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 DOSSIER EXCLUSIF

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Said B
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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Mar 2 Juin - 20:57

Les arts de la table

L'art de la cuisine se révèle aussi par la présentation de la table… C'est du moins ce que pensait le grand gastronome français Auguste Escoffier (1846-1935). Une table appétissante, dressée pour attirer les convoitises, la gourmandise… C'est l'étiquette !


Dès la Préhistoire, l'acte de se nourrir, avec l'avènement du feu et de la cuisson, devient un acte communautaire dont le processus de préparation mène à une certaine coopération. C'est la naissance d'un rituel social. Parvenu à l'Antiquité, l'être humain, de plus en plus raffiné dans sa façon de se nourrir, présente ses repas sur des plats de service en céramique, en terre cuite, en faïence, etc. Céramistes et artistes en poterie créent différents contenants destinés à conserver ou à servir les aliments. Cette tradition se perpétue ensuite dans la culture romaine, qui y ajoute le plaisir de manger allongé sur des tricliniums, ces couchettes à trois places si prisées des citoyens romains fortunés.

Évidemment, chez les paysans et la populace, le luxe de tables sur lesquelles l'on dépose des denrées, comme cela est d'usage depuis des siècles dans les grandes civilisations (Égypte, Grèce, Rome, Babylone, etc.) n'a pas cours. Le peuple cuit dans des marmites grossières ou à la broche et pose la nourriture sur des peaux de bêtes à même le sol. Un peu plus tard, après la chute de l'Empire romain (476 apr. J.-C.), des tables creusées apparaissent et ces creux dont elles disposent tiennent lieu de gamelles collectives.

Dans les châteaux du Moyen-âge, les seigneurs quant à eux, ne brillent certes pas par leur finesse à table. Les salles de réception dans lesquelles on prend généralement les repas sont meublées de longues planches de bois sises sur de simples tréteaux. Des pièces de vaisselle de céramique apparaissent d'abord, ensuite le verre. Mais les couverts en restent à leurs premières amorces : couteau personnel pour les hommes de la noblesse, souvent porté à la ceinture de l'intéressé, et fourche pour véhiculer les aliments du plat de service à la planche du mangeur. Souvent, un dressoir sert à ranger les pièces de vaisselle ou ustensiles utilisés lors des festins. On remarque également que de grandes nappes recouvrent les tables tout en faisant office de serviette commune pour s'essuyer les mains et la bouche. Car la noblesse de l'époque se gave allègrement en se servant de ses doigts. Les convives prennent place sur un banc, entassés d'un même côté tandis que les plats s'alignent devant eux sur la face opposée. Chez les pauvres, on dispose de cuillères et d'écuelles de bois, les couteaux grossiers servant à dépecer les aliments de manière générale. En Italie cependant, dès le 11e siècle, l'épouse du doge Domenico Silvio, que ses contemporains jugent alors scandaleuse, invente la fourchette, c'est-à-dire une petite fourche en or, ne comportant que deux dents, et servant à introduire la nourriture avec grâce dans sa bouche.

En France, il faut attendre la Renaissance et la délicatesse à table de Catherine de Médicis (1519-1589) pour que les règles de la bienséance commencent à se raffiner autour de l'acte de manger. Instigatrice de l'usage de la fourchette (1533), la reine Catherine apparaît comme une originale lorsqu'elle en lance la mode. Les courtisans se désespèrent à utiliser l'ustensile de peur de se massacrer la bouche. Henri III (1551-1589), parvenu au pouvoir en 1575, insiste pour qu'une étiquette se mette en place à table et impose la fourchette. Mais l'impopularité que lui valent ses manières efféminées ne sert en rien l'usage de l'ustensile. C'est finalement au port de la fraise, mode qui persuadera bientôt la noblesse de l'utilité de cette petite fourche permettant de ne point souiller la fameuse collerette, que la fourchette obtient son statut de couvert désormais essentiel.

Avant qu'une hiérarchie s'installe dans la manière de présenter les plats et de proposer des services successifs, la France attend le règne de son Roi-Soleil, Louis XIV (1638-1715). L'étiquette s'affine, on parle d'un service à la française. D'abord les fruits, puis les bouillis. Viennent ensuite les viandes et enfin les desserts. La table est dressée avec des assiettes individuelles, des couverts pour chaque convive, les bancs communs font maintenant place à des chaises désignées. Les mets, une fois consommés sont ramenés aux cuisines avant que de nouveaux plats soient servis dans la salle à manger.

Pendant ce temps chez les moins fortunés, dans les masures paysannes, le rituel de la table progresse lentement. Mais là aussi, le concept de l'individualité commence à s'imposer. Chacun dispose d'une écuelle ou mange à tour de rôle. Cependant, les pauvres et les paysans continuent de porter la nourriture à leur bouche avec les doigts, jusqu'au 19e siècle.

Ce 19e siècle, justement, voit l'éclatement de tout un attirail destiné à la cuisine et à l'art de manger. Les grands gastronomes et les inventeurs rivalisent d'imagination pour créer des plats, des contenants, des verres, des tasses, des ustensiles, etc., qui répondent à des spécificités culinaires : verre à vin, verre à eau, verre à porto, assiette plate, assiette creuse, assiette à huîtres, cuillère pour le thé, cuillère pour le café, cuillère pour la soupe, louche de service, etc. La cuisine est un véritable laboratoire expérimental pour ces génies qui ont encore tout un univers à inventer.

De leur côté, les nobles se vautrent dans les délires de la codification des plaisirs de la table. L'étiquette se précise toujours un peu plus. Les places des invités répondent à une disposition qui ne laisse rien au hasard, les couverts cèdent à une hiérarchie complexe selon leur entrée en scène durant le repas, les serviettes de table doivent être portées tantôt sur les cuisses, tantôt autour du col, tantôt à la main. On intellectualise les plaisirs de la table pour des décennies à venir…

L'avènement des restaurants, après les nombreux traités sur la gastronomie, achève de cimenter l'homme dans son rapport à la nourriture. Bien que ce lien ne se fasse que plus lentement dans les campagnes et parmi la populace qui ne jouit pas d'un accès aussi abondant à la nourriture, les individus attachent de plus en plus d'importance à l'acte de se nourrir avec amour. Parce que l'être humain découvre, au fur et à mesure qu'il évolue dans le temps, les aptitudes extraordinaires de ses papilles gustatives, parce que la facilité des sociétés occidentales lui permet également de s'abandonner aux prouesses de son palais, il se fait un point d'honneur d'embellir sa table et de faire des repas une fête sacrée. Mais tout ce savoir-vivre à table, imposé au fil des siècles, semble s'essouffler en ce début de millénaire…

Aujourd'hui, si l'art de décorer la table donne naissance à des centaines d'ouvrages sur le sujet, on remarque un certain désir de reprendre contact avec les aliments dans un lien plus direct, plus étroit, c'est-à-dire des doigts à la bouche. Un nombre croissant de restaurants propose le concept de la "finger food" et cartonnent au-delà de toute espérance. Car le plaisir de manger avec les doigts procure des délices sensuelles et une nouvelle approche (plus primitive, plus proche de nos instincts animaux, cela dit !) gustative.

Et à la maison alors ? À la maison, c'est comme au resto… Les plats seront servis avec autant de finesse et l'on disposera pour chaque convive, au lieu de la serviette traditionnelle, un rince-doigts discret et joliment présenté. L'art de la table, c'est aussi l'art de toucher, en plus du ravissement de voir, du bonheur de goûter, de l'extase de humer…

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Jeu 4 Juin - 21:59

oui
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Said B
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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Ven 5 Juin - 8:40

Said O a écrit:
oui


Oui, et que des Oui pour Said O(Oui)!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un commentaire serait plus explicite que un oui tout court !!

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Said B
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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Sam 1 Aoû - 22:26

Une maison fraîche… sans clim'


L'été, le soleil, la chaleur… En un rien de temps, les températures peuvent grimper de plusieurs degrés et faire de la maison un véritable four. À ce tourment, on peut apporter de nombreuses solutions dont la plus facile reste la climatisation. Mais elle est coûteuse et surtout "énergivore".

Pour éviter que la climatisation de la maison ne devienne un gouffre énergétique, il suffit de poser quelques gestes verts. Le principal vecteur de la chaleur est le soleil. Essentiel à la vie, source d'énergie extraordinaire, le soleil est également l'élément qui augmente la température des foyers avec une rapidité incroyable pendant la saison estivale. C'est par conséquent de ses rayons qu'il faut protéger son habitation. Comment ? En fermant portes et fenêtres, tout simplement.

C'est pendant la nuit qu'il convient de laisser l'air extérieur entrer dans la maison, car c'est à ce moment que la fraîcheur est à son apogée et que l'on doit lui permettre de circuler dans la maison. De plus, les fenêtres ouvertes en opposition assurent une meilleure ventilation. Mais dès le lever du soleil, à l'instant où ses rayons commencent à chauffer, il faut tout refermer. Ainsi, la fraîcheur emmagasinée au cours de la nuit maintient une température convenable pendant la journée.

Volets en bois et persiennes sont considérablement efficaces pour bloquer les rayons du soleil et garder la chaleur à l'extérieur de la maison. Les avancées de toit fournissent également une protection intéressante contre le soleil. Mais le mieux est encore le moucharabieh, conçu pour laisser passer juste ce qu'il faut d'air et de lumière par le biais d'un grillage serré.

Évidemment, dans les villes où la circulation est dense même la nuit, le bruit extérieur peut être un facteur qui dérange. Dans ces conditions, les fenêtres ouvertes règlent un problème tout en créant l'inconvénient du bruit. Aussi, les ventilateurs de plafond font un boulot fort appréciable en couvrant partiellement les désagréments sonores. Bien qu'ils ne rafraîchissent pas l'air, les ventilateurs de plafond favorisent l'évaporation de la sueur en ventilant la peau. Les pales ne doivent pas forcément tourner à vive allure pour créer la circulation de l'air, mais elles offriront une performance adéquate en étant à 2,3 mètres du sol pour une distance de 30 à 50 centimètres du plafond.

On peut aussi humidifier l'air grâce à différents procédés. Par exemple, le fait de mouiller une serviette assez grande, que l'on pose sur un étendoir placé devant un ventilateur, peut réduire la chaleur ambiante d'au moins 2 °C. L'évaporation de l'eau nécessitant la chaleur de l'air permet ainsi à la température de baisser. Une autre solution est de tremper les carrelages intérieurs avec une serpillière. Encore une fois, l'évaporation de l'eau prendra à l'air de la chaleur pour mener à terme son processus. Le facteur eau joue un grand rôle dans les procédés pour réduire la chaleur et certaines personnes vont même jusqu'à installer des fontaines intérieures, choix parfois coûteux, mais dont l'efficacité est avérée.

Les plantes peuvent être d'une grande utilité par temps chaud. Parce qu'elles procèdent à un abaissement de leur température interne, elles sécrètent une sorte de vapeur rafraîchissante. De plus, en les arrosant régulièrement d'une bruine au cours de la journée, on favorise chez elles un phénomène d'évapotranspiration, ce qui participe au rafraîchissement de la maison.

Toutes ces petites astuces contribuent largement à réduire la chaleur intérieure de l'habitation, mais des dispositions extérieures sont aussi à prévoir. La verdure compte pour beaucoup dans la manière de tempérer la maison. Le fait de planter des arbres qui produisent des zones d'ombre à proximité de la maison, ou encore de maintenir un environnement de fraîcheur en positionnant plantes et arbustes autour de la maison contribue grandement à la protéger de la chaleur. Pour ceux qui ne disposent toutefois que d'un balcon, un auvent rétractable peut être envisagé et des plantes à larges feuilles posées au sol peuvent constituer une barrière contre la chaleur.

Certains protégeront leurs fenêtres à l'aide de film protecteur qui réfléchit les rayons solaires de 50 à 80 %. Il s'agit d'une version adhésive que l'on peut coller sur la paroi vitrée, et hop ! Le tour est joué ! Cette solution, prisée par les gens vivant en appartement, comporte cependant un envers à la médaille : l'hiver, les rayons du soleil, si importants pour chauffer la maison, sont dès lors stoppés dans leur cheminement vers l'intérieur…

D'autres petits malins optent pour un toit vert. Une solution non seulement efficace, mais combien esthétique ! Le choix des végétaux à faire pousser sur le toit doit se concentrer parmi les espèces à feuilles caduques afin de permettre au soleil de chauffer le toit pendant la saison froide.

Enfin, ceux qui peuvent se permettre des investissements plus coûteux ont encore la solution du puits provençal (ou puits canadien). Un système de tuyauterie enfoui à deux mètres sous terre permet d'aspirer l'air frais du sous-sol et de le redistribuer dans la maison par le biais de ventilateur. Ce procédé présente également un avantage réversible, à savoir que pendant l'hiver, c'est de l'air chaud qu'il redistribue dans la maison. Il conviendra cependant, pour les intéressés, de le faire installer par des professionnels.

En cette ère de "green attitude" comme certains l'appellent, les recherches de solutions pour économiser l'énergie planétaire explorent toutes les avenues imaginables. On sait aussi que de nombreuses technologies sont à l'essai dans le but d'améliorer le confort des foyers tout en ménageant les ressources naturelles. En faisant chacun notre part pour réduire les demandes en énergie, nous contribuons tous à ce grand projet de sauver la Terre. Alors, avant de flancher pour le clim', aussi bien tenter les solutions nature !

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Said B
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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Sam 5 Sep - 22:38

Zoom sur le sable de nos plages

Pour de nombreux vacanciers, il semble tout à fait naturel de trouver de grandes étendues de sable fin en bordure des cours d'eau. La plage, comme un lit douillet que la nature entretiendrait sans relâche pour plaire aux estivants, compte toutefois une ennemie implacable : l'érosion. Chaque année, les littoraux, partout sur la planète, subissent un recul et une destruction progressive de leurs rivages. L'eau et ses différents mouvements grignotent peu à peu des mètres de terre supplémentaires et diminue l'espace réservé aux plagistes. Or comment les propriétaires de plages, qui font des affaires en or, aménagent-ils ces territoires de vacances ? En important du sable, cela va de soi !

Peu d'entre nous savent que des tonnes de sable sont extraites chaque année du fond des grands cours d'eau afin d'être déposées sur les littoraux les plus populaires d'Europe, et notamment en France. La Côte d'Azur, par exemple, est aménagée à 90 % et sans cette organisation, et sans les épis protecteurs que l'on y a réalisé pour empêcher la mer d'envahir le littoral, le tourisme tomberait dans une crise récessive évidente. Le sable des plages n'est pas un cadeau des dieux, il est le fait des hommes qui tentent à tout prix de sauver une industrie qui rapporte gros : le tourisme de plage.

Selon le cycle naturel à l'origine du sable, l'érosion des montagnes et du continent nourrit les fleuves, ce qui a pour résultat la création de sable marin. Toutefois, l'homme ayant construit de nombreux ouvrages (barrages, digues, etc.) dans les cours d'eau, le retour des sédiments sur le littoral est par conséquent entravé. Déjà, une quantité considérable de sable est sacrifiée au large, avalée par les fonds marins ou encore par des canyons abyssaux (par exemple la faille de Cap-Breton, profonde de 3 000 mètres.).

Un autre phénomène naturel structure un équilibre fragile dans la présence de sable sur les berges. En été, le roulis des vagues (ou la houle) draine le sable des fonds vers le rivage, processus qui est inversé cependant au cours de la saison hivernale alors que les tempêtes repoussent le sable
vers le large. Mais les plages comptent aussi sur l'action d'un courant parallèle à la côte que l'on appelle "dérive littorale" et qui apporte sur les rives des milliers de m³ de sable raclé des fonds par les vagues. Enfin, l'érosion des falaises laisse aux pieds des vagues des millions de galets que le ressac finit par réduire en grains de sable sur les rivages. Ces processus naturels de fabrication du sable restent aujourd'hui instables et surtout menacés par les différentes interventions humaines (aménagements en mer et sur les côtes, par exemple).

Après les barrages, les digues, les épis pour retenir le sable, les bouleversements climatiques, les gestionnaires de plages font désormais appel à des compagnies spécialisées dans le dragage de sable. À ce titre, ce sont les Néerlandais, équipés de bateaux de dragage pompant jusqu'à 110 m de profondeur, qui raflent le plus de contrats. Désormais, beaucoup de pays côtiers font confiance à la science du drainage de sable des Pays-Bas et c'est plus de 60 millions de tonnes de ce minéral que leurs dragueurs arrachent aux fonds marins chaque année.

Mais pour déverser ces tonnes de sable sur les plages, certaines municipalités paient le prix fort. Au printemps 2004, La Baule a investi 6 millions d'euros pour un aménagement sableux de 350 000 tonnes sur 3,3 km, opération qui a duré 4 mois. Or cette mise en œuvre gigantesque n'est pas durable et chaque année, La Baule doit se refaire une beauté, faute de quoi sa plage ne sera plus fréquentée. Idem pour Châtelaillon qui, depuis un premier aménagement, en 1989, de ses rivages grâce à 330 000 m³ de sable, doit chaque printemps réaménager à raison de 10 000 à 30 000 nouveaux mètres-cube du précieux minéral. La France, avec ses 3 427 km longeant l'océan et ses 1 700 km en bordure méditerranéenne, est loin d'une solution, à la fois écologique et économique, pour remédier à ce problème d'érosion du littoral. Face à l'augmentation du niveau de la mer (on prévoit une montée de 44 cm d'ici la fin du siècle) et à l'augmentation de tempêtes intenses causées par le réchauffement climatique, les experts ne sont guère optimistes face au recul des littoraux.

Mais les stations balnéaires n'ont pas dit leur dernier mot. Certaines avenues novatrices sont envisagées. Ainsi, des méthodes plus écologiques comme le processus naturel de dépôt d'herbes marines sur les rivages, les posidonies, qui ont pour vertu d'immobiliser le sable sur la plage, pourraient s'avérer une solution durable. Le concept de l'Ecoplage suscite également quelque intérêt parmi les gestionnaires de plages. Importé du Danemark, le procédé consiste en l'installation d'un système de drains sous le sable, maintenu en action par une station de pompage. Le sable est préservé sur la plage, celle-ci faisant alors figure d'éponge. Toutefois, le coût pour ce type d'opération est encore si élevé que peu de municipalités y souscrivent à l'heure actuelle. Aux Sables-d'Olonne, il en coûte 1 million d'euros pour munir 700 m de cette technique novatrice. Un prix qui, pour l'instant, ne peut que refroidir les plus ardents défenseurs de la cause environnementale !

Or, à moins que l'accès aux plages ne devienne payant sur les littoraux français, il faudra continuer de faire appel aux aspirateurs de sable néerlandais, capables de draguer en eau profonde et de recracher des tonnes de sable sur les plus belles plages de France. Et soyons honnêtes, même aménagées à grands frais, les plages françaises restent un attrait touristique dont les retombées économiques sont colossales, et surtout incontournables pour la bonne santé de certaines communes…

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Mar 8 Sep - 7:20

La calculatrice et son histoire


L'abaque fut la première machine à calculer. Les peuples antiques en faisaient usage plusieurs siècles avant Jésus-Christ dans leurs diverses opérations marchandes. On note quatre types d'abaque ayant principalement eu cours dans l'Antiquité : un tableau de sable sur lequel on traçait/effaçait les opérations et que les Grecs nommaient abax ; une tablette avec des compteurs mobiles sur des lignes, des galets par exemple sur l'abaque égyptienne ; le fameux boulier chinois qui consiste en une boîte rectangulaire, traversée de plusieurs tiges sur lesquelles se trouvent des boules présentant des valeurs différentes ; et enfin une tablette avec des galets coulissant dans des rainures, chez les Romains.

Ces systèmes de calcul, bien qu'ils rencontrent des limites assez tôt dans leur utilisation, permettent toutefois aux commerçants et aux administrateurs de se livrer aux quatre opérations mathématiques de base, à savoir l'addition, la soustraction, la multiplication et la division. Les bouliers, quant à eux, affirment leur supériorité rapidement et gagnent l'Europe. Le système nécessite toutefois une dextérité considérable et plusieurs Occidentaux en restent aux chiffres arabes dont on doit l'introduction en Europe à Gerbert d'Aurillac (v.940-1003) ou à Leonardo Fibonacci (v.1175-v.1250), les historiens connaissant des différends à ce sujet.

Beaucoup plus tard, dans le courant du 17e siècle, le scientifique écossais John Napier (1550-1617) invente un système de réglettes mobiles, portant un codage des tables de Pythagore (v.580 av. J-C.-v.497 av. J-C.). Ces bâtonnets seront par la suite popularisés dans toute l'Europe sous le nom de : Bâtons de Neper. Le système sert ensuite de base à une série d'améliorations apportées sur une période assez longue, soit de 1620 à 1720, effectuées par des scientifiques de renom comme Edmund Gunter (1581-1626) avec la première règle à calculer utilisant les logarithmes, perfectionnée par Henry Leadbetter (?-?), et modifiée de nouveau par William Oughtred (1574-1660). En 1671, c'est un certain Seth Partridge (?-?) qui modifie encore le principe avec l'invention d'une règle à coulisse, capable d'atteindre le milliard, laquelle sera utilisée jusqu'à l'avènement des premières calculatrices électroniques, dans les années 1970.


Les mécanismes de calcul plus sophistiqués entrent en scène vers 1642 avec la création du jeune Blaise Pascal (1623-1662) : la Pascaline. Il s'agit alors d'un mécanisme complexe avec manipulation de roues sur le couvercle d'un boîtier. Le mécanisme, une fois encore, ne présente pas la fluidité nécessaire aux opérations, car il lui aurait fallu une précision de fabrication trop avancée pour l'époque. Or sur le concept même de cette machine, un certain René Grillet (?-?), horloger du roi, conçoit en 1678 une boîte arithmétique à cylindres népériens dont la taille réduite est déjà en soi une remarquable réussite. Mais c'est l'Allemand Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) qui apporte au prototype de Pascal les transformations les plus perfectionnées. En 1694, on expose enfin son invention, la calculatrice à étages, et les performances de la machine permettent même l'extraction de la racine carrée. Mais de nouveau, la machine ne sera jamais commercialisée à cause de la trop grande précision qu'exigerait la conception de son mécanisme. Toutefois, les avancées techniques apportées par Leibniz restent d'une importance capitale pour les modèles futurs, notamment en ce qui a trait à : l'inscripteur facilitant la pose d'un nombre avant de l'additionner, le viseur de pose, l'entraîneur, le chariot d'exécution en position fixe les additions et les soustractions, la multiplication mobile axée à senestre, la division mobile axée à dextre ainsi que le système de tambours coulissant. Ces technologies serviront de fondement à toute une gamme d'inventions dans les décennies à venir.

La révolution industrielle au 19e siècle et son boum commercial sans précédent vont soudain changer la face du monde et exiger des outils de précision pour effectuer des opérations arithmétiques, jusque-là réservées aux mathématiciens et aux scientifiques. Les calculs, désormais l'affaire d'un nombre croissant de commerçants, demandent une automatisation et une fiabilité nouvelles. Chercheurs et inventeurs travaillent donc à la réalisation de ce qui deviendra l'outil essentiel de tout financier.

La première machine à être commercialisée est l'arithmomètre de l'Alsacien Thomas de Colmar (1785-1870), en 1822. Ce premier calculateur mécanique sera fabriqué en série et on le distribuera même en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. Il deviendra une pièce d'équipement incontournable dans de nombreuses institutions telles que les banques, les compagnies de chemin de fer, l'école Polytechnique, les firmes d'assurances, les grands magasins, l'Observatoire de Paris, les Ponts et chaussées, etc.

La compétition devient alors féroce dans l'art de construire de nouvelles machines à calculer. L'Américain Eugene Dorr Felt (1862-1930) fait breveter son Comptometer en 1887, première calculatrice avec clavier complet comprenant des chiffres. Il le perfectionne ensuite afin qu'il imprime les chiffres au fur et à mesure des opérations ainsi que les totaux. À la même époque, l'Anglais Charles Babbage (1791-1871) invente sa machine différentielle, basée sur l'utilisation des cartes perforées que l'on retrouve dans les métiers à tisser et qui ont été inventées par Jacques de Vaucanson (1709-1782), célèbre créateur d'automates. Ces cartes perforées porteront ensuite l'ambition d'un certain Hermann Hollerith (1860-1929), spécialiste des études statistiques, à lancer en 1880 une machine des plus sophistiquées, alliant mécanique et électricité, ouvrant ainsi l'ère des calculatrices numériques. Au moyen de cartes perforées pouvant porter seize nombres à cinq chiffres ou huit nombres à dix chiffres, la rapidité de calcul atteint dès lors des sommets et la mécanographie s'installe désormais dans les industries et les administrations d'importance. Mais l'on n'a toujours pas inventé un outil de haute voltige.

Au cours du 20e siècle, et grâce à plusieurs recherches expérimentales dans les milieux scientifiques et militaires, on teste de nombreux appareils électroniques. Le miracle de la calculatrice Curta, en 1948, réalisée par Curt Herzstark (1902-1988) alors qu'il est détenu au camp de Buchenwald pendant la Seconde Guerre mondiale propulse les chercheurs vers un niveau de perfectionnement jamais encore envisagé. Chacun cherche les moyens de donner au monde une calculatrice rapide d'exécution, facile d'utilisation, et ultra compacte. En 1957, Casio innove avec la première calculatrice compacte utilisant des relais électriques. En 1972, les ingénieurs de la compagnie américaine Texas Instruments mettent au point la calculatrice électronique de poche.

Depuis, la calculatrice se raffine toujours un peu plus. Elle se miniaturise et multiplie les opérations qu'elle peut résoudre, et ce, jusqu'à une variété illimitée. Aujourd'hui, presque tout le monde a accès, d'une façon ou d'une autre, à une calculatrice. Par le biais d'un bracelet-montre, d'un réveil-matin, d'un téléphone cellulaire, d'un ordinateur. La calculatrice est si populaire qu'elle fait partie des "goodies" habituels offerts avec une multitude d'instruments technologiques. On se demande bien quelle nouvelle forme elle pourrait prendre dans l'avenir et surtout à quel nouveau calcul elle pourrait bien se livrer… ou nous livrer ?

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Lun 14 Sep - 17:50

L'avènement des supermarchés


Depuis des siècles en France, et dans de nombreux pays européens, la tradition voulait que l'on prenne son pain chez le boulanger, ses desserts chez le pâtissier, ses saucisses et ses pâtés chez le charcutier, ses fruits et légumes chez le maraîcher, ses chocolats chez le chocolatier, son vin chez le vigneron, etc. Longtemps, hommes et femmes partaient, leur panier à la main, faire la tournée des marchands pour se procurer les denrées de la journée.
Cette opération, pouvait alors s'avérer longue, compte tenu des distances entre chaque commerce et en raison des affinités et bavardages entretenus ici et là. Bref, la cueillette des provisions participait d'une activité sociale autant que d'une nécessité alimentaire. Mais dès les années 1920-1930, les Américains allaient jeter de nouvelles bases dans la manière de quérir les aliments et produits ménagers, causant ainsi un véritable effet domino dans le monde entier… Le premier supermarché mondial est né grâce à l'Américain Michael J. Cullen (1884-1936) qui lança, en 1930, son King Kullen à New York.

Lorsque dix-neuf ans plus tard, Édouard Leclerc décide de métamorphoser sa petite épicerie en magasin grande surface, c'est la révolution dans l'univers de Landerneau en Bretagne. Ce que l'on ignore alors c'est que cette nouvelle approche dans le ravitaillement alimentaire va bouleverser les habitudes de vie de millions de Français. Dorénavant, rien ne sera plus pareil. Les ménagères, principales responsables de l'alimentation familiale, font leur entrée aux rayons de l'abondance. Le magasin Leclerc, dix fois plus grand que les commerces classiques, offre, en plus d'aliments, une gamme de produits en tout genre, pourvus de rabais allant de 20 à 35 % moins chers que chez les autres marchands. Ce nouveau concept change radicalement le planning journalier des citoyens. Finie la petite balade d'un étal à l'autre, on peut désormais réunir tout le nécessaire en un temps record et à des prix bien en deçà de ce que l'on devrait payer
normalement. Ce sont les Anglais cependant qui appliquent les premiers le principe du supermarché alimentaire en Europe, en 1951 dans la capitale londonienne, avec une grande surface dont l'enseigne est Premier. Les Suisses emboîtent le pas, l'année suivante, avec leur Marché Migros, à Bâle. En 1955, les Pays-Bas enchaînent avec une grande surface à Rotterdam, suivis des Italiens à Milan et des Belges à Bruxelles en 1957. Les Espagnols y arrivent quant à eux sous le régime franquiste en 1958, dans la ville de Madrid.

En octobre 1958, c'est au tour des Goulet-Turpin d'ouvrir à Rueil-Malmaison ce qui est considéré, à ce jour, comme le premier supermarché de France. Il s'agit alors d'un magasin à grande surface mais spécialisé dans l'alimentation : l'Express-Marché. Trois ans plus tard, devant la popularité du concept, Gérard Mulliez (1931- ) lance un premier magasin sous l'enseigne Auchan, à Roubaix. Situé dans une ancienne usine, la superficie de l'endroit atteint alors 560 m². Mais ce n'est que le début d'une série de marchés qui rivaliseront d'ambition en couvrant des surfaces toujours un peu plus vastes.

Bientôt, les citoyens réalisent tout le potentiel de ce concept : gain de temps et d'argent, diversité des produits, proximité, etc. Toutefois, l'avènement du libre-service est un véritable choc culturel et ne fait pas l'unanimité. Pour certains, la possibilité de choisir de façon autonome est tout simplement géniale. Pour d'autres, le fait de ne plus avoir d'intermédiaire entre le client et le produit est symptomatique d'une société galopant vers l'individualisme. Il n'est pas rare de voir des empilements de denrées sur des palettes exposées ici et là, ce qui indigne certains consommateurs qui y voient un manque total de savoir-vivre, une entorse à l'étiquette.

Il faut considérer que le rapport des Français à la nourriture est souvent ritualiste et que les supérettes, supermarchés et hypermarchés bouleversent radicalement la tradition française de l'approvisionnement alimentaire. Il a donc fallu un temps pour admettre ce mode de vie "à l'américaine" comme le soulignaient plusieurs consommateurs français de l'époque. L'idée de pousser un chariot à travers des rayonnages de produits que l'on sélectionne soi-même rebute bon nombre de traditionalistes. Mais en insistant sur la rapidité de l'approvisionnement et sur la variété des produits nécessaires pour la famille, les instigateurs des supermarchés touchent la véritable cible : la ménagère.

Les premières grandes surfaces ouvrent ainsi leurs portes dans des banlieues voisines de villes importantes et présentent la caractéristique du vaste parking. Un atout considérable pour ceux et celles qui sont responsables des courses. Le procédé permet de rapporter un volume plus important de produits en une seule visite, de quoi alimenter la famille pour plusieurs jours. Les familles françaises et européennes se mettent au diapason américain, comprenant les avantages d'une telle pratique. Désormais elles ont plus de temps pour les activités para familiales et pour les loisirs. Avec l'émancipation des femmes sur le marché du travail, les supermarchés se glissent pile poil dans une dynamique de "prêt à emporter" qui allège les tâches féminines.

Aujourd'hui, on ne parle plus seulement de supérettes et de supermarchés, il est désormais question d'hypermarchés, des monstres gigantesques, occupant des surfaces de 2500 m² et plus (10 000 m² pour le Cora de Haguenau), offrant à leur clientèle aliments et produits divers, dans tous les domaines de la vie domestique. Ainsi, on trouve aux rayons de l'hypermarché de la nourriture, certes, mais aussi des vêtements, de la literie, des ustensiles de cuisine, des produits pharmaceutiques, des meubles, de la quincaillerie, de la décoration, des livres, de la musique, des appareils électroniques, des électroménagers, etc. Bref, on centralise toujours davantage, on facilite la vie des consommateurs et, avouons-le, cette abondance mercantile incite bien souvent à des achats qui ne correspondent pas à de réels besoins.

Cette industrialisation de la consommation, outre l'avantage de permettre un gain de temps et d'argent, exaspère cependant de nombreux "citoyens verts" qui prônent un retour vers une consommation raisonnable, au plus grand bonheur des petits commerçants et des producteurs concernés par l'environnement. En France métropolitaine, il existe à l'heure actuelle plus de 1 375 hypermarchés. Les enseignes Auchan, Carrefour, Casino, Continent, Cora, Escale, Euromarché, Géant, Mammouth, Match, Rallye, Record sont parmi les plus connues. Sous le signe de l'autonomie absolue, de plus en plus de ces grandes surfaces offrent des services automatisés, ce qui laisse le client seul face au scanneur de code barre, et seul pour l'emballage de ses paquets. Le contact social est ici réduit à zéro.

Or c'est peut-être cette lacune dans le rapport humain qui pousse doucement les gens à retourner chez les petits épiciers de quartier, chez les producteurs agricoles, chez les boutiquiers spécialisés, histoire de faire un brin de causette et de prendre les conseils de ceux et celles qui croient en leurs produits. Loin d'une politique de surproduction, on assiste à la naissance d'une nouvelle idéologie de la consommation, celle de la simplicité volontaire. Les néo-consommateurs, désireux de respecter l'environnement, et la vie en général, acceptent de payer un peu plus cher pour des services un peu plus humains et des produits vraiment nécessaires à leur quotidien. Reste à voir si les grandes surfaces pourront prendre ce nouveau virage, si la chaleur humaine l'emportera sur la frénésie de la surconsommation…

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Dim 18 Oct - 21:54

Hippocrate

Sans la lucidité et l'audace de l'illustre Hippocrate (460 av. J.-C.- vers 370av. J.-C.), la médecine de l'Antiquité aurait longtemps été l'otage de superstitions liées aux dieux et déesses des cultes helléniques. Fils et petit-fils de médecin, Hippocrate naît autour de 460 av. J.-C. sur l'île de Kos, territoire grec. Il aurait reçu, en plus de l'éducation de son père, une formation en médecine des prêtres-médecins appartenant à la confrérie d'Asclépios, les Asclépiades.

Fin observateur, Hippocrate comprend rapidement que les diverses maladies dont souffrent les êtres humains sont fréquemment imputables à leur environnement ainsi qu'à leur style de vie. Aussitôt, il s'engage à traiter les malades selon de nouvelles bases plutôt qu'en se référant aux sempiternels fondements religieux et superstitieux dans lesquels on enferme la pratique de la médecine jusqu'alors. Hippocrate instaure, dès les débuts de sa pratique médicale, une analyse du contexte de vie du malade avant de se livrer au moindre diagnostic. En étudiant l'alimentation d'un sujet, le nombre d'heures de sommeil qu'il s'octroie, les lieux dans lesquels il vit, la qualité de son confort, le bon fonctionnement de ses organes, son rythme sexuel, etc., Hippocrate dresse un bilan du contexte de vie de l'individu et peut ainsi évaluer plus sobrement ce qui cause ses maux.

À partir de ces constats, Hippocrate fonde sa théorie des quatre humeurs : le sang, la lymphe ou le flegme, la bile jaune et la bile noire. Tout comme l'univers se compose de quatre éléments fondamentaux (Air, eau, feu et terre), Hippocrate croit que l'organisme humain dispose également de quatre éléments (les humeurs) qui doivent se maintenir en équilibre dans le corps afin que la santé subsiste. Dans ces conditions, le moindre déséquilibre entre les humeurs cause une affection.

Mais la véritable révolution qu'amène cette idéologie hippocratique est la preuve que la maladie est conséquente à des facteurs environnementaux et non conséquente à une quelconque intervention des dieux. La notion de punition divine étant désormais sabotée, on comprend dès lors que prêtres et médecins traditionnels perdent considérablement de leur crédibilité au profit d'une logique réconfortante.

Pour le médecin grec, il s'agit donc de maintenir une hygiène de vie adéquate chez les patients. Hippocrate croit alors que le corps humain dispose de toutes les ressources nécessaires pour s'autoguérir. Si les maux ne résultent pas d'accidents et qu'ils ne comportent pas de fractures, de cassures ou de blessures nécessitant la chirurgie, Hippocrate juge que la prévention est encore le meilleur remède aux maladies. En harmonisant les humeurs du corps aux ressources extérieures, un sujet peut se maintenir en santé. C'est ainsi que le médecin de Kos prescrit des aliments froids et humides (poissons frais, légumes, fruits, etc.) à des tempéraments sanguins ou colériques, et qu'il recommande des aliments chauds et secs (viande, vin rouge, etc.) à des individus mélancoliques, faibles ou âgés. Aussi, les observations et pronostics d'Hippocrate sont généralement si justes, et ses conseils si efficaces, que bientôt sa renommée grandit et qu'il s'affirme comme une sommité dans le monde de la médecine grecque.

Alors qu'il a débarrassé la médecine de son carcan de superstitions, Hippocrate s'attaque ensuite à l'instauration d'une éthique médicale. De cette volonté naît le fameux "Serment d'Hippocrate", encore solennellement prêté aujourd'hui (sous différentes formes) par tous les nouveaux diplômés, ainsi que plus d'une soixantaine d'ouvrages traitant de différents volets de la médecine de l'époque. Bien que tous ces écrits ne soient sans doute pas de la main du maître, on admet généralement que les idées et préceptes qui s'y trouvent sont largement influencés, sinon dictés, par Hippocrate. C'est aussi grâce à ce travail de titan que l'école hippocratique installe de nouveaux standards de pratique, exigeant une rigueur et une discipline irréprochable, obligeant ses médecins à une hygiène corporelle modèle ainsi qu'à des rituels préparatoires toujours plus stricts. Ainsi, on tiendra désormais compte de l'éclairage lors des examens et des auscultations, on pourvoira à la nécessité d'un assistant en toute circonstance, on améliorera les techniques de bandage, on réglementera les salles ou lieux opératoires, on nettoiera les instruments médicaux avec minutie, etc. Hippocrate inaugure également la nécessité du bilan de santé du patient, bilan qui renseigne sur le teint, le pouls, l'aspect des selles et de l'urine, la température, la motricité. C'est en quelque sorte l'établissement d'une médecine moderne et ordonnée, une médecine qui s'inscrit désormais dans un fonctionnement scientifique.

Plusieurs écrits d'Hippocrate se montrent aujourd'hui erronés, notamment la théorie des humeurs. Cependant, certaines de ses observations et études restent toujours valables. Ainsi en est-il de ses conclusions concernant la pleurésie purulente, et de son approche des problèmes thoraciques, laquelle comporte des théories encore enseignées aujourd'hui. Ce qui prouve que ce médecin grec ayant vécu il y a plus de 2500 ans avait un sens de l'observation extraordinaire, une faculté de déduction impressionnante et une logique admirable qui font encore autorité malgré le temps. Mais surtout, Hippocrate possédait la sagesse, la capacité d'écoute, la compassion, l'amour de ses semblables, ce qui constituait alors les plus grandes qualités du médecin, et qui manque cruellement aujourd'hui à bon nombre de nos praticiens avides d'argent.

Pour mieux connaître la rigueur professionnelle d'Hippocrate, voici le serment qu'il a rédigé selon la traduction d'Émile Littré :

"Je jure par Apollon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants :

Je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s'ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni engagement. Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre.

Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté. Je ne pratiquerai pas l'opération de la taille. Dans quelque maison que je rentre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves. Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas.

Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire."

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Lun 26 Oct - 10:24

Les dessous féminins


Alors que l'Antiquité gréco-romaine magnifiait le corps masculin et ignorait les attraits féminins, on observe aujourd'hui que la tendance s'est quasiment inversée. Le corps féminin est partout, exposé à tous les regards, servant d'appât à toutes les catégories de discours publicitaires, éveillant les désirs inlassables de milliards d'individus, tout sexe confondu. Si certains croient que le corps féminin est surérotisé et surexploité, d'autres, au contraire, croient qu'il s'est enfin libéré du joug patriarcal et qu'il exprime librement un désir de plaire et un besoin d'exhibitionnisme…

C'est donc une multitude d'opinions divergentes qui s'entrechoquent dans le grand débat du réel ascendant des dessous dans l'univers de l'identité féminine. La relation de la femme à la lingerie est-elle une affaire d'intimité avec elle-même ou simplement le rituel d'un artifice nécessaire pour séduire un éventuel Autre ? On peut tenter de trouver une explication, à défaut d'une certitude, à travers l'évolution des dessous au cours de l'Histoire.

Si les citoyennes gréco-romaines se bandaient les seins pour soustraire leurs formes à la vue des hommes et portaient une simple tunique de lin, les paysannes du Moyen-âge n'étaient guère mieux nanties. L'Église les forçait également à comprimer leur poitrine sous des bandages et le seul sous-vêtement autorisé était la longue chemise blanche, indistinctement obligatoire pour les hommes et les femmes. Chez les nobles, la chemise était officielle comme vêtement de nuit, mais le jour, le corset avait préséance chez les dames ; sous la multitude de jupons, aucune trace de culotte. Ces dames allaient donc cul nu, jusqu'à ce que Catherine de Médicis (1519-1589), embarrassée par les trésors d'excitation que dévoilaient les chutes à cheval de ses amies, décide d'imposer le caleçon des prostituées vénitiennes lors des activités équestres.


Après ce 16e siècle, la mode varia au gré des règnes. On passa de la robe corset au corset proprement dit qui faisait saillir la poitrine des femmes tout en leur comprimant la taille. On ajouta plus tard au corset tortionnaire le vertugadin, sorte de panier à fixer sous la robe, qui donnait aux hanches une ampleur démesurée. Le corps de la femme, ainsi sculpté, offrait une impression de fragilité (entravant lourdement ses possibilités motrices) et révélait les promesses d'une volupté aussi généreuse que sa gorge offerte. Toutefois, pour en finir avec cette abondance de chair exhibée, la pruderie de Marie de Médicis (1575-1642) remit les seins à leur place, dès le 17e siècle, et les corsages se firent de nouveaux plats et discrets.

Le retour du corset qui déversait généreusement aux regards la poitrine féminine se produisit au 18e siècle. Puis on abandonna un temps le port du vertugadin pour le remplacer par trois jupons : le modeste, le fripon et le secret. Un peu plus tard, on réintégra la crinoline sous Louis XVIII (1755-1824) ce qui conduisit les femmes à vivre prisonnières de sous-vêtements qui tenaient davantage du supplice que de l'affriolante lingerie. On imposa aussi aux petites filles le port de culottes froufroutantes sous leur jupe. Plus tard, ce sont les artistes de spectacles osés qui les portèrent avant qu'elles ne soient raccourcies et autorisées aux femmes honnêtes vers la fin du 19e siècle.


À la même époque, coup de théâtre ! Hermine Cadolle inventa l'extraordinaire concept du soutien-gorge, ce qui allait révolutionner l'univers du dessous féminin. Elle en présenta un prototype à l'Exposition universelle de 1889, mais il ne fut vraisemblablement adopté qu'au cours des années 1920, après des modifications qui le rendirent confortable, le premier modèle se composant maladroitement de deux parties, l'une pour enserrer la taille et l'autre pour soutenir les seins. Autre coup de pouce sur le chemin de la libération du corps féminin : la Première Guerre mondiale. Les hommes au front, il a bien fallu que les femmes se mettent au travail pour assurer la survie de la nation. Dans ces conditions, les vêtements s'adaptèrent à la nouvelle réalité des femmes. Le règne des dessous put enfin commencer. De plus, les tissus fins étant désormais moins coûteux, la soie, le satin, la dentelle, etc., se rendirent plus accessibles et facilitèrent la réalisation d'une nouvelle gamme de dessous féminins, à laquelle ne seront pas étrangers les grands créateurs de mode de l'époque : Christian Dior (1905-1957) qui réintégra les guêpières et Coco Chanel (1883-1971) qui avait tout fait pour libérer le corps féminin de ces harnais atroces.

Heureusement, les frères Warner, en 1931, émancipèrent définitivement les femmes des corsets en inventant une gaine amincissante dont le tissu élastique épousait la forme du corps sans le contraindre. Par ailleurs, le jupon devint un élément essentiel de la "sous-tenue" féminine. Entre les années 1930 et la fin des années 1960, on rivalisa d'imagination pour introduire de nouveaux éléments servant de sous-vêtements à l'élégance féminine : nuisettes, guêpières, bas de nylon, soutien-gorge, combinaisons moulantes, jarretières, porte-jarretelles, gaines, etc. Les vamps et les pin-up du cinéma, dont Marlène Dietrich (1901-1992), Brigitte Bardot (1934-) et autres, en cautionnèrent sensuellement l'usage.

Puis la révolution des mœurs que connurent les années 1970 changea radicalement la donne. Les femmes se réapproprièrent définitivement leur corps et décidèrent d'en finir avec les dessous imposés selon les critères d'une mode astreignante. Elles ne portaient, bien souvent, pas de slip, se contentant d'un jean/jupe/pantalon et d'une chemise ou pull sans soutien-gorge. Le corps féminin s'affranchit alors du regard masculin. Le string et ses dérivés (slip brésilien, tanga, etc.) apparurent un peu plus tard dans les défilés de mode et parmi les strip-teaseuses : parce qu'il permettait l'absence de marques sous les jupes et pantalons, le string devint rapidement une pièce maîtresse dans l'arsenal du sous-vêtement féminin.

Depuis les années 1980, la femme désormais affirmée affiche son goût pour la lingerie fine, pour les dessous raffinés. Résolument active, fière d'être femme et moins complexée que jamais, la femme du 21e siècle se trouve et s'identifie dans le port d'une lingerie qui met en valeur ses formes et sa féminité. Du moins, c'est ce que les publicitaires prétendent. Dorénavant, on ne tarit pas d'admiration devant ces femmes fortes qui dirigent de grosses entreprises tout en affichant, d'un air polisson, cet aspect coquin de leur personnalité : la passion de la lingerie…

Mais est-ce là fiction ou réalité ? Cette image d'une PDG hyper sexy qui suscite le désir chez ses subalternes mâles est-elle authentique ou fait-elle partie du fantasme masculin collectif ? Chez Aubade, Bruno Banani, Chantal Thomas, DIM, Implicite, Lejaby, Simone Pérèle, Victoria's Secret et plusieurs autres grands noms de la lingerie fine, on vous assurera que les dessous raffinés sont faits pour toutes les femmes, parce qu'elles s'y sentent belles et en confiance. Pourtant, toutes les pubs s'orientent essentiellement sur le pouvoir de séduction que possède la lingerie sur le regard masculin. Y aurait-il donc supercherie quant à la véritable vocation du dessous féminin ?

Quoi que l'on puisse en dire, les dessous aujourd'hui restent une question de libre choix. Du moins s'ils ne sont pas imposés par les exigences d'un autre et qu'ils satisfont le désir intime de celle qui les porte. Aux femmes maintenant de s'y épanouir selon leur propre échelle d'estime de soi. Et pour celles qui manifestent une personnalité hors du commun même en culotte "petit bateau", on comprend bien que ce n'est pas toujours le dessous qui fait la séductrice !

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Mar 27 Oct - 9:08

Rites funéraires


Partout à travers le monde, la mort a toujours suscité la plus vive fascination. Le cadavre exerce sur les témoins qui l'observent un amalgame de sentiments confus, peur ou curiosité, chagrin ou angoisse, désespoir ou résignation. Devant ce mystère insondable qu'est ce corps désormais privé de vie, on semble toutefois s'entendre sur le profond respect dû à la dépouille. Mais ce respect ne se manifeste pas semblablement d'une religion/philosophie à une autre…

Les rituels funéraires se sont développés au fur et à mesure de l'évolution des civilisations, en fonction de différentes perceptions philosophiques et religieuses. Chaque peuple a éprouvé cette indiscutable nécessité de préparer les morts dans l'objectif de les guider adéquatement au royaume de la vie après la vie. Or il est intéressant de noter à quel point peuvent se distinguer ces rituels transitoires.

Il convient de citer l'Égypte qui a si brillamment élevé l'embaumement au niveau de l'art, trois millénaires avant les réussites plastiques des thanatopracteurs actuels. La relation étroite et privilégiée entre l'embaumeur et le défunt reste l'une des approches funéraires les plus intimes connues à ce jour. Le roman "Sinouhé l'Égyptien" du Finlandais Mika Waltari livre une description bouleversante de ce rituel secret lorsque son héros séjourne dans la maison des morts pour y apprendre le métier d'embaumeur. Le corps était apprêté (pour les sujets royaux ou fortunés) selon un principe d'extraction des matières putréfiables afin de lui assurer une conservation prolongée. On pratiquait d'abord le retrait du cerveau par les fosses nasales, cerveau que l'on remplaçait ensuite par une résine liquide présentant la qualité de se solidifier rapidement. Puis l'embaumeur procédait à l'ouverture de l'abdomen et du flanc gauche afin de retirer les viscères que l'on déposait dans quatre différents vases sacrés (les canopes). Seul le cœur conservait sa place. Les cavités vides étaient lavées et remplies grâce à des mixtures d'aromates, d'herbes et d'alcool. Puis on enduisait le corps d'une solution salée (natron) pendant septante (70) soixante-dix jours avant de le rembourrer de coton, d'étoupe, d'herbes séchées, de copeaux de bois, de poudre de myrrhe, de cannelle, de cardamome, etc. On procédait aussi à l'occlusion des cavités naturelles avec une pâte parfumée noire. Quinze jours se comptaient ensuite pour le processus d'emballage avec des bandes de lin enduites de résine. L'application de chaque bandelette s'accompagnait d'incantations sacrées. Une fois la momification achevée, il revenait à la famille de mettre la momie dans un sarcophage ou non.

En Asie, dans certaines communautés bouddhiques tibétaines, c'est au principe de la charité que l'on sacrifie lors de cérémonies funéraires singulières. Une tradition ancestrale fait état d'un rituel particulièrement violent pour nos sociétés occidentales, mais empreint d'un impressionnant respect. Ce rituel mortuaire (vraisemblablement pratiqué chez les Gaulois à une époque également) se déroule à Lhassa et est orchestré par celui que l'on nomme : le dépeceur. La cérémonie qu'il préside a pour titre : Les funérailles célestes. Quatre jours après la mort du défunt, la famille dépose son cadavre sur le seuil de la maison familiale. L'officiant le recueille et le porte jusqu'à l'autel de découpage, situé à l'écart du village. Là, d'autres dépeceurs attendent son arrivée, autour d'un feu de branchages destiné à attirer les oiseaux sacrés (les vautours). Après un repas de thé au beurre et de tsampa, le découpage du cadavre s'effectue par l'officiant principal tandis que les autres acteurs du rituel broient chair et os à coup de pierre avant de les mélanger à la tsampa. La tête est également broyée dans une cavité sacrée à même l'autel pour permettre ensuite de vérifier que le "principe conscient" a pu s'échapper selon le rite. Ensuite, chair et os seront amalgamés en boules que l'on fixera à des pierres lourdes, à l'aide de cordes, afin que les vautours n'éparpillent pas les restes sacrés. Au claquement de doigts du principal officiant, et seulement à ce moment, les oiseaux fondent sur ce qui reste du défunt. L'enveloppe charnelle n'est qu'un vêtement sans grande importance pour ces bouddhistes, et celui qui est parti pour l'au-delà a déjà revêtu, à cette heure, les habits de sa vie future.

Bien que certaines âmes sensibles puissent s'indigner de telles pratiques, on comprend que le caractère sacré que revêt la mort exige des rituels qui s'inscrivent dans un contexte idéologique extraordinaire. Ces rites ancestraux servaient jusqu'ici à cimenter l'union du clan dans un acte de communion et de complicité hors du commun. Chez quelques nations africaines encore, la mort est un moment privilégié pendant lequel toute querelle est suspendue pour permettre aux ennemis d'hier de porter secours et réconfort à la famille affligée. Les règles sociales, à l'instant de la mort, ne correspondent plus aux réalités domestiques. Elles appartiennent au domaine du sacré. Par exemple l'anthropophagie, chez certains peuples, permettant à de nombreux guerriers d'aspirer la force de leurs ennemis lors des rituels funéraires. Notre perception de ces cérémonies est souvent biaisée par le besoin occidental d'aseptiser la mort ou de la nier en l'embellissant d'une pompe souvent artificielle. Pourtant, l'idée d'absorber l'Autre élève le respect au niveau du sacral.

Il n'y a pas si longtemps, la crémation se révélait également troublante aux yeux des sociétés occidentales. Pourtant, les rituels d'incinération existent depuis que l'homme maîtrise le feu. Certains discutables (Satî), d'autres en conformité avec les règles de l'idéologie religieuse ou philosophique. Interdite officiellement en Inde depuis quelques années, et bien que les Britanniques aient vainement tenté de l'interdire dès le 19e siècle, la cérémonie du Satî perdure encore aujourd'hui à travers quelques cas. Le défunt hindou, placé sur le bûcher après les prières rituelles pour être consumé et purifier par les flammes, doit être rejoint par sa veuve qui s'immole volontairement. Cette coutume, récriée parce qu'elle oblige au suicide un être bien vivant, avait pour objectif de permettre à la veuve de suivre par amour son époux dans l'autre monde. Dans la réalité, c'est souvent par la force que l'on jette ces pauvres femmes dans les flammes. Si l'on excepte le Satî, la mort en Inde est traitée par l'incinération. On amène le défunt sur un brancard porté par quatre hommes en bordure d'un cours d'eau sacré. Des chants religieux sont scandés au cours du trajet. Les femmes n'assistent généralement pas aux crémations, leurs larmes constituant un obstacle à la libération de l'âme de la personne décédée. On rase ensuite les cheveux du plus proche parent du défunt en ne ménageant qu'une petite touffe de poils à l'arrière de son crâne. Vêtu d'un dothi blanc, ce dernier ira chercher le feu sacré et tournera autour du bûcher un certain nombre de fois avant d'y mettre le feu. Le cadavre se consume publiquement et ses cendres seront offertes à la rivière. Pour les Indiens qui n'ont pas l'argent nécessaire à la crémation, le bois étant très coûteux, ce sera l'immersion, les corps seront lestés avant d'être offerts au fleuve.

Le tout premier réflexe humain pour disposer du corps des défunts fut sans doute l'inhumation. Enterrer les morts ou les déposer dans des caveaux (ou endroits sacrés) afin qu'ils reposent en paix est une coutume mortuaire répandue dans le monde entier. Dans ces conditions, on fait la toilette du corps, on le lave soigneusement pour le purifier, ensuite on le vêt d'habits propres ou on le drape dans un linceul. Toutefois, on n'ensevelit pas toujours les morts selon les mêmes rituels. En Corée, par exemple, les défunts sont placés dans un cercueil modeste, fabriqué en bois commun. S'appuyant sur des rites confucianistes, un géomancien nommé "djikouan" jette une poignée de terre sur le cercueil et c'est la façon dont se répartit la terre en retombant de la bière qui détermine l'endroit d'ensevelissement. Par conséquent, on enterre partout, en forêt comme en montagne, dans les champs et parfois même dans les jardins. Aucune plaque commémorative, aucune stèle mortuaire, rien pour signaler la présence des tombes ; seuls les proches du défunt connaissent l'emplacement de la sépulture. Dans les pays de confession musulmane, le cercueil n'existe pas. On couche directement les morts sur le sol de la fosse. Les corps, enveloppés d'un linceul de coton blanc, reposent sur le dos, le visage tourné vers La Mecque. On recouvre ensuite la fosse d'un dallage de pierres, cimenté au sable et à la chaux. Dans certains pays du Maghreb, une dalle mortuaire signale le défunt, mais cette pratique reste modeste et discrète. Dans les communautés juives d'Israël, on procède selon les mêmes rituels que dans le monde musulman. On fait la toilette du mort avant de le draper du traditionnel linceul de coton blanc et l'on couche le cadavre sur le sol de la fosse avant de le recouvrir de terre. Toutefois, une plaque commémorative, souvent en calcaire de Jérusalem, identifie le défunt. On peut parfois y lire aussi des versets religieux ainsi qu'un rappel de certaines œuvres attribuables à la personne décédée.

L'Inhumation, également présente dans la plupart des pays occidentaux, se déroule selon les codes chrétiens auxquels appartient chacune des nations, avec plus ou moins de faste. En Italie elle donne souvent lieu à des cérémonies grandioses et tout un commerce lié aux rites funéraires en assure la pérennité. Des boutiques spécialisées en ornements funéraires, des ateliers de transformation pour corbillards, des fabriques de cercueils, des ateliers de stèles mortuaires, etc., font de la mort une industrie florissante en Italie.

On note aujourd'hui que la mort s'industrialise, qu'elle est désormais confiée à des spécialistes et que les familles peuvent acheter des forfaits "tout compris", c'est-à-dire de la publication du décès au traitement du corps, en passant par la location de cercueil, le bail pour l'emplacement, les options crémation, le banquet mortuaire, les cartes de remerciement, etc. Elle répond de moins en moins à un besoin de relier l'homme au sacré, et de plus en plus à des considérations pratiques. Au Japon, par exemple, devant un manque de place croissant, c'est une disposition législative qui oblige 99% des Japonais à la crémation après leur décès.

En d'autres endroits du globe, la mort devient une occasion de mettre l'art à contribution et d'assurer la mémoire du défunt par des œuvres originales. Ainsi, au Ghana, les Ga rivalisent d'imagination en créant des cercueils d'une originalité exceptionnelle depuis les années 1950. À l'image de la personne décédée, les bières présentent les formes les plus insolites : aliments, animaux, avions, cellulaires, chaussures, objets familiers, voitures, etc. Les funérailles sont aussi un moment de célébration dans la joie et les couleurs, le défunt évoluant désormais au cœur d'une nouvelle existence. Cette gaîté et cette bonne humeur se retrouvent aussi du côté de la Roumanie, au cimetière Joyeux de Sapânta, imaginé et crée en 1934 par un artiste farfelu, qui y repose d'ailleurs depuis 1977, le sculpteur Stan Ioan Patras (1908-1977). Inspiré par la culture Daces, les emplacements funéraires de ce cimetière célèbrent par des pierres tombales colorées l'immortalité des défunts. Un portrait de la personne décédée ainsi qu'un texte ou poème humoristique décrivant sa vie ornementent la sépulture. Mourir dans la certitude d'une renaissance est un véritable bonheur à Sapânta.

La mort, qu'on le veuille ou non, reste la plus grande énigme de l'univers à ce jour. Pour survivre à l'angoisse qu'elle entretient perpétuellement, les êtres humains tentent de s'en approcher de différentes façons. Récemment, certains ont pu suivre la remarquable série américaine : "Six Feet Under", véritable chef-d'œuvre télévisuel dans lequel la mort est traitée avec une humanité bouleversante. Loin du divertissement pour public blasé, la série recentre toute l'importance de la vie dans un cursus universel où la mort seule s'inscrit comme finalité pour tous. Une opportunité pour nous de mieux comprendre et de donner à la mort un visage plus humain.

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MessageSujet: Re: DOSSIER EXCLUSIF   Sam 7 Nov - 7:00

Mots arabes en occident

La langue arabe appartient au groupe des langues sémitiques et serait vraisemblablement née sur les chemins de la péninsule arabique parmi les populations nomades. Bien qu'il reste hasardeux de la dater avant le début de sa diffusion à plus grande échelle, par le biais des écrits coraniques, les historiens la croient issue de plusieurs dialectes parlés par les bédouins d'une époque fort lointaine. On croit même que ces peuples, malgré certaines différences culturelles, se seraient employés à construire un langage commun, doté d'une grammaire commune, et que Influencece langage propre aux voyageurs du désert pourrait être l'ancêtre de la langue arabe.

Elle fut d'abord poésie, déclamée par des orateurs charismatiques et transmise de génération en génération. Puis vint le Prophète (Mahomet, 570-632), les conquêtes, la pensée musulmane. Certains nomades se sédentarisèrent à proximité de La Mecque, et les plus grands philosophes, les plus illustres savants, les plus réputés médecins l'utilisèrent bientôt pour communiquer. Du 7e au 9e siècle de notre ère, l'arabe se répandit sur tout le territoire de l'empire islamique, un empire si vaste qu'il atteignait la Chine.

En 711, les troupes musulmanes débarquèrent sur les rives de la péninsule ibérique. Jusqu'à la chute du royaume de Grenade, en 1492, les Musulmans régnèrent sur l'Espagne ou sur des parties de l'Espagne, imposant langue et diversité culturelle. Plus de sept cents ans pendant lesquelles les Espagnols se sont imprégnés des couleurs mauresques. De cette Espagne arabisée, il reste encore des noms de villes (Alcalá, Algésiras, Gibraltar) ainsi que de nombreux mots, de nombreuses expressions teintées d'agréables sonorités orientales dont voici quelques exemples : adobe, de l'arabe at-tûb (brique de terre séchée) ; alazán, de l'arabe al-ashab (roux) ; berenjena, de l'arabe al-bâdhinjân (aubergine) ; caramelo, de l'arabe kura al-muhalla (caramel) ; carraca, de l'arabe karraka (barque à voiles dont le fond est plat) ; cúrcuma, de l'arabe kurkum (l'épice) ; marroquí, de l'arabe marâkichî (maroquin/maroquinerie) ; mesquita, de l'arabe masjid (mosquée) ; naranja, de l'arabe nâranj (orange), etc.

Vers le 9e siècle, ce fut au tour des Francs de Charlemagne (v.742-814) de goûter à la culture orientale. À cette époque, le célèbre calife Haroun al-Rachid (763-809), bien plus qu'un héros de roman (Les Mille et Une Nuits), noua des relations amicales avec l'empereur du peuple franc et la culture arabe amorça son influence dans cette région de l'Europe. Pendant les siècles qui suivirent, au fil des invasions et des croisades, la langue arabe s'immisça ponctuellement dans les différents langages qu'employaient les médiévaux, souvent par le biais du latin (lui-même fréquemment dérivé du grec). Par exemple : couffin issu du latin cophinus et de l'arabe quffa ; cumin issu du latin cuminum et de l'arabe kammûn ; dinar issu du latin denarius et de l'arabe dinâr ; nénuphar issu du latin médiéval nenuphar et de l'arabe nînûfar.

Dans le français actuel, une multitude de mots arabes se sont intégrés à la langue. Certains restent toutefois d'un usage spécifique à une réalité arabe, comme dans les cas de : alcazar, de l'arabe al-qasr ; algarade, de l'arabe al-ghâra ; chadouf</B>, de l'arabe châdûf ; fellah, de l'arabe fallâh ; gabelle, de l'arabe al-qabâla ; khôl de l'arabe kuhl ; ksar, de l'arabe qasr ; mamelouk, de l'arabe mamlûk ; muezzin, de l'arabe mu'adhdhin ; simoun, de l'arabe samûm…


Après les conquêtes arabes en Occident, la langue de Mahomet trouva un autre vecteur puissant par le biais de la littérature. Insistons d'ailleurs sur le fait que c'est souvent dans le domaine des arts, des sciences et de la vie domestique que la culture arabe a marqué le plus largement le langage européen. En français, une multitude de mots en témoigne : alchimie (al-kîmyâ), alcool (al-kohl), algèbre (al-jabr), almanach (al-manâkh), amalgame ('amal al-jamâ'a), arsenal (as-?inâ'a), babouche (bâbûch), baldaquin (baghdâdî), bougie (bajâya), caïd (qâ'id), camphre (kâfûr), carafe (gharrâfa), caravansérail (kârwân sarây), carthame (qurtum), casbah (qasaba), chat (kutt), chemise (qamis), chiffre (sifr), clébard (kalb), coton (qutn), douane (dîwân), écarlate (siqillat), élixir (al-'iksîr), épinar ('isbinâkh), fanfaron (farfâr), gazelle (ghazâla), gerbois (yarbu), girafe (zarâfa), goule (ghûl), guitare (qîthâra), haschich (hachîch), hasard (az-zahr), jaquette (jakk), lascar ('al-askar), luth (al-'ûd ), magasin (makhâzin), marabout (murâbit ), massage (masaha), matelas (matrah), matraque (mitraqa), mesquin (miskîn), momie (mûmiyâ'), mousseline (mawsilî), nuque (nukhâ'), raquette (râhat), razzia (ghazwa), safari (sâfara), safran (za'farân), sofa (sûfa), sorbet (charbât), soude (suwwâd), tabouret (tunbûr), talisman (talsam), tambour (al-tambûr), tasse (tâsa), toubib (tabîb), truchement (turjumân), vizir (wazîr), zouave (zwâwâ).

D'autres mots arabes enjolivent aussi le vocabulaire occidental depuis plusieurs siècles sans que l'on n'en soupçonne véritablement l'origine. En voici quelques exemples : en Italie, surtout par le biais de la Sicile qui fut occupée par les Arabes (milieu du 9e siècle jusqu'à la fin du 11e), on retrouve assassino issu de l'arabe hachchâchîn, giubba (veste d'homme) issu de l'arabe jubbav, zibibbo (raisin) issu de l'arabe zabîb. Au Portugal, certains apports notables sont également à souligner comme : aceituna (olive), dérivé du mot arabe al-zaytûna ; azeite (huile d'olive), dérivé du mot arabe al-zayt; almôndega (boulette de viande de la taille d'une noisette) dérivé du mot arabe al-bunduqa ; monção (mousson), dérivé du mot arabe mawsim ou encore xarope (sirop), dérivé du mot arabe charâb. Germains et Anglo-Saxons ont aussi enrichi leur vocabulaire de différents emprunts à l'arabe grâce aux colonisations, aux conquêtes, aux invasions, aux occupations, etc.

La langue arabe a donc cheminé un peu partout sur les continents africain, asiatique et européen. Elle a donné naissance à des groupes dialectaux spécifiques selon les régions du monde qui l'ont adoptée. Par conséquent, ce sont les plus importants de ces dialectes qui ont laissé des marques linguistiques dans les lexiques européens. Ils proviennent notamment de la péninsule arabique (dialectes arabiques), d'Anatolie et d'Irak (dialectes mésopotamiens), de Jordanie, du Liban, de la Palestine et de Syrie (dialectes syro-libanais), d'Égypte (dialectes égyptiens, du Soudan et du Tchad (dialectes soudanais et tchadiens), de Libye (dialectes libyens), d'Algérie, du Maroc et de Tunisie (dialectes maghrébins), de Mauritanie (dialecte hassaniya). Enfin, on note encore des influences religieuses dans la construction de la langue arabe : l'arabe chrétien, l'arabe musulman et le judéo-arabe, ces distinctions permettant à la langue de se décliner en termes variables et de propager des valeurs diverses.

Fascinante donc, l'épopée de la langue arabe en Occident aura engendré une foule de mots évocateurs aux consonances exquises que les amoureux des langues manieront avec un plaisir manifeste. Des mots comme barbacane (bâb al-baqqâr), café (qahwa), couscous (kuskus), djellaba (jellâba), djin (jinn), hammam (hammâm), Kif-Kif (kîf-kîf), loukoum (râhat-al-hulqûm), smala (zamâla), souk (sûq), etc. Des mots charmants, des mots vivants, des mots qui permettent le voyage et l'aventure à travers une langue qui évolue dans une interaction constante avec le monde…
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