! dit avec fermeté un nouvel arrivant. Son ton contrastait avec son délicieux accent anglais, et son flegme tout britannique.
- Qui c’est celui‑la encore ? Que me veut‑il ?
- Je suis John Maynard Keynes.
- Mais, Monsieur Keynes, j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour vous, et j’insiste sur l’importance de vos travaux.
- Pas de flagornerie, pas de sentimentalisme, trancha net Karl Marx.
- Lâchez‑moi !
- Tu insistes petit ?
- Mais ce n’est pas possible. Vous n’appartenez pas aux mêmes siècles, et puis vos théories sont contradictoires.
- Certes, mais nous sommes lassés de ces vulgarisations qui caricaturent la richesse, la profondeur de nos oeuvres, dit J.M. Keynes.
- Tout à fait, enchaîna Smith. Nous ne supportons plus que de petits prétentieux de ton espèce nous attribuent, selon leur bon vouloir, des bons, et surtout de mauvais points.

Les deux britanniques se tournèrent vers Marx.

- Que faisons-nous ?
- Je suis pour un châtiment, disons… capital. Le verdict tomba, tout comme Bastien.
- Je vais me tuer en tombant de 6 mètres, non 7 mètres, 7, 7… 7… . Il est 7 heures le journal de France Inter.
- Quel affreux cauchemar ! Décidément, je dors mal dans la nuit de Dimanche à Lundi. Déjà la semaine dernière, avant de me réveiller en sursaut, j’étais poursuivi par Friedman qui me reprochait de mal présenter le courant libéral et l’importance de la lutte contre l’inflation, et la semaine précédente, c’était Malthus qui voulait m’étriper au prétexte que je brocardais les positions rigoristes du pasteur qu’il était.

Déjà 7 h 15. Une bonne douche puis un rasage pour être présentable. Ce sera aussi l’occasion de faire le point sur cette dure journée qui s’annonce. Et quelle journée ! 6 heures de cours un Lundi, c’est déraisonnable. Je ne vais pas tout de même, à 28 ans, sacrifier tout mon week-end, pour peaufiner des cours destinés à des élèves encore moins en forme que moi. N’empêche que sur la monnaie et l’inflation en Première, si j’ai des questions trop techniques, je risque d’être en difficulté. C’est pas grave, j’éluderai, Je dirai que la question est intéressante mais que je ne peux, en début de Première, y répondre complètement car cela nous conduirait dans des développements trop longs, trop ardus. Un Lundi, ce genre d’argument est très dissuasif. Par contre, cet après-midi sur le chômage, ça devrait rouler. C’est un de mes dadas. Je pourrai briller et leur montrer l’intérêt des Sciences Economiques et Sociales. Les S.E.S. aident à mieux comprendre la société et l’économie dans lesquelles nous vivons. Elles contribuent également à former le citoyen, c’est sûrement pour cela qu’elles agacent les Ministres de l’Education Nationale. Notre discours est jugé trop critique. Il me tarde vraiment de faire ce cours, je ne crains rien sauf peut-être… le cassoulet de Maman.

C’est pas vrai, j’avais oublié que chaque Lundi, je mange chez mes parents. Ma mère croit que loin de chez elle je dépéris. Il est vrai dit-elle, que les filles qu’on côtoie aujourd’hui, ont remplacé la casserole par l’ouvre-boîte et les bonnes sauces par des plats surgelés « light ». Résultat, le Lundi c’est saucisse lentilles, couscous ou ragoût de mouton avec bien sûr des pommes de terre. Difficile dans ces conditions de rendre vivant un cours. En pensant aux cuisinières du troisième millénaire, je ne suis pas content de Julie, ma prof d’anglais préférée. On peut dire qu’on est proches et même très proches, mais aussi modernes. Je trouve normal qu’elle soit allée avec sa collègue Cécile à Paris, passer le week-end chez une autre copine. Mais elle exagère, elle aurait pu me téléphoner, même en rentrant tard. Je suis pourtant beau joueur. En cours, quand on aborde le statut de la femme, je me félicite de son évolution positive, de l’émancipation féminine. J’émaille même mes propos de termes anglais. Et comme récompense ? Pas un coup de fil et du surgelé tout le week-end… ce qui ne surprendrait pas ma mère. Ne baissons pas les bras, il faut que je nous organise une petite soirée sympa: Je ferai les courses à 17 h, non 17 h 30. Je reçois Mme Bourdon, qui… bien entendu n’a pas le moral à cause de son fils.

Quelle journée ! Heureusement que je commence par un cours de Seconde sur la population active, les taux d’activité par sexe et par âge etc… Autant de questions passionnantes qui vous endorment une classe pas vraiment réveillée. Ca me permettra d’arriver sans encombre au café de 10 heures et de voir Julie pour lui parler de notre soirée »
[/i

[i]Episode 1 : L’économie, une science molle ? »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 8:38

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 2 : L’économiste : un bon médecin ?

- Vous pouvez préciser la relation entre les hommes politiques et les économistes ?

Je connais l’auteur de la question. Il se soucie peu de la réponse, mais il a compris que le prof a envie de parler. Il se dit alors, faisons le parler, le cours passera plus vite et ça fera ça de moins à réviser. Tu crois me berner, mais tu ne me pièges pas. C’est moi qui ai envie de gagner du temps. Et puis, si tu continues à afficher ce petit sourire satisfait, attention à l’interro surprise.

- - La question ne manque pas d’intérêt. Elle peut nous permettre de tordre le cou a deux idées reçues : ce ne sont pas les économistes qui font la politique économique, et ce ne sont pas les hommes politiques qui font l’économie, vous me suivez ?

- - Pas beaucoup.

- - Et moi, ajouta Sandra, c’est entre vraiment pas beaucoup et pas du tout.

- - Revenons au premier point. On prend souvent l’image suivante. On dit l’économie est malade, il faut donc la soigner et avant…

- - faire le diagnostic.

- - Oui, mais cette image peut nous induire en erreur. En effet, quand un individu est malade, il va chez un médecin qui fait le diagnostic et propose une ordonnance et donc un traitement que va suivre le patient. Ce n’est que s’il est inefficace ou qu’il a des effets secondaires qu’on demandera à revoir l’ordonnance. En revanche, quand une économie est malade, ce sont les économistes qui recherchent les causes des difficultés et avancent des remèdes possibles, mais ce sont les hommes politiques qui vont arrêter le traitement sachant qu’il faudra compter avec un corps social très réticent surtout, si le traitement implique des purges (impôts etc … ). Ce corps social ou une partie peut se mobiliser (ex. grandes grèves de 1995) et demander l’abandon de ce traitement, et menacer, ou carrément changer de « docteur » grâce aux élections qui peuvent faire tomber des gouvernements.

- - Alors, c’est moins bien que si les économistes étaient de vrais docteurs?

- - Il est vrai qu’on touche là, à une limite de la démocratie. On peut craindre que des gouvernements n’osent plus réformer, de peur d’être sanctionnés par les électeurs, mais ce ne serait pas mieux de n’avoir que des techniciens de l’économie pour arrêter la politique économique.

- - Pourquoi, je ne comprends pas ?

- - D’abord parce que l’économie n’est pas…

- - Une science exacte !

- - Merci Solène ! Donc les experts économiques peuvent se tromper, et il est plus sain que le peuple, grâce aux élections, choisisse ceux qui essaieront de faire les bons choix économiques. D’autre part, les économistes peuvent proposer des solutions techniquement valables sur le papier, mais inapplicables du fait des résistances sociales, des tensions au sein des majorités de gouvernement, voire entre différents pays amis etc… Enfin, leurs solutions, qualifiées simplement pudiquement de techniques, ont souvent des implications sociales importantes et peuvent induire des choix de société fondamentaux.

- Des exemples Monsieur, s’il vous plaît.

- - Je peux dire, pour relancer l’emploi on va réduire les impôts.

- - Ah ça c’est bien..

- Soit, Alexandre, mais si on réduit les recettes de l’Etat, on va réduire les dépenses. Faut-il moins de juges ? De policiers ? Diminuer le RMI ?

- - Il faut pas baisser les impôts alors. Mon père, il dit que les fonctionnaires disent toujours ça.

- - Alexandre, j’ai simplement dit que baisser les impôts n’était pas une mesure anodine. Cela aurait des implications sociales et politiques fortes. La preuve, la Gauche et la Droite ont beaucoup de mal depuis plus de 20 ans à réduire les prélèvements que nous payons. Autre exemple, que je n’ai pas ici le temps de développer : le financement des retraites. Les choix apparemment techniques qu’on décide, nous font ou pas, glisser vers un modèle anglo-saxon qui a, bien sûr Alexandre, ses qualités mais aussi ses défauts.

- - Donc, ils sont pas très utiles les économistes.

- - Séverine ! si j’essaie de nuancer mon propos, ce n’est pas pour arriver à une conclusion si caricaturale. Ils sont utiles puisqu’ils évitent, en principe, de faire de gros contresens économiques, de grosses bêtises dans les politiques économiques menées. Ils sont également utiles puisqu’ils nous aident à comprendre ce qui s’est passé. Ceci dit, ils se trompent régulièrement, donc ne leur déléguons pas nos pouvoirs. Le citoyen doit être informé, et dans une démocratie représentative, désigner les hommes politiques qui se chargeront, entre autres, des dossiers économiques.



« Blague 3 La prévision du passé.
Episode 3 : On ne peut pas faire l’économie des hommes politiques »


Dernière édition par Said B le Jeu 15 Jan 2009 - 9:35, édité 1 fois

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 8:49

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 3 : On ne peut pas faire l’économie des hommes politiques

- D’accord, mais vous nous avez dit qu’ils (les hommes politiques) ne font pas l’économie.

- Je veux surtout réagir contre ceux qui affirment que le gouvernement a fait 3 % d’inflation ou contre le Maire qui affirme avoir créé 2000 emplois. Leur rôle est loin d’être nul. Leurs décisions contribuent à créer ou non un contexte favorable, mais l’économie réelle est le résultat de multiples microdécisions (consommateurs, entreprises, partenaires étrangers etc … ) qui ne se soumettent pas miraculeusement à la volonté du politique. Or, celui-ci met en avant sans vergogne son bilan économique (positif) personnel, mais imputera toujours aux centres éloignés de décision (Paris,Bruxelles, Wall Street, marchés financiers) ou carrément à l’étranger (ennemi de la Nation ?) les difficultés économiques.

- - Ce sont tous des menteurs !

- - Je ne peux pas laisser dire ça. C’est vrai qu’il y a un décalage entre le discours économique des hommes politiques, et les politiques économiques menées effectivement. De multiples contraintes font que politiques de gauche et de droite sont moins éloignées que ne le laissent entendre les campagnes électorales. La droite qui critique l’excès d’Etat a, avec Balladur, Juppé, Raffarin ou encore de Villepin et Fillon, dû cautionner de gros déficits budgétaires. La gauche a adopté une politique de rigueur dans les années 80 alors qu’elle combattait la politique d’austérité de Barre. En matière de privatisation (partielle souvent), le gouvernement Jospin a-t-il mené une politique très différente des gouvernements de Droite ?

- - Tous dans le même sac !

- - Attention ! Vous réagissez comme ceux qui ont été séduits par les discours démagogiques d’extrême gauche et surtout d’extrême droite. Les politiques se sont rapprochées, mais objectivement, il y a de réelles différences entre ceux qui font surtout confiance au marché, et ceux qui croient encore aux vertus de la régulation de l’Etat pour résoudre les difficultés économiques.

- Pas tous pourris alors, Monsieur ?

- Non. L’anti-parlementarisme primaire sert les démagogues, pas la Démocratie. Critiquons les hommes politiques, mais rappelons nous aussi, qu’on a la classe politique qu’on mérite. Plus le citoyen sera informé, plus il aidera l’homme politique à se transcender.

- - Plus il fera d’économie, c’est ce que vous voulez dire ?

- - Disons simplement que ça ne peut pas faire de mal.

- - Moi ce qui me gêne, c’est que quand j’entends un homme politique parler, par exemple d’économie, je trouve qu’il a raison, puis un deuxième parle et…

- - Il a encore raison. Bonne remarque Julia. Qu’en pensez-vous les autres ?

- - M’en parlez pas, c’est la prise de tête.

- - En réalité, Julia pose le problème de l’objectivité. Un prof peut honnêtement éclairer les différents points de vue sur une même question (et encore, ce n’est pas toujours facile quand on ne croit pas du tout à une interprétation), mais si vous lui demandez que pensez-vous sur ce sujet, il ne pourra être totalement objectif. Etre objectif consiste ici à assumer sa subjectivité. Une analyse repose sur des postulats fondamentaux (suis je marxiste ? ai-je une grande confiance dans le marché ? etc … ) sur des hypothèses clés. Ce constat ne doit pas décourager le citoyen. Il doit, au contraire, le mettre en garde, contre les discours bien lisses, contre des propositions techniques qui ne sont jamais neutres socialement. On ne doit pas attendre de l’économie un discours unique, mais différents éclairages à partir desquels on doit essayer de deviner quelles seront les conséquences, souvent à moyen / long terme, des décisions prises, espérons le, en connaissance de cause. Puisque ça sonne, je vous laisse partir.

- - Monsieur, c’était dur ce cours.

- - J’en avais conscience quand je l’ai préparé.

On peut s’autoriser de petits mensonges quand ils servent de grandes causes.

- - Retenez que la science économique est utile aux hommes politiques et qu’il faudrait qu’elle devienne plus utile aux citoyens. Compris ?

- - En fait, il faut retenir que l’économie ça sert.

- - Tout à fait, c’est le message non subliminal que j’ai voulu faire passer.

J’ai droit à un peu d’autosatisfaction, je me suis bien sorti de cette impro. Finalement, cette journée s’annonce bien mieux que je l’imaginais. Une heure de cours et déjà la possibilité de faire une pause. Pas d’hésitation, je descends en salle des profs, histoire de faire avancer mes projets.



Ce qu’on peut retenir du chapitre 1 (et donc de ses 3 épisodes):



L’économie est bien une science rigoureuse, mais une science humaine, pas une science exacte.

Les avis des économistes sont utiles, mais pas incontestables. Il est donc sain que dans une démocratie, ce soient les hommes et femmes politiques choisis par les citoyens qui déterminent les politiques économiques qui ont toujours des conséquences sociales.

Encore faut-il que les citoyens soient suffisamment informés et par exemple, qu’ils aient un minimum de “culture” économique.

Enfin, on commence à deviner que la journée de Bastien sera bien plus compliquée qu’il ne l’espérait.



« Episode 2 : L’économiste : un bon médecin ? Pour lutter contre l’obésité, il faut augmenter le… poids de certaines dépenses alimentaires »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 9:13

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 4 : La monnaie : un simple instrument ?

Chap 2

10h 00 Cours de Première :

DE LA MONNAIE A LA LUTTE CONTRE L’INFLATION

(1ére partie)

-« Installez-vous ! »
Bien entendu pas de Julie dans la salle des profs. J’ai dû me contenter de Céline qui visiblement, est enchantée de son week-end à Paris. En plus, j’ai ce goût amer de café dans la bouche. Je l’aime bien sucré, mais en parlant je me suis trompé de touche au distributeur.
-« Dépêchez-vous ! »
Et puis qu’est-ce que c’est cette histoire de samedi soir avec des parisiens très charmants ? Il faudra que je tire ça au clair avec la Miss, si du moins elle cesse de jouer l’arlésienne.
-« J’ai dit silence ! On commence.
Nous abordons aujourd’hui un chapitre difficile, technique mais indispensable pour comprendre le fonctionnement d’une économie capitaliste, mais aussi pour comprendre les grandes orientations de la politique économique depuis le début des années 80.


I) La monnaie : fonctions, formes et création.

Avant d’entrer dans des considérations techniques, demandons nous :

1) Pourquoi s’intéresser à la monnaie ?

–Parce que nous sommes dans des économies monétaires et plus dans des économies de troc.
–C’est bien Jérôme ! En effet, les sociétés traditionnelles appelées autrefois sans ménagement sociétés primitives ou archaïques, étaient des économies de subsistance. On produisait pour subvenir à des besoins essentiels. Inutile de produire davantage quand ces besoins étaient satisfaits. Le troc (échange de marchandise contre de la marchandise) permettait d’obtenir sans conflit ce qu’on ne possédait pas. Les économies capitalistes, appelées aussi économies de marché, sont des économies de production et des économies monétaires. On produit pour obtenir de la monnaie qui permettra de satisfaire des essentiels ou vitaux, mais aussi des besoins secondaires (loisirs, luxe etc…).
-N’avez-vous pas vu en anglais à travers un texte, un exemple d’affrontement entre ces deux types de sociétés ?
-Ah oui, le texte sur la reine d’Angleterre ?
-Une organisation archaïque, et vous pensez à la royauté, je vous comprends Elodie, mais ce n’est pas la réponse que j’attendais. Pensez à un animal …
-Le bison, s’exclama Cristelle ;
Exact ! Vous pouvez préciser ?
-Le bison était capital pour les indiens qui cessaient de le chasser lorsque leur besoin en viande, peaux etc…était assuré. Les colons eux, ont vu dans cet animal une source de profits qu’il fallait exploiter quitte à l‘exterminer.
-Bien, je continue. Autrement dit, le conflit entre la société indienne (traditionnelle) et l’économie de production dans laquelle la recherche du profit, de l’argent (donc de la monnaie) est primordiale, était quasiment inévitable.
-Cet exemple Monsieur, ne donne pas une très belle image du capitalisme…
-Et de la colonisation. Vous avez sûrement raison, mais on ne creusera pas cette question aujourd’hui, et revenons plutôt à la monnaie qui est un rouage clé de l’économie capitaliste.


2) Les fonctions de la monnaie.

- Pour aborder ces fonctions, je souhaitais vous distribuer un document mais la photocopieuse tombée en panne il y a 5 jours, n’a toujours pas été réparée. Je vais donc vous raconter une petite histoire qui nous permettra de voir les 3 fonctions essentielles de la monnaie. Il s’agit d’un texte de L. Baudin de 1947.
Qui a dit, on est mal barrés ? Vous peut-être Arnaud ?
- Je ne me le serais pas permis, dit d’un ton mielleux l’accusé. Mais bon, il faut reconnaître que pour comprendre l’économie du début du XXI ème siècle, pas de photocopie et un texte de 1947, ça surprend un peu.
- Pas de mauvais esprit. Il s’agit simplement d’une coïncidence fâcheuse et je vous assure qu’il ne faut pas renoncer à un bon document, même s’il est un peu daté. Je reprends donc. Imaginez comme nous le propose Baudin, un village et son marché. Je vends des œufs et des poulets, une autre personne de la poterie et une troisième des foulards et des vêtements. Malheureusement, on n’a plus confiance dans la monnaie (comme ce fut le cas du Mark en Allemagne en 1923). L’échange doit passer par le troc, mais il est difficile de fixer la valeur des objets. Combien vaut d’œufs, un poulet ? Et un poulet, de bols ?Et les bols, de foulards ? etc… Je propose donc de prendre comme unité l’œuf. Ainsi, on peut estimer en œufs, le prix des poulets, le prix des bols de petite et grande taille, ou encore des foulards. Il n’y a pas eu encore d’échange, mais on a trouvé un dénominateur commun.
La première fonction de la monnaie est d’être une unité de compte ou si on préfère un instrument de mesure des valeurs.

A partir de cette estimation, nous pouvons acheter et vendre ce que nous désirons. Apparaît ici la deuxième fonction de la monnaie : C’est un instrument ou intermédiaire des échanges.Contrairement au troc, je ne suis pas obligé de vendre un poulet contre des bols si ce que les deux échangeurs possèdent ne convient pas. Il suffit que l’acheteur me paie avec des œufs, libre à moi ensuite de trouver un autre vendeur qui me proposera ce que je souhaite acquérir ; je le paierai avec des œufs qu’il acceptera car il pourra faire d’autres achats avec.
Enfin, si à la fin de la journée il me reste des œufs, je ne suis pas obligé de les dépenser. Je les mets de côté pour des achats ultérieurs.

Troisième fonction : la monnaie est un instrument de réserve.Je peux être fier de moi, j’ai inventé une nouvelle monnaie, mais pourquoi vais-je rapidement déchanter ?
- Parce que vous connaissant, vous allez trébucher et faire une omelette .
- Effectivement, vous me connaissez bien. Ma monnaie a un gros inconvénient, elle est périssable. C’est donc un mauvais instrument de réserve qui ne peut inspirer confiance, or la confiance est essentielle pour la monnaie. Autre élément qui confirme qu’il faut se défier de cette monnaie : c’est la fausse monnaie. A quoi je fais allusion ? Personne ne voit ? Jérôme ?
- Il suffit d’acheter des poules dans un autre village et avec leurs œufs se procurer sans grand mérite ce qu’on produit dans son village.
- C’est tout à fait ça. On comprend alors pourquoi la fausse monnaie est sévèrement punie et on commence à entrevoir les dangers de l’inflation, mais nous y reviendrons plus loin. J’ai en revanche une question complémentaire. Pour y répondre souvenez-vous des trois fonctions de la monnaie. Le dollar est à l’évidence une monnaie nationale, mais pourquoi dit-on que c’est une monnaie internationale ?
- Parce qu’on compte, on échange en dollars et que les agents économiques ne craignent pas d’avoir des réserves en dollars.
- Bonne réponse François. Comme vous le savez le statut du rouble est complètement différent. Connaissez-vous la blague qui court dans les banques. Quelle est la différence entre un dollar et un rouble ?
- Et c’est drôle une blague de banquier ?
Bastien se contenta de répondre :
Un dollar !… Bon devant le peu de réactions passons à autre chose.
On pourrait terminer ici cette sous-partie, mais
je voudrais attirer votre attention sur des fonctions non plus techniques, mais politiques de la monnaie. Des économistes en principe à gauche et plus ou moins critiques vis-à-vis du capitalisme disent que la monnaie n’est pas neutre, qu’elle dissimule des rapports de force voire d’exploitation. D. Clerc parle de « pouvoir masqué ». En effet, si j’achète à un artisan africain un objet valant l’équivalent de 2 € (et encore après avoir marchandé selon les coutumes du pays) je pense avoir fait une bonne action. J’ai contribué à faire vivre l’artisanat local et à alimenter la machine économique de ce pays. Je m’interroge peu sur le fait de savoir pourquoi cet objet coûterait 5 ou 10 fois plus cher dans nos magasins. De même, si je suis médecin spécialiste non conventionné qui perçoit, disons 50 € pour une consultation de 15 minutes, je regarderai avec bienveillance et convaincu d’aider un chômeur, le jardinier qui peine sous le soleil et que je paie une petite dizaine d’euros l’heure.
- Est-ce que la démonstration marche avec une autre profession ?
- Bien entendu Hélène. Je sais que votre père est ophtalmo. Il ne s’agit d’attaquer personne, mais de signaler que derrière des approches économiques, techniciennes, peut se cacher le fonctionnement d’un système qui n’est pas exempt de critiques. Ceci étant, mon discours n’a pas à être militant, et je reviens à la présentation technique de la monnaie.


« La croissance : un canasson ou un pur sang ? Au PS, la crise des ego est plus importante que le crise éco (nomique) »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 9:23

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 5: La monnaie est toujours en forme

3) Les différentes formes de monnaie

- Nous allons commencer par un bref historique. Je vous avais demandé de faire des recherches sur ce sujet. A qui allons-nous donner la parole ? A quelqu’un qui ne la demande pas. Antoine, nous vous écoutons.

- Ben au départ il y avait des monnaies marchandises (ex : on payait en boeuf ou mouton) puis la monnaie basée sur des métaux précieux (or, argent) puis les billets, puis il y a eu le chèque, puis la carte bancaire, voilà.

- C’est très laconique comme toujours Antoine. En tout cas, on ne peut pas dire qu’on a eu des puis sans fond(s). Pas de réaction, bon enchaînons. Pourquoi parle-t-on de dématérialisation de la monnaie ?

- Parce qu’au départ la monnaie avait une valeur intrinsèque, par exemple la quantité d’or contenue dans la pièce alors qu’aujourd’hui elle a une valeur faciale (affichée) mais qui ne correspond en rien à la valeur de la pièce ou d’un billet, dit dans une deuxième salve Antoine, agacé par la réflexion de son prof.

- Merci Antoine,dit Bastien étonné en se demandant d’où tient-il ça?. C’est une monnaie fiduciaire, c’est-à-dire qui repose sur la confiance qu’on lui accorde. Peut-on mettre sur un même plan les billets et les chèques ?

- J’ai lu que le chèque n’est qu’un vecteur de la monnaie, mais je ne sais pas ce que ça veut dire.

- Vous allez comprendre Aurélie à partir d’une expérience que je ne vous demande pas de reproduire d’ailleurs. Vous demandez à votre père ou à votre mère de faire un chèque de 50€ puis, théâtralement vous le brûlez. Quelle sera leur réaction ?

- Une enguelade et quelques noms d’oiseaux.

- Maintenant, vous lui demandez un billet de 50€ que vous traitez de la même manière. Réaction ?

- La super enguelade, une gifle et pas d’argent de poche pendant au moins un mois.

- Pourquoi la sanction est-elle plus forte dans le deuxième cas ?

- Parce que la deuxième fois, on a brûlé de l’argent qui est définitivement perdu, alors que le chèque n’est qu’un support, qu’un papier assez facilement remplaçable

- Voyons maintenant les deux grandes formes de monnaie. Il y a d’abord la
monnaie manuelle composée de pièces (monnaie divisionnaire) et de billets (monnaie fiduciaire à l’origine reposant sur la confiance ce qui est aujourd’hui le cas de toutes les monnaies). On appelle aussi cette monnaie centrale parce qu’elle est émise par la Banque centrale, désormais la BCE. Pour faciliter le développement économique de nouveaux moyens de paiements et de crédits se sont développés, contrôlés par ce qu’on appelle les banques ordinaires. Ces banques dites ordinaires ont quand même pour nom BNP Paribas, Société Générale etc… En simplifiant, on peut aussi ranger dans cette catégorie, le Crédit Agricole, et les Caisses d’épargne.Toutes ces banques créent la monnaie scripturale. En additionnant monnaie centrale et scripturale, on obtient la monnaie au sens strict. Sabrina, donnez-nous sa définition.

- Je la connais pas par cœur.

- D’accord, mais vous avez fait une recherche.

- Ah oui. Ensemble des moyens de paiement qui permettent immédiatement, sans conversion et sans coût de régler des transactions.

- C’est bien, mais soyons plus clairs. Prenons pour un montant de 300€ des billets, un livret de caisse d’Epargne, des actions et des CD ou des DVD. A l’évidence, les billets et le chèque sont …

- De la monnaie.

- Oui, et les CD ou les DVD ?

- C’est du patrimoine.

- Exact ! Il est difficilement convertible en moyen de paiement. Sans compter que si on les vend, on devrait être perdant dans l’opération. L’action est elle un peu plus liquide (= plus aisément convertible), mais sa vente dans l’urgence est risquée. Ce n’est donc pas de la monnaie. Le livret de Caisse d’Epargne, c’est moins pratique qu’un chèque, mais c’est quand même assez liquide, c’est donc…

- Presque de la monnaie.

- Tout à fait ; on parle d’ailleurs de quasi monnaie. Pour mesurer les capacités de dépenses d’un pays on ne se contente pas de la monnaie au sens strict, on évalue la masse monétaire qui comprend en plus les comptes sur livrets (A, bleu, Codevi …), mais également d’autres comptes sur les quels je ne m’étends pas aujourd’hui.

- Quelqu’un frappe Monsieur, on lui dit d’entrer ?

Après quelques hésitations liées à un douloureux souvenir du petit matin, Bastien laissa tomber timidement : entrez.

- C’est bien la PES1 ?

- Non, dit en cœur la PES 2.

- Abordons un dernier aspect technique avant la pause.



« Crise et cris Episode 6 : Le créationnisme monétaire »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 9:32

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 6 : Le créationnisme monétaire

4) La création monétaire

- Monsieur, dans le livre ils disent qu’on peut créer de la monnaie à partir de rien, c’est vrai ?

- C’est pas faux, mais dit ainsi c’est trompeur. Si vous commandez un meuble à un ébéniste, il ne le fabriquera pas à partir de rien, mais à partir de planches de clous, vernis etc… (ce sont les consommations intermédiaires). En revanche, un banquier n’a pas besoin d’avoir, a priori, quelque chose pour créer de la monnaie. En fait, il la crée en accordant un crédit. Vous lui empruntez 1000€, il crée 1000€ de monnaie scripturale.

- Mais c’est très dangereux alors, on peut faire n’importe quoi.

- En réalité, il y a au moins deux garde-fous.

L’expression semblait amuser les élèves, mais leur prof se disait qu’il n’en avait cure. Il n’insista pas se doutant que son jeu de mots ne serait pas compris.

- Il faut bien préciser qu’un banquier n’est pas un irresponsable. Il ne crée pas de la monnaie pour le plaisir. S’il le fait, c’est qu’en contrepartie, il sait qu’il sera remboursé et que le service rendu aux prêteurs lui sera payé sous forme d’intérêts.

- C’est pour gagner de l’argent qu’il en prête ?

- Désolé de vous décevoir, mais les banquiers dans leur quotidien ne sont pas des philanthropes.

- Et s’ils sont très gourmands et qu’ils fassent plein de prêts pour gagner de l’argent ?

- Il y a la Banque Centrale pour veiller au grain. Elle contrôle le système, non pas en créant l’essentiel de la monnaie (bien au contraire) mais en émettant la monnaie centrale qui sert de dénominateur commun au système bancaire. Les banques ordinaires créent certes la monnaie scripturale, mais pour les relations entre banques qui garantissent le fonctionnement du système, elles ont un besoin impératif de monnaie centrale. On le voit bien avec les difficultés que rencontrent les banques en cet automne 2008. Il faut qu’elles se procurent (par emprunt le plus souvent) de la monnaie centrale qui leur coûte cher ; de ce fait elles doivent se montrer raisonnables et au pire la Banque Centrale pourrait leur retirer leur pouvoir d’exercer leur métier.

- Ca sonne !

- Je savais Laëtitia que j’entendrais au moins une fois dans l’heure votre voix. Cinq minutes de pause.

- Je vais faire un petit saut dans la salle des professeurs.

Tout en rangeant ses affaires, Bastien amateur des métaphores et des formules chocs regrettait à moitié de leur avoir proposé un titre bien sage « la création monétaire », alors qu’il était tenté par une formule plus rentre dedans : le créationnisme monétaire. Il pensait au parallèle avec les créationnistes américains qui croient que Dieu a tout inventé sur terre : hommes, animaux et flore, tout créé, et à partir de rien. Le banquier ne crée-t-il pas de la monnaie à partir de rien ? Il décide d’accorder un crédit et de fait, il crée de la monnaie scripturale. N’est-ce pas à sa manière un Deus ex-machina ? La comparaison le tentait, histoire de faire un bon mot, mais Bastien savait que le parallèle avait ses limites. Si au moment, d’accorder un crédit, il crée bien de la monnaie à partir de rien, il le fait parce qu’il y a une contrepartie. C’est la créance de celui qui s’est vu accorder un crédit et s’engage à le rembourser avec des intérêts.. C’est justement parce que le banquier dispose de quelque chose (des créances) qu’il a une crédibilité qui fera qu’il obtiendra des liquidités sur le marché interbancaire. Les autres banques prêteront à ce banquier des liquidités parce qu’il inspire confiance et que donc ses créances ne sont pas douteuses. Si elles le deviennent, il ne bénéficiera pas des prêts de ses collègues banquiers, et si la défiance touche toutes les banques, c’est tout le marché de la liquidité entre banques qui se bloque comme durant l’automne 2008.

Désenchanté, Bastien avait fini de ranger ses affaires. Il savait que sa comparaison avec Dieu ne tenait pas la route puisque lui contrairement à une banque, n’était jamais déclaré en faillite. Un bref instant, il avait cru son idée géniale, mais il devait en convenir, c’était une mauvaise idée.

Il espérait que quelqu’un ou plutôt quelqu’une le réconforterait dans la salle des professeurs.


Ce qu’on peut retenir du chapitre 2 (et donc des épisodes 4 / 5 / 6):

Le troc a été utile, mais il a été logiquement supplanté par la monnaie qui permet de compter, d’échanger, et de mettre en réserve nos richesses, bref elle a fortement contribué au développement de nos économies.
La monnaie au sens strict (monnaie centrale: pièces et billets + la monnaie scripturale, celle de nos comptes bancaires) fait partie de la masse monétaire qui comprend aussi nos réserves sur des livrets comme le livret A (c’est de la quasi monnaie).
Les banques dites ordinaires créent principalement la monnaie. On a longtemps pensé que ce pouvoir esentiel était confié à des gens raisonnables, responsables. Les derniers soubresauts de la crise financière rendent plus circonspects.

Enfin, Bastien commence à sentir que cette journée ne sera pas de tout repos, et il se demande pourquoi des élèves sont capables de fournir des réponses si précises.


« Episode 5: La monnaie est toujours en forme.
Blague(s) 4 à 6 Un mini florilège pour réconforter les économistes. »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 9:57

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 7 : L’inflation : l’ennemie numéro 1, mise à prix

Chap 3

11h 00 Cours de Première :


DE LA MONNAIE A LA LUTTE CONTRE L’INFLATION

(2ème partie)

Mon passage dans la salle des professeurs a été une réussite,se dit Bastien. Pas un prof d’anglais et cinq minutes de retard à cause du collègue expert en horaires SNCF et points pour les mutations. Il voulait qu’en quelques minutes on réorganise le Ministère de l’Education nationale, alors que je veux juste finir cette matinée. Pas de surprise, en sortant nous sommes passés devant le Proviseur qui a ostensiblement regardé sa montre.

II) La lutte contre l’inflation : objectifs / moyens et limites

- Inutile de faire preuve d’originalité, commençons par …

- La définition.

- Exact ! Disons simplement qu’elle se traduit par une hausse généralisée et cumulative des prix. Il ne s’agit pas de quelques hausses isolées mais d’un phénomène qui touche l’ensemble de prix de manière continue.

- Le dictionnaire dit qu’il ne faut pas confondre inflation rampante et galopante. Ca veut dire quoi Monsieur ?

- Bonne remarque Rachid. Insistons bien sur ce point.
[color=darkblue]S’il y a inflation rampante, disons de 0 à à peu près 3%, ce n’est pas un problème économique. Il y a même des chances que ce soit le signe d’une économie saine ou en tout cas d’une économie dont plusieurs indicateurs sont satisfaisants.

- C’est pas le cas du chômage en France.

- C’est vrai, mais je poursuis mon propos. A l’opposé, si l’inflation est importante de plusieurs dizaines de % à pourquoi pas des centaines de % ou plus,on parlera d’inflation galopante qui peut dégénérer en hyper-inflation. L’économie est là au bord de l’effondrement (c’est l’exemple de l’Allemagne en 1923). Dans ce cas précis, c’est plus qu’un problème économique. Les difficultés économiques rejaillissent sur la situation sociale ce qui favorise l’arrivée au pouvoir des démagogues comme on l’a vu avec Hitler.Nous, dans les 70, nous avons connu l’inflation déclarée (dès qu’elle est supérieure à 4/ 5 %). En fait, au début des années 80 elle avoisinait les 14 %. Les gouvernements occidentaux décidèrent qu’il fallait lutter en priorité contre elle, d’où le premier point :

1) Les dangers de l’inflation

- Pourtant le prof d’histoire, il a dit qu’elle favorisait la croissance.

- Le prof d’éco va-t-il contredire celui d’histoire ? Je risque de vous décevoir.
C’est vrai qu’on a dit que l’inflation peut avoir des vertus. D’abord, elle allège les dettes. En effet, l’inflation a permis des augmentations de salaires pour maintenir le pouvoir d’achat. Les revenus ont augmenté alors que le montant des remboursements était constant. De ce fait, l’endettement est devenu moins lourd et a permis, notamment dans les années 60, aux particuliers (même à des ménages assez modestes) et entreprises de pouvoir continuer à consommer et investir malgré des emprunts déjà contractés, ce qui a soutenu la croissance économique. D’autre part, elle a pu faciliter le partage des richesses créées entre salariés et entreprises. Pour qu’il y ait croissance il faut trouver un équilibre entre la part du gâteau distribué (le PIB) alimentant la consommation et celle finançant l’investissement. Dans les négociations, il était plus facile de lâcher du lest en particulier sur les augmentations des salaires, sachant que l’inflation grignoterait une partie des concessions acceptées.
- C’est donc une bonne chose l’inflation ?

- Attention, je n’ai pas dit cela. N’oublions pas que le contexte de l’époque (les 30 glorieuses) était favorable et que l’inflation était assez modérée. [i][b]Certains sont plus sévères et disent que l’inflation dès le départ, a été une sorte de drogue, d’abord douce. Elle semblait donner des effets positifs au début (croissance et paix sociale), mais elle aurait conduit à une accoutumance bien préjudiciable pour l’économie. Il a fallu augmenter les doses sans que les résultats, surtout en matière de chômage, s’améliorent. Conclusion :
une sévère cure de désintoxication dans les années 80.
- Mais que lui reprochait-on exactement ?

- Sur le plan interne, d’aboutir à une spirale inflationniste. Les prix augmentent donc les salaires, ce qui provoque une hausse des coûts de production compensée par une hausse des prix, puis des salaires pour maintenir le pouvoir d’achat. Ce cercle vicieux finit par pervertir le fonctionnement de l’économie de marché. D’autant que les hausses des prix handicapent les exportations et favorisent les importations. Le déficit de la balance commerciale se creuse entraînant généralement une dévaluation renchérissant le coût de la vie ce qui alimente encore l’inflation. On entre donc dans un processus cumulatif qui, pour être brisé, nécessite une politique économique énergique et coûteuse socialement. J’y reviendrai.



« Bon appétit messieurs!. Bon appétit messieurs…bis »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 10:09

color=orange]
Catégories : Un feuilleton économique
[/color]

Episode 8 : Hausse des prix : pas vu, pas pris

2) Les causes de l’inflation

- Les analyses ne manquent pas. On va se contenter de l’essentiel en distinguant… Un problème Jérôme ?

- Non, je voulais simplement dire qu’on opposait les explications traditionnelles aux explications contemporaines.

- C’est en effet une bonne réponse qui, et c’est un peu agaçant, a précédé la question. En schématisant, on pourrait dire que les libéraux voient dans l’inflation des dysfonctionnements de l’économie dont les responsables seraient l’Etat, les syndicats et les salariés.

- Même quand le prix du pétrole augmente ?

- Vous abordez ici Sandy,
l’inflation par les coûts. Il est vrai que dans le cas évoqué, il s’agit d’une inflation importée, mais si l’augmentation du coût de production se traduit par une augmentation des prix, c’est … ?

- Parce que les entreprises veulent maintenir leurs profits, c’est donc de leur faute.

- Mais Sandy, pourquoi augmentent-elles leurs prix ?

- Peut-être parce que tous les coûts notamment salariaux augmentent.

- Exact ! Que retrouve-t-on ici ?

- La spirale inflationniste.

- C’est ça ! Les prix augmentent donc les salaires et les coûts ce qui pousse les prix à la hausse etc..etc..

- La responsabilité des salariés n’est pas évidente, Monsieur.

- C’est vrai que présenté ainsi, c’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf, qui a commencé ? Ajoutons que certains (des économistes libéraux par exemple) pensent que la force des syndicats encouragés par l’Etat a eu tendance à faire dégénérer les tensions (= risques) inflationnistes, en inflation.

- En tout cas, je me vois mal expliquer à mon père qui touche à peine le SMIC qu’il met en danger l’économie quand il veut une augmentation de 20 ou 30 €.

- On vous laisse provisoirement le mot de la fin Aïcha. Je passe à
l’inflation par la demande. Qui peut m’expliquer le mécanisme de base ?

- Nous sommes dans une économie de marchés. Sur un marché il y a l’offre et la demande. Si l’offre ne peut rapidement augmenter, alors pour qu’il y ait équilibre il faut que le prix croisse. Et si la plupart des prix connaissent cette évolution, il y a inflation.

- D’accord Jérôme. Et pourquoi y a-t-il eu hausse de la demande au début des années 80 (période de la dernière inflation préoccupante que nous ayons connue) ?

- Parce que l’Etat a relancé l’économie en augmentant les prestations sociales, en embauchant des fonctionnaires. Ou alors parce que les syndicats obtiennent des hausses de salaires qui se répercutent sur les prix …ou bien … je ne sais plus.

- C’est bien Rachid. On pourrait ajouter qu’en intervenant davantage l’Etat crée un déficit budgétaire qui entraîne une plus grande création monétaire, génératrice d’inflation.

- Monsieur, c’est bien une critique libérale de l’intervention de l’Etat préconisée par les keynésiens ?

- Tout à fait.
L’explication la plus connue de l’inflation est celle d’un sous courant libéral : le monétarisme. Son représentant le plus célèbre est Milton Friedman né à Chicago en 1912 et « prix Nobel » en 1976. C’est un économiste qui a combattu avec virulence les thèses keynésiennes. Que dit-il ? S’il y a de l’inflation, c’est parce qu’il y a trop de monnaie. Et pourquoi y a-t-il trop de monnaie ?

- Parce que l’Etat intervient trop dans l’économie.

- L’inflation serait due au laxisme monétaire.

- Ce qu’il dit a l’air évident, mais vrai, Monsieur. Trop de monnaie = inflation.

- D’accord Arnaud mais prenons un peu de recul.
L’excès de monnaie est ce la cause de l’inflation ou une condition permissive ? C’est-à-dire une condition qui permet à l’inflation d’apparaître. C’est un peu comme s’il disait, cet homme est alcoolique parce qu’il boit trop d’alcool. On imagine la cure sévère qu’ on peut proposer, mais ne néglige-t-on pas des questions essentielles. Pourquoi cet homme boit-il vraiment ? Transposons, pourquoi cette économie génère de l’inflation ? Un traitement radical résultant d’une vision trop sommaire du mal ne conduira-t-il pas à des risques de rechute grave ?
- Alors la réponse, Monsieur ?

- Patience. Quelques mots sur des explications complémentaires. Elles cherchent dans les structures du capitalisme, dans son fonctionnement, les causes d’une tendance du système à produire de l’inflation. Les différents acteurs économiques (banques, entreprises, consommateurs, salariés) cherchent à améliorer leur sort ce qui les pousse à répercuter sur les autres les concessions qu’ils ont dû accepter ou des contraintes extérieures subies. En défendant ses intérêts, on finit par faire augmenter les prix de vente ce qui pousse les salariés à vouloir maintenir leur pouvoir d’achat. L’inflation serait donc liée à la formation et au partage des revenus. Après les causes, il faut s’intéresser aux…
- Conséquences !
- Non, Laëtitia, nous les avons vues en parlant des dangers de l’inflation. Voyons les moyens de lutter contre l’inflation. N’oublions pas que la France qu’on pensait condamnée à l’inflation a su en quelques années la maîtriser de manière remarquable.



« Bon appétit messieurs…bis. Les limites de la comparaison historique »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 12:33

Catégories : Un feuilleton économique


Episode 9 : La défaite de l’inflation dans les années 80

3) La désinflation :

- Quel est le contraire de l’inflation ?

- La déflation.

- Je m’attendais à cette réponse, mais ce n’est pas la bonne. Comme par hasard, la réponse est contenue dans le titre.

- C’est donc la désinflation !

- Bonne réponse Laëtitia, mais précisons.
La déflation correspond à une situation économique grave. Non seulement les prix baissent, mais plus généralement s’il en est ainsi, c’est qu’on assiste à une contraction de l’économie. Production, emploi etc… diminuent, ce fut par exemple le cas en 1929, c’est ce qu’on veut éviter en 2009.
- Et c’est quoi la différence avec la désinflation ?

- Dans ce cas, on a un ralentissement des taux d’inflation.
Le but n’est pas de faire baisser les prix, mais de freiner leur augmentation. L’objectif étant de passer d’une inflation déclarée à une inflation inférieure à 3 / 4 %. Pourquoi ?

- Parce qu’ainsi, on a une inflation rampante qui n’est pas un problème économique, comme on l’a dit.

Bastien compléta :

- En réalité, un gouvernement redoute que sa politique débouche sur une déflation car cela se traduirait par une forte augmentation du…

- Chômage.

- Nous allons présenter les traitements possibles pour maîtriser l’inflation. Qui dit traitement, dit au préalable ? Hélène…

- Diagnostic !

- Donc ?

- En fonction des analyses vues tout à l’heure, on aura des propositions différentes.

- Commençons par ce que les monétaristes proposent. Leur approche est simple. S’il y a de l’inflation, c’est parce qu’il y a trop de monnaie en circulation. Il suffit alors de limiter la création monétaire. Pour comprendre le raisonnement, il faut se souvenir de deux choses. Comment crée-t-on essentiellement la monnaie ?

Thomas se chargea de répondre :

- Ce sont les banques ordinaires qui la créent en accordant des crédits aux ménages et aux entreprises.

- Quelle est la monnaie la plus importante ?

Thomas s’attira quelques sourires admiratifs par l’autorité de sa réponse :

- Quantitativement, c’est la monnaie scripturale qui est la plus fréquente (et de loin) dans l’économie, mais la monnaie centrale est la clé de voûte du système. En la contrôlant, on peut contrôler la création monétaire donc la quantité de monnaie en circulation qui selon les monétaristes explique l’inflation.

Un peu surpris de l’aisance de ce redoublant, Bastien tint à apporter quelques précisions.

- Même si au moment des prêts accordés (= création de monnaie scripturale), la banque n’a pas la monnaie centrale correspondante, il faudra qu’elle se la procure. L’idée est de rendre plus cher pour la banque cette nécessité d’emprunter de la monnaie centrale.
On dit qu’on renchérit le coût de refinancement en monnaie centrale. Pour maintenir leurs profits, elles vont augmenter les taux d’intérêt qu’elles fixent à leurs clients, et ainsi cela devrait dissuader leurs clients de trop demander des crédits ce qui limiterait la création monétaire, et de ce fait le risque inflationniste.
- Et comment la Banque centrale peut-elle faire augmenter le coût de la monnaie centrale ?

- Elle dispose de plusieurs possibilités. En ce début de Première, je me contenterai de signaler l’existence du marché monétaire (c’est-à-dire le marché de la monnaie centrale). Sur ce marché, ceux qui ont des liquidités, de la monnaie centrale à prêter (les autres banques par exemple) la proposent moyennant une rémunération (le taux monétaire) aux banques qui en ont besoin. Que va-t-il se passer alors ? La parole à Jérôme, le spécialiste du marché :

- La banque centrale peut agir sur l’offre (en injectant de la liquidité sur ce marché) ou sur la demande (en en achetant) pour faire varier le taux monétaire donc le coût de cette espèce de matière première que serait la monnaie pour créer de la monnaie scripturale. Elle agira sur l’offre ou la demande en fonction de ses objectifs.

- Parfait ! Et si ce n’est pas le cas la Banque centrale pouvait demander au gouvernement (ce n’est plus le cas pour la France depuis 1987) de prendre des mesures plus drastiques et d’encadrer le crédit. En cas de dépassement des crédits octroyés, la banque pouvait être sanctionnée financièrement. Maintenant, comment faire pour lutter contre l’inflation par la demande ?

- Il faut réduire cette demande.

- Oui, mais comment ?

- En augmentant les impôts.

- C’est vrai, mais aussi en réduisant les dépenses de l’Etat pour essayer de contenir le déficit budgétaire.

- Il faut réduire l’intervention de l’Etat. C’est donc libéral ?

- C’est du monétarisme, mais certains pensent que c’est surtout du bon sens. On peut continuer ?





« La croissance microscopique.
Le spectre de la récession et le PS fantomatique »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 12:48

Catégories : Un feuilleton économique

Episode 10 : Tous épris de la stabilité des prix


- Et la lutte contre l’inflation structurelle ?

- Est-ce la plus facile à mettre en œuvre ?

- Non, puisqu’il faut s’attaquer aux structures, au fonctionnement de l’économie.

- D’ailleurs, je compte passer assez rapidement sur ce point.

- Tant mieux !

- Je ne vous le fais pas dire, Sabrina. Dans les faits au début des années 80, il s’est agi surtout de s’attaquer aux revenus.
On a frappé un coup psychologique en bloquant les augmentations de prix, de salaires et revenus en général pendant à peu près 6 mois.
- Et c’est efficace ?

- Si on ne prend pas de précaution, ce sera un échec. On a simplement cassé le thermomètre pour ne pas voir la fièvre de l’économie. Il faut donc quand on va reprendre la température, s’assurer que la guérison est en bonne voie. A près cette période de blocage, on encadre les prix pour qu’ils ne s’emballent pas, on impose des contraintes aux acteurs économiques, aux salariés en n’indexant pas automatiquement les hausses de salaire sur les prix.

- C’est mauvais ça pour le pouvoir d’achat.

- Oui

- Et ça a suffit ?

- C’est vrai que ça a bien marché en France. Le taux d’inflation qui semblait endémique

- Quoi ?

- Endémique, chronique si vous voulez, est passé d’une quinzaine de % au début des années 80 à une inflation rampante dès le milieu des années 80.
- Qu’est ce qui s’est passé ?

- Plusieurs facteurs expliquent ce remarquable succès. D’abord le contexte international : les grands pays occidentaux en 79/80, décidèrent de faire de la lutte contre l’inflation la priorité. La France ne les rejoindra que plus tard, pourquoi Arnaud ?

- A cause de l’élection de F. Mitterrand en 1981. Il avait promis une relance (keynésienne) de l’économie pour lutter contre le chômage quitte à voir les prix augmenter. Mais devant les mauvais résultats, la France en 82 et surtout 1983, a adopté une politique de rigueur misant aussi sur la désinflation.

- C’est bien !

- Mais ça veut dire quoi, un contexte international favorable ?

- Si les prix augmentent peu chez nos voisins nous n’importerons pas leur inflation. Du coup, pas besoin de hausses de salaires pour compenser ce qui pourrait alimenter la spirale inflationniste. Je pourrai évoquer aussi le prix du pétrole et le cours du dollar qui en baissant ont facilité la désinflation.

- C’est grâce à l’étranger que ça a marché ?

- Ne soyez pas déçue Jennifer. Les causes internes sont également importantes. La France a opté pour des mesures d’inspiration monétariste, c’est-à-dire ?

- Hausse des taux d’intérêt pour freiner les crédits et la création monétaire.

- Oui, et la gauche a su obtenir la coopération ou parfois simplement la neutralité des syndicats. Ceux-ci en acceptant que les salaires ne soient plus indexés sur les prix ont accepté (bon gré mal gré) que le pouvoir d’achat des salariés soit affecté. Quand les revenus stagnent, la demande s’essouffle ce qui limite les tensions inflationnistes.

- Je comprends pas. C’est la gauche qui a demandé des sacrifices aux salariés ?

- Ce n’est pas si surprenant. Ce sont souvent ceux qui sont censés protéger une catégorie ou un groupe d’intérêts qui, lorsque la situation est inextricable, obtiennent de lui le plus de concessions. On peut penser à De Gaulle appelé par les algérois pour garder l’Algérie française et qui a décolonisé l’Algérie.

- Ouais, mais ils ont voulu tuer de Gaulle.

- C’est vrai Antoine. Pour la désinflation, ça a été moins sanglant, mais la gauche a nettement perdu les élections législatives suivantes, en 1986.

- Mais alors cette désinflation, c’est un grand succès ?

- Bonne question qui nous sert de transition avec le point suivant.




« On nous mène en bateau.
Réformer les réformes »

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 15 Jan 2009 - 12:57

Catégories : Un feuilleton économique

Episode 11 : La désinflation à n’importe quel prix ?

4) Utilité et limites de la désinflation

- La politique de désinflation a été sans conteste un grand succès puisqu’en peu d’années et de manière durable (c’était toujours le cas en 2008), on a réussi à guérir l’économie française d’un mal qu’on pensait difficilement curable…

Bastien laissa tomber sa voix, espérant créer un suspense amenant un élève à dire, on attend le mais, Monsieur. Celui-ci ne venant pas, il reprit

- Ceci dit, il y a un mais…….

Sentant que le public n’était toujours pas suspendu à ses lèvres, il poursuivit :

- La désinflation n’était qu’un objectif intermédiaire. Les gouvernements, y compris de gauche, ont accepté les préconisations des libéraux.
Il fallait assainir l’économie dans un premier temps, pour espérer ensuite de la croissance économique qui devait faire baisser le chômage.
- On sait Monsieur que si on casse l’inflation en augmentant les taux d’intérêt ça va peser sur la consommation, l’investissement, la croissance et que donc le chômage augmentera.

- Oui, à court terme, mais à moyen terme, une dynamique positive peut s’enclencher créatrice d’emplois.

- Comme aux Etats-Unis.

- Exact, mais aussi au Royaume-Uni.

- Et pourquoi ça a pas marché chez nous ?

C’était sûrement une condition nécessaire, mais pas suffisante pour lutter contre le chômage.Je ne peux pas en dire beaucoup plus en ce début de Première. C’est une question complexe, mais le hasard veut que cet après-midi en Terminale, je vais creuser ce point. S’il y a des impatients qui ne peuvent pas attendre l’an prochain…

Bastien ne put finir sa phrase.

- C’est pas grave si on ne vient pas, Monsieur ?

Bastien regarda un peu inquiet sa montre. Il avait terminé ce qu’il voulait dire. Comment combler les minutes qui restaient avant la sonnerie ? Rachid le sortit de ce mauvais pas.

- Alors, il fallait la mener ou pas cette politique de désinflation ?

- En fait Rachid,
je pense que la France n’avait pas vraiment le choix pour des raisons politiques et économiques.D’abord, parce que la France soucieuse se son image, d’autres diraient hantée par son passé, a voulu continuer à jouer un rôle politique important, notamment dans la construction européenne. Le Président Mitterrand a dû trancher en 1983. Soit la France continuait à faire bande à part économiquement (politique de relance à contre courant) et alors elle se discréditait politiquement, ou elle adoptait une politique de rigueur coûteuse en termes de chômage mais qui permettait au « couple franco-allemand » de rester leader dans la CEE qui deviendra 10 ans plus tard, l’Union Européenne. On a frappé à la porte ?

- Non, Monsieur.

- J’en étais où ?

- Aux raisons économiques.

- Ah oui. Tout pays, en particulier en Europe, est soumis à la contrainte extérieure. Cela signifie que lorsqu ‘on commerce avec d’autres pays, il faut à peu près équilibrer ses échanges (importations à peu près égales aux importations), sinon….

- On s’endette.

- Exact Jérôme !

- D’autre part la monnaie nationale est attaquée. Si la demande de francs baisse, en vertu du sacro saint principe de la loi de l’offre et de la demande, la valeur du franc s’effritera et si ça continue, il faudra dévaluer la monnaie. Elle vaudra moins par rapport aux autres devises.

- Mais quel lien avec l’inflation ?

- Vous allez comprendre Rachid. Si un pays importe plus qu’il n’exporte, c’est qu’il n’est pas assez compétitif. C’est que les prix de ses produits sont supérieurs à ceux de la concurrence. Plusieurs causes peuvent expliquer cet écart dont …

- L’inflation !

Il faut donc la maîtriser, c’est incontournable si on veut garder son rang, surtout si vos partenaires en ont fait leur priorité comme au sommet de Tokyo en 1979.Et puis la mise en place de l’Euro a imposé avec les traités de Maastricht, puis d’Amsterdam, une rigueur économique en matière d’endettement, de déficits publics, et bien sûr d’inflation.

- Avant ces traités, on a imité l’Allemagne ; on a joué le jeu du franc fort (Francfort).





« Et la lumière jaillira !…. ou ne jaillira pas.

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Mar 27 Jan 2009 - 9:58

Catégories: Dessin et Dessein


Quand auto rime avec éco et pas géo




Qui n’a pas été surpris de constater que le PARIS DAKAR arrivait en Argentine? Sûrement pas ce lecteur de Télérama, consterné par cette liberté prise avec la géo. Le lecteur de Télérama se consterne vite quand on malmène la culture qu’il défend. Il craignait également que bientôt on associe Beethoven à un chien, et Donatello à une tortue Ninja.

Il est vrai que la géo n’a pas pesé bien lourd devant l’éco. La marque, le logo sont désormais les plus importants sous nos latitudes mercantiles.

Pour terminer ne soyons pas trop pessimistes. Espérons que les beaux paysages entrevus donneront envie aux télespectateurs déboussolés de mieux connaître ce continent, et faisons confiance aux enseignants pour quand les droits télés auront été empochés, rétablir les droits de la géo.

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 12 Mar 2009 - 9:48

Ya-t-il un pilote dans l’avion?




Les défenseurs du libéralisme ont fait confiance surtout depuis les années 80 au marché. L’économie capitaliste était si formidable qu’elle pouvait s’autoréguler. Un problème? Spontanément, elle revenait à l’équilibre.Si c’était un avion elle saurait reprendre son envol sans difficulté majeure.En fait, ces libéraux reprenaient la vieille métaphore d’Adam Smith (en 1776) sur la “main invisible” qui pousserait les acteurs économiques à faire les bons choix.

Manifestement,
nous avons évité le crash grâce à l’expérience de 1929. On sait depuis cette époque (et Keynes) que l’intervention de l’Etat peut être bébéfique. Chefs d’entreprise, banquiers souvent arrogants et donneurs de leçons, il y a peu,se sont précipitamment retournés vers l’Etat pour qu’il reprenne les commandes de l’avion.

L’atterrissage est assez douloureux, mais le pire a été évité. Ceci dit, les pilotes surtout comme Sarkozy qui ne pensaient pas à avoir à jouer ce rôle sont désemparés.

Il faudra
des tours de contrôles plans de vol (et de relance)concertés pour que l’économie reprenne son envol. C’est aussi le moment de réfléchir aux moyens d’éviter que de telles mésaventures ne se reproduisent (les turbulences financières ne relèvent pas de la météo, mais de la spéculation et de l’appât du gain), mais aussi de réfléchir à notre mode de croissance coûteux en énergie et pas facilement compatible avec le développement durable.

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 12 Mar 2009 - 9:54

Kouchner ne s’appauvrit pas en s’occupant des pauvres




A l’époque du président de l’ARC (association luttant contre le cancer) qui détournait une partie des dons versés, on disait:” le cancer, il y en a qui en meurent, et d’autres qui en vivent très bien”.
De la même manière, Kouchner qui aime mettre en en scène son désintéressement, a su faire rétribuer ses talents de donneur de leçons. Ce n’est probablement pas illégal, mais c’est choquant moralement de profiter de son nom pour prospérer sur un terreau de pauvreté.La soupe est bonne , et si on peut avoir le beurre (les rétributions) et l’argent du beurre (la reconnaissance) pourquoi s’en priver.

On s’éloigne un peu de notre blog économique, mais il ne faut pas oublier que les crises que nous connaissons s’accompagnent aussi d’une crise morale. On fera mieux partager les efforts incontournables si les élites qui nous gouvernent sont plus irréprochables. Mieux vaut éviter les conflits d’intérêt entre Kouchner et son épouse ou la ministre du numérique et son frère etc…. etc…

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 12 Mar 2009 - 10:01

“Con” ou “connerie”?




Que le lecteur sourcilleux se rassure, ce titre reprend deux citations. Pour Iturria, l’affaire est entendue : il sait comment qualifier Jacques Séguéla. J’avoue que j’ai beaucoup de mal à contredire le spirituel et sagace Iturria. Séguéla a lui entrepris sa défense en reconnaissant qu’il avait dit , je cite « une connerie ».

En même temps, si on prend un peu de recul, il faut resituer cette phrase choquante faisant de la possession ou pas d’une Rolex un bon indicateur de la réussite. Séguéla a cherché à être spirituel sur un plateau télé. Ce n’est pas un imbécile et il a pratiqué un humour de droite ou en tout cas de riche qui évidemment choque d’abord ceux qui auront du mal à se payer une Rolex même bas de gamme. En fait, ce qui se voulait un trait d’esprit est très révélateur d’un certain état d’esprit qui s’est épanoui avec les débuts de la présidence bling bling de N. sarkozy.

Ne lui reprochons pas d’avoir trahi ceux qui pensent comme lui et considèrent que dans notre démocratie tous les citoyens ne sont pas égaux.
Il y a les laborieux (qui se lèvent tôt et n’ont besoin que d’un réveil) et les méritants ceux qui ont droit à des récompenses y compris ostentatoires, comme des montres bijoux. Remercions le d’agacer. Les inégalités qui s’accroissent, les écarts vertigineux de revenus qui choquaient moins quand l’économie paraissait prospère deviennent insupportables devant les dérives d’un système cupide défendu par ceux qui en profitaient sans vergogne et se pensaient en avance sur le commun des mortels.

On entend de plus en plus d’experts prôner une inflexion de notre mode de croissance et déjà cela passe par une fiscalité bien plus redistributrice. Certains veulent limiter les hauts salaires ou au moins taxer fortement les revenus élevés comme T. Piketty qui rappelle que Roosevelt les avait taxés à près de 80% après la crise de 29.
On ne demande pas la confiscation des Rolex mais il est sûrement temps par une fiscalité exigeante de remettre les pendules à l’heure.

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 26 Mar 2009 - 9:42

Profits de Total et profiteurs




Il est souhaitable dans une économie capitaliste que les entreprises fassent des profits. Elles pourront ainsi investir, innover et pérenniser leur activité. Les profits doivent pouvoir protéger l’emploi et soyons positifs, ils peuvent permettre des hausses de salaire.

C’est en tout cas le beau scénario que relaie le Medef et sa présidente Mme Parisot. Elle fait confiance à ses collègues chefs d’entreprise. Ce sont des gens raisonnables, responsables nous dit-elle. La puissance publique ne doit pas les contraindre.

Pourtant l’opinion publique comprend de plus en plus mal qu’une entreprise qui fait de tels bénéfices comme Total manque d’élégance et de sens du timing en licenciant dans une période si difficile alors que sa survie n’est guère menacée.
Total en bonne entreprise sait faire les additions, mais a du mal à diviser et à partager avec ses salariés.

On sent bien que les profits nécessaires attirent aussi les profiteurs. Il serait naïf de croire qu’il peut en être autrement. Les dirigeants d’AIG ou de la société générale veulent continuer à prospérer alors que leur gestion a été calamiteuse. Il faut bien que l’Etat par la redistribution mette un peu de morale mais aussi d’efficacité dans l’économie capitaliste. En somme, on ne peut sommer Total d’accorder la priorité à l’éthique, c’est l’Etat qui ne doit pas se soustraire à ses responsabilités..et tant pis s’il doit multiplier des prélèvements pour le bien commun car c’est lui au Total qui doit faire la bonne opération.

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 26 Mar 2009 - 9:52

Le mauvais sktech de Gad Elmaleh


Le talentueux Gad semble manquer d’humour quand il s’agit d’argent, enfin du sien. Il confirme un vieil adage: les français ont le coeur à gauche, mais le portefeuille à droite.

Il a déclaré sérieusement qu’il était favorable au bouclier fiscal. On sait que la mesure phare du nouveau président est de moins en moins acceptée. Il peut y avoir des cas limites où de faibles revenus étaient trop taxés, mais on nous dit que les 800 foyers les plus fortunés vont recevoir en moyenne plus de 300000 euros chacun. Dans le même temps, F Le maître nous apprend que les patrons ne veulent pas qu’on touche à leur bonus et certains se distribuent de généreuses stock options.

Ces infos devraient faire réfléchir le citoyen Gad, manifestement

“Coco” n’est pas prêt de devenir un coco Exclamation

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Jeu 26 Mar 2009 - 10:03

Episode 12 : A-t-on mal appris des allemands Question



- Et vous riez à cette astuce éculée de Jérôme Question Vous avez été moins indulgents avec ma blague de banquier.

- Mais ça veut dire quoi Question

- Eh bien, que la France devait sûrement s’inspirer de la politique économique allemande. L’Allemagne était prospère malgré un Mark puissant.

- Pourquoi malgré Question

- Parce qu’en général on dit que si une monnaie est forte, cela handicape les exportations. En effet quand on convertit le prix allemand en une monnaie plus faible, cela pourrait décourager les acheteurs étrangers.
En fait, la compétitivité d’un pays dépend certes de ses prix (d’où l’intérêt d’avoir une faible inflation), mais aussi de la qualité de ses produits, de leur originalité (on parle de compétitivité hors prix ou structurelle). Tout ceci explique une certaine fascination pour le voisin allemand. Habituellement on pensait que la dévaluation artificiellement et provisoirement (car causée par l’inflation, elle en génère souvent à son tour) donnerait un peu de compétitivité à nos produits. La triple dévaluation du franc entre Octobre 81 et Mars 83 a montré cruellement les limites de cette politique. La France, encouragée par ses partenaires européens dont l’Allemagne, a alors opté (et depuis aucun gouvernement n’a renié ce choix) pour la désinflation.

- Et ça a marché Question

- Même réponse que tout à l’heure. Il fallait certainement en passer par là, mais c’est loin d’être la panacée …

- Surtout, pour lutter contre le chômage.

- Oui Jérôme, lâcha Bastien, un peu lassé devant l’assurance dont faisait preuve cet élève qu’il connaissait bien. Il reprit.

- En fait, les gouvernements français n’ont pas seulement voulu maîtriser l’inflation, avec une faible inflation (dite rampante), ils ont voulu qu’elle soit plus faible que chez nos partenaires.

C’est pourquoi on parle de désinflation compétitive. On espérait que nos prix contenus, favoriseraient les exportations ce qui créerait de la croissance et de l’emploi.
- Et ça marche Monsieur, suppliait presque Rachid qui aurait voulu des certitudes pour finir l’heure.

Un peu gêné Bastien poursuivit.

- Ben, dans ce contexte de désinflation, avec des taux d’intérêt élevés, une consommation faible, des entreprises prudentes, la croissance est faible et le chômage n’a pas reculé à court terme malgré les succès sur l’inflation.

- C’est pourquoi le gouvernement Jospin a cherché une autre solution avec les 35 heures….

- Justement cet après-midi, je vais..

- Monsieur, on peut pas venir, on vous l’a déjà dit.

- Monsieur, ça sonne.

- Merci Laëtitia Exclamation Elle veillait à ce que le cours ne s’éternise pas.

- Vous pouvez sortir, sauf Jérôme à qui j’ai un mot à dire.

- Un problème M’sieur Question

- Je sais, vous savez, vos camarades savent que vous êtes un redoublant.

- Il n’y a pas de honte à ça.

- C’est vrai, mais vous m’aviez déjà comme prof l’an dernier. Vous avez donc mes cours de l’an passé. Je trouve normal que vous cherchiez à améliorer votre note de participation, mais je ne veux pas que vous jouiez le souffleur comme au théâtre, avec sous les yeux, le texte écrit.

- Mais si personne ne répond Question

- Soit, mais vous devez prendre le cours de cette année et ne pas vous contenter de celui de l’an dernier. On pourrait croire que c’est exactement le même, c’est fort déplaisant.

- C’est bon, je peux y aller Question

- Une chose encore, ne répondez qu’aux questions que je pose, pas à celles que je pourrais poser, ou à celles que j’ai posées l’an dernier. Pourquoi vous gigotez comme ça Question

- J’ai faim, et il va y avoir la queue à la cantine.

- C’est bon, allez y.

Décidément cette matinée a été plus compliquée que je ne le pensais, se dit Bastien. On va voir ce qui se passe dans la salle des profs.


Ce qu’on peut retenir du chapitre 3 (et donc des épisodes 7 à 12):


On a défini l’inflation, montré ses avantages et surtout les inconvénients d’une inflation déclarée (et pas rampante). On a insisté sur la politique de désinflation ou rigueur adoptée en 1983. La France s’est alignée sur la politique de ses partenaires. Ce consensus n’a pas été remis en cause en Europe jusqu’à la crise des subprime ; c’est pourquoi on a parlé de « pensée unique ».

ll fallait sûrement casser l’inflation des années 80, mais du coup on a opté pour des politiques libérales misant sur la compétition internationale, le recul de l’Etat avec des résultats présentés longtemps positifs avant qu’on paie les effets de la crise d’une économie ayant trop fait confiance à l’autorégulation des marchés.

De son côté, Bastien aime bien quand les élèves répondent à ses questions, mai c’est moins flatteur quand il s’agit de redoublants qui se contentent de reprendre le cours de l’année passée. Et puis parviendra-t-il à rencontrer sa prof préférée et à faire avancer ses projets
Question

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Lun 27 Avr 2009 - 8:24

Blague 8 Du Dieu marché à l’enfer



« Quel est le point commun entre le Paradis et le libre-échange ?

- Tout le monde veut y aller, mais pas trop vite. »


On poursuit notre présentation du courant libéral. Les défenseurs du capitalisme défendent le libre échange. Le système capitaliste a besoin de croître, de conquérir de nouveaux marchés, il faut donc commercer, échanger avec l’étranger. les libéraux combattent le protectionnisme et sont favorables au libre échange. Encore faut-il convaincre les pays partenaires que cette option vaut le coup , est presque paradisiaque ou synonyme d’Eden économique.

Ricardo grand défenseur du libre échange (on dit aussi de la DIT division internationale du travail) voulait que les pays se spécialisent dans leurs points forts. Le célèbre et malin exemple du Portugal et de L’Angleterrre cherchait à le démontrer. Le Portugal pourtant moins développé qu’aujourd’hui était plus fort dans l’exemple de Ricardo que l’Angleterre pour produire du vin et des draps. Comme par hasard, il fallait qu’il opte pour le vin , et l’Angleterre moins brillante au départ, devrait se spécialiser dans la production de draps. Exemple malin (presque diabolique) puisque l’Angleterre serait presque obligée d’opter pour le secteur où son retard était le moins grand et qui comme par hasard était l’industrie, autrement dit le moteur de la croissance économique pendant de nombreuses décennies.

En réalité on sait que les pays en avance sont pour le libre-échange et veulent que les autres y participent. Pourtant dès que les choses se gâtent ils n’ont pas peur de recourir au protectionnisme,
c’est un paradis qu’on n’a pas hâte de rejoindre définitivement: les Etats-Unis l’ont souvent démontré.
Le défenseur acharné du capitalisme préfère lui fréquenter les paradis fiscaux.

N’en concluons pas que le protectionnisme est la solution miracle. On peut le défendre pour permettre à des industries naissantes (cf List au 19 ème siècle) de grandir et d’enter dans le jeu. De même, il peut donner du temps à des secteurs pour se restructurer, mais on sait aussi qu’il a contribué au repli sur soi des pays durant l’entre deux guerres favorisant la montée des extrêmismes. C’est pourquoi il faut être prudent quand certains le proposent pour faire face à la crise actuelle. Il n’est pas à écarter a priori, mais l’ampleur du problème est telle qu’il ne peut être qu’un élément parmi d’autres, des solutions à mettre en place.
Attention, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions.

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Lun 27 Avr 2009 - 8:31

Blagues commentées

Un bouclier (fiscal) mais qui est matraqué Question



S’il y a un bouclier c’est que quelque chose ou quelqu’un porte des coups, mais qui est cet agresseur? L’Etat bien sûr, qualifié par des libéraux de prédateur fiscal.

Heureusement Sarkozy et consorts, Fillon qu’on sortira après les européennes (?) sont là pour protéger ces braves gens. Mais qui sont ces braves gens? Il doit y avoir quelques modestes propriétaires de l’île de Ré qui servent d’alibi à ce tour de passe-passe. En effet, on ne peut oublier que ceux qui en profitent le plus sont les grandes fortunes françaises, les hauts dirigeants des grandes entreprises, les Bouton de la société générale ou les Pébereau de BNP Paribas qui en plus de leurs divers avantages gros salaires, stock-options etc….) se sont octroyés d’imposantes retraites dites chapeau.

Dans nos régimes qui se veulent démocratiques, les puissants portent rarement le chapeau, ils savent trouver des alliés casqués comme ici pour protéger leurs intérêts. Les malmenés par la crise, les matraqués par les difficultés se contenteraient d’un bouclier social.


Dernière édition par Said B le Lun 27 Avr 2009 - 8:58, édité 1 fois

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Ben le Lun 27 Avr 2009 - 8:44

Blagues commentées

Bon appétit messieurs Exclamation (a)



Iturria va loin en assimilant les dirigeants des grandes entreprises à des charognards qui ripaillent.

Il est vrai que longtemps le commun des mortels se sentait bien inférieur aux spécialistes de l’économie, aux spécialistes financiers. Ils avaient l’air si compétents ces experts, ces banquiers qu’on devait accepter leurs rémunérations pharaoniques. On nous assurait que leur action favorisait la croissance, nous enrichissait disait-on, il fallait les récompenser. Ceux qui pensaient autrement étaient des archaïques qui voulaient que l’Etat régule cette économie libéralisée qui en s’emballant ne pouvait que conduire à une bulle spéculative. Et on le sait depuis le XVII ème siècle, les bulles financières finissent toujours par éclater.

Et puis, nos chers dirigeants nous expliquaient que leur marché de recrutement à l’instar des stars est mondial.

Si la soupe n’est pas assez bonne , ils quitteraient la France. Total, c’est l’addition qui est devenue de plus en plus salée.

Comme dans l’histoire, les français ont vu que les rois de la finance sont nus, au plutôt que leurs dirigeants éconmiques derrière leurs discours techniques et sufffisants jouaient au casino et avaient trouvé la martingale leur permettant de gagner à tous les coups (avec des stock-options, parachutes dorés, retraite chapeau etc…), même quand on les considère comme incompétents ( l’exemple Natixis est encore une fois sidérant [1]).

La morale de l’histoire est apparue crûment aux yeux de tous: il y a une fraction de la population qui s’est goinfrée de manière éhontée comme nous le dit ce dessin.

Ce dessin rappelle la métaphore du banquet de la nature de Malthus (2); célèbre libéral du 19 ème siècle.

Chez lui aussi, peu importait que les plus pauvres ne puissent pas se nourrir. Ce n’était pas à l’Etat de les prendre en charge. La nature se chargerait (par la malnutrition, les maladies) de régler le problème.

Aujourd’hui, un tel discours n’est plus tenable politiquement. Il faut donc exprimer son mécontentement, “son étonnement”. Les ministres, le président s’en chargent; Mme Parisot étant la championne dans ce registre, mais Sarkozy le maître d’hôtel en chef français va-t-il mettre bon ordre? Va-t-il exiger que les gros appétits se serrent la ceinture, pour que les sacrifices soient mieux répartis? Les timides mesures gouvernementales rendent sceptiques. Les restaurants 3 étoiles sont réservés à une caste de privilégiés, le resto…. d’entreprise pour ceux qui ont encore un emploi. Les sandwiches ou les miettes aux restos du coeur sont le lot d’une partie importante de la population.

(a) Allusion à une célèbre réplique dans Ruy Blas pour dénoncer les puissants qui s’enrichissaient sans vergogne

[1] http://www.liberation.fr/economie/0101561271-natixis-1-5-million-pour-regarder-sa-boite-couler

[2] http://bac2008.blog.lemonde.fr/2008/06/09/au-banquet-de-la-nature/


Dernière édition par Said B le Lun 27 Avr 2009 - 8:57, édité 1 fois

_________________

  
Prévoyez le pire, le meilleur viendra toujours. 
BEN.
avatar
Ben
Rang: Administrateur

Nombre de messages : 10604
Age : 56
Localisation : Belgique.
Date d'inscription : 17/12/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: HISTOIRES & BLAGUES SUR LA CRISE FINANCIERE MONDIALE.

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum